Badaboum – Vox Low et autres sciences sonores

 

Le Badaboum, qui n’est plus à présenter, nous a une fois de plus offert une line-up des plus plaisantes. De la première des deux premières parties au concert de Vox Low, on s’y retrouvait parfaitement en terme d’ambiance et d’univers. Le concert de Vox Low a été amené de la plus juste des manières. Teknomom et leurs trips sonores, Chris Limbe l’homme orchestre presque fou, et enfin les masters de la soirée : Vox Low.

 

©Paris la nuit

 

Teknomom

Pour parler d’un moment présent, je vais parler d’un souvenir, un des deux artistes m’avait glissé  peu avant le concert « j’’espère que t’as amené ton duvet pour savourer et tes converses pour danser », l’ambiance était lancée.

©Hartzine
©Hartzine

 

Elle n’a pas démenti : un véritable crescendo, une osmose. Des sons d’ambiance, des bruits électroniques (on est sur l’oreiller ) nous ont conduit à un véritable climax (j’enfile mes converses); Où tout le monde – et je dis bien tout le monde – a pu s’immiscer dans cette ambiance qui leur est si propre. Doit-on en demander plus ? Nous pouvons dire que nous avons trouvé notre véritable expérience live. La grandeur, nous l’avons compris, est bien d’avoir à la fois ses converses, et son oreiller.

 

 

Chris Imler

 

 

Le vieux de la vielle arrive : l’apparence est trompeuse. Pas cette fois, le routard du son nous a amené deux vinyles qui n’ont pas contredit notre impression première. Sa performance a donné une continuité, une marche électro pourrait on dire, qui permet de nous apporter vox low sur un plateau. Son énergie personnelle, sa gouaille, son humour partagé avec le public a permis aux initiés de se retrouver complètement dans sa démarche. Notre homme orchestre-street-beauf s’est même attelé à l’autonome, sans façon pour ma part. Même lui a terminé par rigoler de sa propre performance, c’est vous dire.

 

 

©Cléo Ravisé

 

En somme c’était un très belle découverte et expérience musicale, à vivre pour la comprendre !

 

Vox Low

 

©Gonzaï

 

Les fans – dont je suis – ont été ravis. Les solos ont enfiévrés les adorateurs. La qualité de l’album a été totalement retrouvé sur scène. Leur identité est là : la voix, le rythme nous ont donné la preuve vivante de leur signature musicale. Le tourbillon m’a emporté : je me suis noyée dans leur rythmique, saoulée à leurs sons, accrochée à leur voix. C’est en nage et à la nage que je suis sortie de cette mer turbulente et merveilleuse.

 

 

 

La puissance à l’état pur, comme brouillés par les ondes, ancrés dans leur monde, c’était fort, très fort. L’ambiance était incroyable, de 20 à 50 ans, tous déchaînés, une fois de plus en crescendo, la fin annonçant le paroxysme de la soirée, nous étions des centaines de poissons naviguant entre les vagues musicales déployées.

 

©Cléo Ravisé
©Cléo Ravisé
©Cléo Ravisé

 

Une femme d’une cinquantaine d’années, visiblement en manque des bonnes vieilles soirées punks, se met alors à lancer de petits pogos. Mignons lorsque l’on regarde la foule qui n’était pas non plus face à un concert de Metallica au Hellfest, mais apparemment déjà bien trop perturbants pour la jeune fille située à ma droite. Les reproches sont arrivés, et je ne pu m’empêcher de penser au fait qu’aujourd’hui, tout le monde se veut punk et libéré, alors que dans le fond, on est tous un peu coincé du cul (quelle poète). 

 

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À très vite !

Aleksandir – « Yamaha »

Si un jour, quelqu’un me demandait de choisir un artiste que j’admire précisément, je serais alors incapable de lui répondre. Mes principales et réelles sources d’inspiration sont les personnes que je croise chaque jour; chaque identité, chaque personnalité, chaque histoire. En revanche ! Je passe clairement mon temps à admirer bon nombre de nouveaux artistes chaque année. C’est pourquoi je tenais absolument à vous parler d’Aleksandir, jeune Anglais, grand artiste, et grand inconnu (ou presque).

Une fois n’est pas coutume, complètement perdue dans les tréfonds de Youtube, bourrée par les tartines de musique absorbées, vain une lumière.

Un florilège de justesse et de goût. Des balances, des nuances qui forgent mon admiration, et stimulent mes émotions.

 

Aleksandir ©Facebook

 

Expatrié à Bath en Angleterre durant 4 ans pour ses études en psychologie, Aleksandir avouait en 2017 au webzine WERTN être déjà prêt à retourner chez lui, à Istanbul, et à réinstaller son studio dans sa chambre de lycéen. Et ce, bien sûr, dans le but de se consacrer un peu plus à sa passion, toujours plus grandissante, pour la musique électronique. Et quand on écoute ce qu’il nous a pondu il y a quelques mois de ça, je peux vous dire que ça vaut le détour UK – Turquie.

 

Ep « Yamaha »

 

« Yamaha ». Titre (éponyme de l’Ep) initialement peu apprécié par son créateur, il n’est reste pas moins, pour ma part, une prouesse musicale et un plaisir auditif presque indécent. On parle d’admiration, donc un peu de subjectivité, non ?

Bien plus profond, plus musical, plus mélodieux que certains Dj connus qui tapissent les plages horaires de lieux déjà bien assez salis; Aleksandir, laisse oublier ses 22 petites étoiles pour nous emporter, bien loin, dans sa balade électronique, presque électrique.

 

C’est assez hallucinant comme il réussi à amener la chose, répartie en mouvements intelligents, gracieux.

Un début à la fois doux, un brin péchu, une montée « apothéosée » à grands coup de notes de synthé pures, qui effleurent, qui percutent. Tout se calme, repars douillettement sur des rythmes plus connus des oreilles du grand public, pour enfin glisser une dernière fois cette mélodie, ces vibrations, cette histoire. Je l’imagine dans sa chambre d’étudiant, totalement plongé dans l’oeuvre, le doigté au dosage parfait, bref, passionné. Son éducation musicale étant basée sur le piano classique, on comprend donc rapidement les connexions et l’évolution musicale du jeune homme. C’est brillant, brillant, brillant ! Du génie à l’état pur ! 

Si l’on va dans ce sens-là, j’oserais même(!) dire que sa « symphonie » en devient bien plus intéressante que celle réalisée récemment par notre cher et tendre Ibrahim Maalouf. C’est un peu dur je vous l’accorde, mais quand même.

Aleksandir commence (enfin) à réaliser quelques dates en Europe, et je l’attends toujours de pied ferme sur la capitale (si quelqu’un m’entend…). Ce papier était l’éloge d’une oeuvre qui selon moi, mérite d’être écoutée, vécue plus d’une fois; Cependant ! Vous pouvez toujours découvrir le reste de sa discographie. Je vous laisse ici quelques dernières et nouvelles notes enchanterres, avec Reveries. 

 

 

Même la pochette, l’image animée sur Youtube, sont parfaites, totalement représentatives. Je ne peut alors qu’être autant captivée par le son que l’image, je ne peux alors que m’accrocher et m’incliner. Les 1,8 millions de vues sont totalement justifié. Cela n’aura cependant pas franchement aidé si l’on regarde le nombre de fans sur Facebook : 1342. Bon. Disons que tout vient à point, qui sait attendre.

Son compte Facebook

Son compte Soundcloud

À très vite, pour de très, très belles aventures musicales

Yanis met le feu à la pop avec son clip Embrace

Pour cette rentrée de Beat Style Makers j’ai choisi de démarrer cette nouvelle année en vous présentant un artiste français. Découvert récemment je peux vous assurer qu’il saura se faire une place dans notre vaste monde de pop française.

C’est le 3 Octobre 2018 que Yanis sort son titre Embrace sur youtube sous son propre label Mauvais Genre.

Une très bonne découverte car dès la première écoute, le titre nous entraine dans une énergie vibrante accompagnée de danse libérée et audacieuse. Danse qui s’inscrit parfaitement dans le style de celui de Christine and The Queen (Aujourd’hui Chris). Une danse libre pleine de vigueur, de force et de vitalité. Yanis et les deux danseuses du clip s’embrasent avec grâce, dans une ambiance sombre mais aérée qui nous laisse entrevoir l’univers de Yanis, bientôt dévoilé entièrement dans un album.

Pour laisser place à leurs amples mouvements, les artistes sont habillés de façons minimalistes et accordés à l’ambiance brumeuse du clip.

Les coupes des vêtements sont simples, droites, elles suffisent à sublimer les corps.

L’alliance d’un costume blanc oversize au décolleté plongeant, d’une chemise rouge nacrée laissant apparaître les tatouages de Yanis et d’un haut asymétrique: est sobre et dénuée de superficiel mais rend le tout harmonieux et stylistiquement parlant, réussi.

Yanis ayant lui même participé au stylisme du clip (avec l’aide de Stéphanie Vaillant) est habillé d’un pantalon fait à la main par la maison de Shylo et d’une chemise de Lionel Morin.

Des images de ce clip ont été immortalisées par la brillante photographe Marie Pierre Durand qui mérite que l’on jette un coup d’oeil à son univers.

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Hors série ❤️ @mynameisyanis.

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Yanis sera présent à l’Olympia le 12 Octobre lors de la première partie du groupe de pop/rock Français de HyphenHyphen. Il est donc temps de prendre ses places si l’on ne veut pas louper son embrasement sur scène qui nous promet une belle performance.

 

On se refait les couleurs tendances de cet hiver avec notre sélection Colors

Afin de signer l’arrêt de mort de ce qu’on appelait encore il y a quelques jours l’été, Beat Style Makers a décidé de vous mettre les deux pieds dans l’automne, et la tête dans les couleurs. La Fashion Week fraîchement clôturée, il s’agirait désormais de se remettre les idées au clair quant aux tendances couleurs à adopter cet hiver. Quoi de mieux alors que la chaîne Youtube Colors pour vous guider, tout en musicalité.

N’allons pas nous enfoncer dans les diverses gammes de couleurs mais concentrons nous plutôt sur les couleurs fortes, celles qui feront la différence au premier coup d’oeil. Elles sont quatre (comme les saisons ? Non, ne partons pas trop loin), elles détonnent et électrisent tout autant que les artistes sélectionnés.

À la vue des différents défilés, celui de notre cher et tendre Raf Simons pour Calvin Klein est apparu comme le plus clair et significatif quant aux couleurs ici présentées. Entre Colors et CK, nous pourrions donc parler d’une ambiance CCKlan pour ce papier de rentrée. -Humour douteux vous dites ?-

 

Le jaune avec DUCKWRTH – THROWYOASSOUT

 

Quoi de me mieux que la couleur du soleil pour se conforter dans l’idée que même contre vents et marées, on peut toujours briller. Malgré quelques  « petites » significations négatives telles que l’adultère, le mensonge ou bien encore la maladie, le jaune restera pour toujours la couleur de la joie, de la chaleur et de la puissance. Elle réchauffe les coeurs et les esprits, et ce de 0 à 30°.

Mais alors qui de mieux que DUCKWRTH pour illustrer toute cette subjectivité ?

Comme le qualifiait le magazine I-D, ce rappeur « punk et hippie » venu de Los Angeles n’a de cesse de nous diffuser son énergie positive. Artiste basé sur le hip-hop, rien ne l’empêche de s’évader au creux de la soul, de la funk et de l’éclectro, bien au contraire. Riche de son parcours et de ses influences, le mélange se traduit par une musique solaire, rythmée, mais surtout enthousiasmée. Rien n’arrive par hasard, et le choix de Colors en terme de couleur se veut plus que juste justifié.

 

Calvin Klein

 

Le look Calvin Klein illustre en plus du jaune, une des tendances matière phares de la saison : le knitwear. On se met l’aise à l’intérieur, comme à l’extérieur.

 

L’orange avec Swing – Canopée

 

On continue encore d’en faire des tartines, mais on ne peut pas nier le fait que la scène Belge est loin de s’essouffler. Swing, membre du collectif L’Or du Commun, commence depuis cette année à prendre son envol avec son premier Ep solo « Marabout ». Ici représenté par le orange, le choix prend une fois de plus tout son sens : (joie), créativité, communication et optimiste. En plein dans le mille comme on dit.  Armé de ses plus fines punchlines et d’une énergie presque indécente, on ne peut qu’admirer le travail proposé. Le flow reste incertain (comme pour beaucoup des nouveaux artistes Belges, si vous voulez mon avis), mais l’envie, et la bonne vibe qui en ressortent se traduisent par une prestation plus que sympathique. 

 

Calvin Klein

 

Une fois n’est pas coutume, la silhouette Calvin Klein affiche une autre tendance au compteur : le style workwear. On recycle les bleus de travail de nos ancêtres, et on twist ça avec des couleurs aujourd’hui dites « modernes ». Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est une appropriation d’histoire / de vécu comme on parlerait d’appropriation culturelle, mais plutôt que c’est une manière de ne pas oublier et de rendre hommage à tout ce que nous avons dans le sang.

 

Le violet avec Eliza – Wasn’t Looking

 

 

Perte d’objectivité dans 3, 2, 1… Enfin ! On n’aurait pas pu me faire meilleure surprise que de remettre cette couleur sous le feu des projecteurs. Souvent reniée ou incomprise, cette couleur en dit pourtant long sur notre société ! Rêve, paix, amitié, méditation… Cela ne serait pas la plus belle des manières de contrer le doute, la crainte ambiante mondiale ? L’heure est plus que jamais à la réflexion pour un monde plus doux, plus logique. Forte de sa personnalité détonnante, elle renvoie aussi une image de l’inconnu, de l’anormal et de la différence. Aujourd’hui, chacun tente en vain de faire entendre et de faire comprendre sa pensée, quelle soit normée, ou non. Le violet est selon moi un appel à la mixité, à la liberté d’expression (orale comme physique). Un entre deux où traditionnels et extravertis cherchent encore à comprendre commencer évoluer ensemble. Bien plus anciennement couleur du demi-deuil, nous pourrions nous enfoncer dans les théories et en conclure que le monde nouveau, bienveillant, est peut-être à venir. Du moins nous croisons les doigts !

Ici accompagné de la chanteuse Londonienne Eliza Doolittle, le violet s’allie à une voix pure et affirmée, on est là pour écouter, pour admirer. Les artifices musicaux ont disparus, à part un semblant de rythme en fond, tout le travail est fait par la jeune femme. 

 

Calvin Klein

 

Le look Calvin Klein reprend une fois de plus la tendance du Knitwear, qui n’est alors plus à présenter. On revient grassement dans le passé en terme d’inspirations, comme on adore le faire, en réalité depuis toujours. 

 

Le rouge avec Chefket – Aufstehen

 

Et oui. Encore le rouge. Toujours le Rouge.

Amour, chaleur, sexualité, triomphe; mais aussi colère, interdiction ou danger. Clairement, l’heure n’a pas encore sonné pour cette couleur, indéniablement la plus représentative de l’atmosphère de notre planète. La mode évolue au fil des saisons, mais surtout au fil des avancées et de l’évolution du monde moderne. Le jaune, le orange, le violet viennent tempérer et annoncer les mentalités à adopter, face à la dureté du rouge, alliant alors amour, et haine. Sacré bazar me direz-vous, surtout si l’on sait que, bien évidemment, les autres couleurs de l’arc-en-ciel sont aussi présentent sur les catwalks. C’est pour moi la meilleure manière de traduire qu’en effet, c’est le bordel un peu partout; tout le monde s’efforce de s’offrir le droit à la parole et à l’action, tout en faisant face au moeurs et aux habitudes de chacun.

Hallo alle zusammen, quatrième nationalité mise à l’honneur, c’est l’heure du Berlin Calling version hip-hop avec Chefket. Discrets mais efficaces, les Allemands ont toujours su se frayer un chemin sur la route du rap international. Assez peu diffusés, ils n’en sont pas moins compétents. L’allemand se prête en plus, je trouve, incroyablement bien aux poésies et proses musicales de ce genre. 

Chefket vient donc nous conforter dans l’idée que cette langue apriori non gracieuse, et pourtant bien aussi lyrique que les autres ! Rien qu’en terme de musique savante, elle reste l’une des plus chantées.

Et ce sera monsieur Raf Simons en personne pour exprimer cette couleur, lui aussi toujours au chaud dans un pull bien confortable.

 

Raf Simons

 

En somme

Le ciel aura beau prouvé que les nuages sont au plus près de toi, les couleurs phares de cette saison prennent le contre-pied et prouvent qu’à l’intérieur, tout le monde n’a besoin que d’une chose : d’amour (et je ne parle pas de votre dernière relation en date). 

 

Cléo Ravisé

Le duo Alligator revient dans la nouvelle compilation de La Souterraine

On les avait déjà entendu l’année dernière avec leur album « Octets », ainsi qu’entre les tracks de quelques-unes des compilations du très en vogue label La Souterraine. Et comme une fois n’est pas coutume, ce dernier a une fois de plus décidé de mettre leur talent sous le feu des projecteurs, et ce avec un nouveau single  intitulé « Jungle ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bien qu’ils ne soient pas vraiment connus du grand public, ils se détachent vraiment du lot. Camille et Alexis prennent à coeur de nous dévoiler une pop française, pétillante et très « chill », comme beaucoup savent le faire ces derniers temps. Moins connus, certes, mais bel et bien rangés dans la bande de la « French New Wave ».

 

« Jungle » regroupe tout ce qu’on attend d’un bon morceau pop à la French Touch. C’est dansant, on parle de tropiques (coucou l’Impératrice), et les touches de guitares / Synthé sont toujours bien présentes pour nous faire partir. Le débit de paroles de Camille, la chanteuse, me fait bizarrement penser à un mix entre Chagrin d’Amour et Sexy Sushi. Bon, à revoir, c’est purement subjectif.

 

 

Je voudrais tout de même revenir sur leur album « Octets », qui mérite clairement le détour. « Rafale », le morceau le plus populaire, aurait dû, d’après moi, se retrouver tout l’été sur les ondes de toutes les radios. Dans le morceau « Brume », on a aussi quelques détails rappelant Soleil Bleu, duo créé par Lou Lesage et son compagnon (aussi à suivre de près). Au final pas mal de petites touches pouvant rappeler d’autres artistes, mais qui au final nous donne un style bien plus marqué et surtout bien plus crédible.

 

 

 

 

 

 

Alors que, comme je le disais, beaucoup de nouveaux groupes français se dopent à la pop, ils leur est alors tout de suite beaucoup plus compliqué d’innover par rapport à leurs voisins. Là, on touche à une autre inspiration, plus complète, plus novatrice et nettement plus entêtante. C’est bien.

 

Dans les derniers en liste nous avons par exemple Miel De Montagne, nouveau chouchou de Pain Surprises, qui lui s’approprie le style absurde – chill, mais qui, comme les autres, ne casse pas trois pattes à un canard soyons clairs. Maintenant je pense qu’il est serait peut-être temps de mettre sous la lumière les bons artistes, les « vrais », ceux qui se cassent vraiment le derrière à nous « recracher » un travail de dur labeur. Alors go Alligator ! Go !

 

 

 

Le style vestimentaire est encore à peaufiner, ou à accentuer même je dirais. Camille a bien compris le côté fluide / couleurs pastel à adopter, ainsi que pour les rayures en pantalon ou en total look pour les concerts. Ils ont définitivement tout pour réussir, seulement un petit coup de pouce et quelques conseils de styles les perfectionneraient afin de devenir le nouveau duo fétiche de notre douce France. Je met ma main à couper que d’ici quelques temps et après une petite montée de popularité, ils auront vite fait les choses pour un peu moins ressembler à monsieur et madame tout le monde. Aujourd’hui faire la nouvelle pop française demande aussi, bizarrement (ou pas tant que ça), à se créer une identité bien marquée… vous l’aurez compris, c’est peut-être signe qu’ils sont déjà trop…

 

Leur nouveau single disponible en écoute sur le site de La Souterraine

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Ô Silencio – Live report (Catastrophe, Flavien Berger…)

« Silencio. Silencio ». Ce passage de Mulholland Drive ne cesse de résonner et de me rappeller que putain, qu’est-ce-que j’aime David Lynch. Le Silencio n’est pas nouveau, et a déjà vu passer de nombreuses étoiles dans son antre mystérieux. Ce lieu réfléchi et amené par monsieur Lynch en personne vous immerge dans un espace sombre (peut-être même un peu trop), doté d’une âme et d’une atmosphère prenante, tout cela 7 mètres sous terre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Non pas que je ne l’aime pas, je n’ai cependant que très rarement porté un grand intérêt pour Etienne Daho, qui pourtant, était l’invité d’honneur de la soirée. Venu clôturer son exposition photographique à la Philharmonie de Paris, et surtout venu picher, soyons objectifs ! Oui Étienne, oui je t’ai vu demander deux autres bouteilles avant le début du premier concert.

Allons-nous enfin en venir au vif du sujet ? Oui ! La programmation était belle, il faut le dire, et la densité humaine traduisait plutôt bien l’engouement. Au menu : la pop décomplexée de Catastrophe (fraîchement annoncés parmi les lauréats du prix Nouvelles Scènes Music Machine 2018), Petit Fantôme (François & the Atlas Moutains), le confirmé Yan Wagner, et enfin le maître d’oeuvre, Flavien Berger. C’était clairement une sacrée expérience auditive qui s’annonçait.

 

 

 

Je ne vais pas m’étaler sur tous les concerts, tout simplement parce que ceux qui m’intéressaient vraiment étaient les premiers concernés, Catastrophe (et parce qu’on est tous un peu comme Étienne).

 

Je n’en attendais pas moins de leur passage, Catastrophe ont électrisé la scène et nous une fait une démonstration de performance scénique assez « violente ». Dans cet salle, pourtant si petite.

 

J’ai sincèrement cru qu’Étienne Daho allait se décrocher la tête tant il avait l’air d’apprécier ce qu’il se passait sous ses yeux. Et il y avait de quoi ! Tous les membres (bien qu’ils n’étaient pas au grand complet) sont d’un investissement assez incroyable. Tous jouent leur rôle et se livrent généreusement au public, qui lui se retrouve complètement sonné parce qu’il se passe. Entre rythmes endiablés, paroles absurdes, et interludes parlés, il suffit de voir un concert de Catastrophe pour comprendre qui ils sont vraiment, et qu’est-ce qu’ils veulent nous apporter. À grands coups de tirades philosophiques, ils prônent en somme la décomplexion, le bien-être et la liberté d’être soi-même.

 

Étienne Daho est caché sur cette image, saurez-vous le retrouver ?

« C’est du rock ou c’est pas du rock ? ». Alors non monsieur qui était placé derrière moi, ce n’est pas du rock. Je vous l’accorde, il peut être de plus en plus complexe de classer un artiste dans une catégorie musicale précise, et encore plus quand il nous offre une palette monstrueuse de sonorités, de styles et de messages. Je dirais, comme un peu plus haut, que c’est une pop décomplexée. On se marre, on se défoule, on fait n’importe quoi (mais bien) et surtout on passe un bon moment. Hormis leur côté complètement déjanté, ils s’avèrent, tous, être de très bon musiciens. Les deux voix principales sont justes et agréablement timbrées, et les autres ne se débrouillent pas mal non plus ! Des rédactrices de Beat Style Makers à Étienne Daho, je pense qu’ils ont fait l’unanimité ! En réalité le groupe commence fortement à être demandé et a même joué pour le défilé de Vanessa Seward.

Le reste de la soirée est globalement resté dans la même lignée. Petit Fantôme et ses chansons françaises modernes, complètement dans la nouvelle vague française qui ne cesse de se diffuser depuis quelques temps. Yan Wagner, toujours là pour faire le boulot, et enfin Flavien Berger, toujours aussi fort. Toujours aussi subtil, toujours aussi bon. Ça glisse, c’est intelligent et ça promet, comme on le sait depuis le début, de très belles choses. Et ça a déjà recommencé, avec son nouveau morceau .

J’espère y retourner au plus vite et profiter du système son, dont la qualité, il faut le préciser, n’est franchement pas négligeable.

 

C’est sous le soleil qui je vous quitte, à très vite ! 

Mallrat, son retour avec le single « UFO » (feat. Allday

Le nouveau morceau de la jeune Mallrat (19 ans), qui annonce la sortie imminent de son prochain album, est en fait une collaboration inédite avec le producteur Golden Vessel, ainsi que son influence, nouvel ami et rappeur Allday (récupéré par le même manager à l’occasion).

 

L’Australie n’en finira donc jamais de nous projeter de jeunes talents tous plus doués les uns que les autres. Pour le rock, le rap, l’électronique, ou même la musique savante, il faut dire qu’ils assurent !

 

Golden Vessel
Allday

 

 

Habituellement tournée plus vers un pop « mignonne », ce morceau, lui, nous embarque dans une atmosphère bien plus spéciale, presque mainstream. Mais ! La touche électronique de Vessel nous délivre quelque chose de plus agréable qu’un simple tube de radio, et surtout quelque chose d’assez innovant pour la chanteuse. Reste à savoir si l’album en approche se sera inspiré de ce nouveau tournant musical, ou si c’était « juste pour l’occasion ». 

Ainsi, la délicate voix de Mallrat pose le tempo, et le rap de Allday vient booster ce morceau qui sans, n’aurait sûrement pas eu la même aura.

Dans une interview donnée à la radio australienne Triple J, la jeune chanteuse avoue avoir été largement influencée par Lana Del Ray (« High By The Beach » précisément), Kanye West, ou encore « some emotional electronic ». Question de génération vous me direz.

 

Comme elle le décrit si bien, on oscille entre le côté « dancy » et le côté un peu triste de la mélodie, ce qui donne au final un rendu assez atypique. Comme elle le précise dans la même interview, cela donnerait presque un aspect extraterrestre, comme avec sa voix, retouchée voire auto tunée par moments.

Elle n’est peut-être pas la plus grande virtuose que l’Australie ai connue, mais il est quand même important de préciser qu’elle a commencé il a quelques années seulement, vers 17 ans, après avoir assisté au concert de… Allday ! En effet, c’est donc ce fameux rappeur dont il est question  dans UFO, qui lui aura prouvé qu’elle aussi, pouvait le faire. Beau petit talent, encore très naïf et à ses prémices, qui risque cependant d’exploser d’ici quelques années.

 

Le magazine de la branche Vice, I-D Magazine, nous dévoilait qu’une carrière ou des collaborations dans la mode ne la dérangeraient pas. En effet, si l’on s’attarde un tantinet sur ses looks, on se rend très vite compte que son aspect visuel reste très important, et surtout très street / branché (encore une question de génération ?).

 

 

En tout cas, on la sent prête à bâtir son propre empire. Des musiques, des concerts, une marque peut-être qui sait.

On vous tient au courant très rapidement, son prochain album ne devrait pas tarder à sortir si on en croit les paroles Mallrat.

À très vite et bonne écoute !

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KOKOROKO, la jeune relève du jazz Anglais

Ils sont 7, ils sont Anglais et font partie des jeunes espoirs anglophones à vouloir rafraîchir la scène jazz / afro-beat londonienne. Groupe mixte, ce sont en revanche les femmes qui gèrent les cuivres. Ils n’oublient pas, aussi, de préciser que bon nombre de leurs amis les plus fidèles les aident au fil du temps à peaufiner ce talent déjà amplement respectable.

 

©Jean-Marie Jagu

La maturité qui ressort de leur travail prouve qu’ils en veulent, et que leur talent n’est pas né de la veille ! En effet, bercés par Fela Kuti, Ebo Taylor ou encore Tony Allen, tous sont nés au sein de familles mélomanes. Ils ont ça dans le sang les petits ! De plus, nous sommes face à de jeunes ressortissants d’école de jazz, histoire de ne pas s’arrêter sur leurs acquis.

 

 

©Jean-Marie Jagu

Leur faible notoriété ne leur a pas encore permis de nous délivrer un album, mais un premier morceau est disponible au sein d’une compilation regroupant les plus grands espoirs du jazz londonien actuels. Dernier titre de la compilation, il clôture cet amont de talent, et ce avec «  Abusey Junction ». Pas de paroles, seulement quelques choeurs et vocalises, venus sublimer la qualité du travail instrumental proposé. Comme je l’ai déjà dit plus tôt, la maturité dans le son de leurs cuivres et de leur guitare pourrait laisser penser qu’un groupe de quinquagénaire s’est caché derrière cette musicalité. Ils sont généreux en justesse et en qualité. C’est assez calme, comme pour Khruangbin, on est ici pour se détendre, profiter d’un moment et ce de la plus simple et de la plus belle des manières.

 

©Jean-Marie Jagu

 

©Jean-Marie Jagu

 

 

 

Ce ne sont pas de grandes victimes de la mode, mais certains membres du groupe s’approprient le style Wax à merveille. Des marques comme l’Atelier Beaurepaire (28 rue Beaurepaire, métro République) ou la jeune créatrice de la boutique Mansaya (49 rue Léon Frot, métro Charonne), nous ont prouvés depuis quelques années que ce style peut être des plus modernes ! Revisité dans les motifs comme dans les découpes, c’est un style à part entière qui mérite d’être mis en avant et surtout, qui mérite d’être démocratisé, tant il amène joie et chaleur humaine.

 

Atelier Beaurepaire

 

Mansaya Boutique

 

On vous tient au courant dès qu’ils sortent un album, en attendant j’espère les croiser sur les ondes de Radio Nova ou Fip

Bonne écoute !

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Khruangbin, l’invitation au voyage

Le dernier groupe à avoir fait chavirer mon coeur grâce à la simple utilisation de la guitare, c’était bien évidemment les tant reconnus Rodrigo & Gabriela. Mais aujourd’hui on change un peu de format, ils sont trois, mais surtout, on s’écarte relativement de la guitare classique espagnole. Khruangbin, ils sont Américains, et nous susurrent à l’oreille des mélodies enchanteresses, ambiantes, et terriblement agréables.

 

 

 

La moitié des titres ont beau être en espagnol, la musique est bien plus rock / blues voir folk. Les seuls moments où vous entendrez leurs douces voix seront pendant les moments titrés en anglais, tels que « Lady and Man », « Shades of Man » ou encore « Rules ». De beaux morceaux, où la guitare est tout de même toujours mise en avant, et qui au passage est réalisée par Mark Speer. – Laura Lee, elle, s’occupe de la basse (élément le plus important d’un groupe ? Pas si sûre pour ce cas-là). Enfin la batterie est gérée par D.J. –

 

Cependant, le groupe étant tourné vers cet instrument à cordes tant convoité, je vous propose de vous intéresser aux trois seuls morceaux titrés en espagnol, et qui sont, pour moi, de loin les meilleurs (toujours plus de subjectivité, on adore). « Como me quieres » ouvre le bal avec une ballade nostalgique, redondante mais tellement attachante. Mettez donc votre casque à fond en sortant de chez votre immeuble, vous m’en direz des nouvelles. Si ce morceau vous est trop reposant, je vous conseille alors « Maria Tambien », bien plus pêchu et une fois de plus bien trop entrainant pour ne pas s’y attarder cinq minutes. Une vraie BO de film, on s’y croirait vraiment, prête à dégainer mon gun à tout moment !

 

 

 

Enfin, « Como te quiero » cloture ce trio musical hispanique et revient vers le thème du premier morceau. C’est beau, c’est juste et de très bon gout. Un vinyle, un bon système son, de quoi s’allonger et on n’en demande, pas plus ! 

 

 

Je ne vais pas vous faire la rétrospective de l’intégralité des morceaux, mais l’ensemble de l’album coule et s’écoute si bien que l’on pourrait se perdre de plaisir au milieu des morceaux. « Evan Finds the Third Room » nous dévoile même quelques touches funks, toujours aussi bien réalisées (jusqu’où peuvent-ils donc aller ?!). Je ne doute pas du fait que leur live doivent être une grande réussite, le son pur de la guitare nous éclatant dans les oreilles doit probablement révéler le fin fond de leur qualité musicale.

 

 

Côté mode, comme d’habitude, ça tente des choses ! Comme ils se divisent les tâches musicales, ils font de même avec leur style. Mark Speer est constamment armé de sa veste de costume, sobre en shooting / répétition, un peu plus bariolée en concert, forcément. D.J., lui, me fait bien rire à toujours ressortir ses t-shirts / chemises les plus moches (ô grande subjectivité) : à carreaux, psychédélique, à fleurs, on l’a compris ! C’est sa touche, on ne va pas lui enlever. Heureusement, les deux seuls chromosomes XX du trio relèvent le niveau et nous offrent des tenues originales et colorées. Même Laura Lee aura succombé au rouge, la fameuse couleur qui aura traversé les continents malgré ses différentes symboliques, suivant les valeurs et cultures de chacun.

 

 

Khruangbin

Beaucoup de concerts sont prévus, mais bien sûr seulement en Amérique ou très peu en Angleterre. Comptez sur moi pour leur envoyer un message d’invitation à venir frôler les scènes françaises.

En attendant, bonne écoute à vous !

 

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R&B 2.0 et textes engagés, voici Jamila Woods

On ne peut pas dire qu’on en aura beaucoup entendu parler ces derniers mois dans les médias français. Magazines, télé ou radios, toutes aussi pointues qu’elles se le veulent, n’ont pas vraiment diffusé cette nouvelle vague du R&B Nord-Américain.

 

Sensible, explorateur et engagé, l’univers de Jamila Woods nous est déposé de manière si douce et si dure à la fois. Des textes plus qu’engagés, soutenant la cause des femmes noires pour bons nombre des morceaux. Bercée par les poèmes de la première femme noire à recevoir le prix (d’excellence) Pulitzer, Gwendoyn Brooks, et de la double récompensée du même prix, Lucille Clifton, elle aura su y puiser son inspiration pour nous délivrer aujourd’hui des textes péchus et poignants.

 

Au delà de son talent d’auteur – compositeur, elle en se fout pas de nous non plus au niveaux des productions. Bien recherchées, du r&b novateur je dirais. Étonnement à chaque morceau, c’est le type d’album construit et éclectique, qui nous montre bien plus qu’un style, bien plus qu’une   manière de faire. J’insiste car on ne va pas se voiler la face, c’est le cas de beaucoup de nos amis les musiciens. Une musique, égale, une ambiance pour tout l’album. Enfin bon, ici c’est l’inverse et ça vaut le coup de se faire une grande session et de découvrir l’ampleur du travail.

 

Chance The Rapper

En réalité ce n’est pas non plus pour rien si elle était invitée à venir performer sur une scène du Pitchfork Festival, dernier en date. Même Chance The Rapper, la garde sous son aile et vient l’accompagner sur le morceau « LSD », tiré de son dernier album « HEAVN ». Qui, au passage, est un très bon morceau doté de quelques influences jazz, il fait très « morceau d’ambiance » si vous voyez ce que je veux dire. La jeune Noname est aussi conviée à venir faire partie de la dance, et nous offre un duo encore bien engagé sur « VRY BLK ».

« I’m very black, black, black

Can’t send me back back ack

You take my brother, brother, brother

I fight back, back, back, back »

 

Noname

 

 

En janvier dernier elle a tout de même posé pour Vogue Usa, entourée de deux espoirs de la littérature américaine, E’Mon Lauren et Patricia Frazier. Jamila Woods porte une tenue Marc Jacobs. Lauren, qui est à gauche, porte une chemise Rag & Bone que vous pouvez dès à présent acquérir pour la modique somme de 345 euros, ainsi qu’un pantalon signé Ero mais ne vous affolez pas, il n’est déjà plus disponible sur le e-shop. Enfin, Frazier porte elle une robe de chez A DoubleJ, 440€, on reste dans la lignée budgétaire du shooting.

 

Bien plus que pour la couverture du prestigieux magazine, l’artiste affiche des looks personnels intéressants et tendances.

 

 

Son album est disponible sur toutes les plateformes, bonne écoute !

 

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