Ravyn Lenae invite Steve Lacy à poser sa voix sur son nouvel EP

L’artiste précoce Steve Lacy (19 ans), nous avait déjà tous cloué le bec l’année dernière avec son morceau Dark Red. Et il revient de plus belle en ce début d’année avec une collaboration R&B / Soul sur le nouvel EP « Crush » de Ravyn Lenae. Qui au passage, affiche le même âge au compteur.

 

Ce combo post adolescence nous dévoile alors une maturité des idées ainsi que de la performance qui donne une toute autre dimension au projet.

 

Tout comme H.E.R l’avait fait il y a quelques mois de ça avec son album éponyme, Ravyn Lenae manipule l’art de la « vibe » et du R&B à la perfection avec ce premier et nouvel Ep. C’est sexy, c’est toujours un peu culcul sur les bords, c’est soul, c’est deep, du bon R&B en somme.

 

 

Plus sérieusement, Ravyn Lenae et Steve Lacy sont au final un duo qui se complète merveilleusement bien pour les morceaux « Computer Luv » et « Leaf Clover ». La dextérité vocale de la jeune femme et l’ingéniosité musicale de Steve Lacy offrent un rendu moderne, recherché et bien sûr, extrêmement bien réalisé.

 

 

À côté de ces deux belles réussites (les morceaux, pas les artistes), le reste de l’EP en est une à part entière. Les mélodies sont surprenantes et agréables, c’est divers et on s’éloigne parfois même très légèrement du R&B, comme sur « Closer » par exemple. Même au début de « Sticky », on croirait entendre Janelle Monae dans le timbre de la voix.

 

C’est un vrai diamant brut. Je n’ose imaginer ce que son inventivité va l’inviter à réaliser comme prouesses musicales, mais si à 19 ans on produit ce genre d’Ep, dans 10 ans elle devrait être plutôt rodée. Et continuer de créer cette fameuse Soul 2.0.

 

 

La chaleur de ses morceaux se répercute jusque dans se tenues vestimentaires. Beaucoup de rouge, de jaune ou même du orange en fond pour ses shootings, des couleurs mode et un style qui reste tout de même assez urbain et dans l’ambiance R&B. Jean taille base, rouge, simple débardeur, rose pale.

 

 

À vrai dire elle l’air d’avoir fait du rouge sa couleur emblème, de la pochette, aux cheveux. Petit rappel, amour, sensualité, amour, tels sont les mots représentatifs de cette couleur, et sans surprise, de ce style de musique.

 

 

Elle tente cependant certains styles plus classiques en terme de look ou de coloris, mais dégage une telle « vibe » que nous n’avons pas besoin de plus pour comprendre le personnage.

 

 

 

 

L’EP ne comporte que cinq morceaux et s’écoute très rapidement (17 minutes pour être précise), et j’attend du coup avec impatience la suite des aventures de mademoiselle Ravyn Lenae. Ainsi que de Steve Lacy, que je ne pourrais oublier de mentionner en cette fin de papier. Si vous n’êtes toujours pas allez écouter son dernier Ep « Steve Lacy’s Demo », courrez-y (et en plus il est modeste) !

 

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Blushes, ils reviennent avec leur single « Honey »

Originaires de Birmingham, le quatuor Blushes défend une musique plus rock / indie que pop avec ce nouveau single « Honey ».

 

 

Leur premier EP sorti en 2017, « Private Viewing », avait déjà affiché un ton indie, rock, mais aussi plus pop avec en partie le morceau le plus populaire « To The Bone ». Et ce n’est pas très étonnant, le rythme est plus pêchu, la mélodie de la guitare plus entêtante et les deux chanteurs plus… « en joie » ! C’est un peu dommage pour le reste de la discographie, qui manquerait peut-être un peu de mordant.

 

 

 

 

 

Cependant, la voix de Bradley Ayres, leader des vocalises et auteur des textes, a ce grin si charmant dont bon nombre d’anglophones ont la chance d’hériter. Et accompagne la voix de la claviériste Tiffany Evans de manière logique et complémentaire. Je ne vous cache pas qu’elle n’est pas la nouvelle Maria Carey et qu’elle n’atteindra pas la huitième octave d’ici demain. Mais elle remplit son rôle de choeur et de second chanteur. Elle prend même les reines de la chansonnette pour Hypnotise, qui aide encore un peu plus au bon déroulement de l’EP.

 

Mais n’aura pas duré très longtemps. En effet pour ce nouveau single « Honey », elle reprend délicatement sa seconde place et continue d’accompagner Bradley Ayres. Mais le plus important reste de souligner ce parti pris pour l’indie / rock. Fini les airs de pop, Blushes décident de ne pas suivre l’avis de leurs auditeurs et continuent de faire ce qu’ils leur plaisent… et ça marche ! Joey Badass si tu m’entends, je te demanderai une dernière fois de revoir ta position sur le rap oldschool (on ne sait jamais).

 

On sent bien qu’en Angleterre, il est très facile de trouver de l’inspiration, un style. On dirait que les artistes émergents Anglais ont ça dans le sang, bercer depuis leur conception presque.

 

 

Tiffany Evans rentre à la fois dans les codes de la tendance et de la mode…. À l’Anglaise. Je suis sûre que vous voyez de quoi je parle, crop top boudinant – jupe shorty moulante – paillette et talons aussi lourds qu’une massue. Je vous confierai même que les Dublinoises sont les championnes en la matière. Bref, ce n’est pas le cas de notre chanteuse qui elle, tempère et et dose les artifices.

 

Petite robe en velours dorée, bottines à paillette, pantalon évasé, parfois même contrasté d’un haut ou d’un détail plus streetwear.

 

Les trois boys oscillent eux entre rockeur Anglais casual, mais toujours parsemés de détails streetwear comme avec leurs baskets ou chaussettes (très) apparentes.

 

 

 

 

 

 

 

Qu’ils ont l’air dociles et inoffensifs quand on les regarde… Pourtant, comme précisé précédemment, ce tournant beaucoup plus rock / indie est aussi plus sérieux dans la démarche, et trace leur route musicale. C’est maintenant à Pine Lane Music de réaliser leur travail, et d’en faire leurs nouveaux Arctics Monkeys ! Dont on peut, au passage, entendre des soupçons d’inspiration, et ce plus précisément dans la manière de chanter de Bradley Ayres.

 

Je ne doute pas du fait qu’ils feront de nombreuses scènes dans leur pays natal et que les festivals locaux seront quelques-uns à les inviter à jouer sur leurs petites scènes. Pour un concert en France, je vous laisse leur proposer. Cela vous donnera une bonne raison pour les féliciter au passage ! 

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Le rap Old School, retour en force de la part des maîtres du mainstream

Un peu avant l’été 2017, Kombini nous dévoilait un article sur un fait de musique très actuel : la fin d’un hiphop oldschool. Comme le soulignait Joey Bada$$, aujourd’hui, faire un album entièrement oldschool serait impossible.

« Bouffés » par la trap, l’autotune et autres artifices qui affolent les auditeurs, beaucoup de rappeurs ne prennent carrément plus de plaisir à créer des morceaux faits « à l’ancienne ». Et ce à mon plus grand regret. Quand j’écoute à nouveau la première mixtape de Joey Bada$$, 1999, je me dis que c’est tout de même dommage. Car même si en 2017 ce dernier nous a offert l’album ALL-AMERIKKKAN BADA$$, qui regorge de bons morceaux, on est quand même loin de Snakes en featuring avec T nah Apex, par exemple.

 

Mais alors, venons en au vif du sujet. Je n’aurais jamais cru qu’un de mes plus fidèles amis me dise un jour « ça va t’étonner mais, est-ce que tu as écouté le dernier album de Jay Z ? ». Autant vous dire que le doute s’est installé très rapidement, mais s’en est allé tout aussi vite !

 

4:44, l’heure à laquelle le mari de Queen B aurait composé ce morceau, dédié à sa belle dulcinée, et même au final nom de l’album. Samplé grâce au titre sorti en 2016 « Late Nights & Heartbreak » par Hannah Williams & the Affirmation, on rentre alors complètement dans le style oldschool en question.

Impression de retour aux sources, avec une voix soul en bande-son remixée comme ça aurait dû être fait. Dans 4:44, monsieur Jay Z s’excuse auprès de sa belle pour son comportement, personnellement, je lui dis plutôt merci. Si c’était pour en arriver là !

 

 

La globalité des morceaux s’écoute plutôt bien, mais pour notre sujet on va s’appuyer sur un autre titre fort de ce nouvel album : The Story Of OJ. Qui relate donc l’affaire de O.J Simpson, ancien footballer Américain accusé de double meurtre en 1994. Un morceau sur le racisme, si on veut la faire courte. Cette fois, c’est Nina Simon qui pose sa voix sur le sample, encore plus remixée que la précédente. Mais cette touche de soul, le beat lent, tout est là pour nous faire apprécier un rap qui se rapproche définitivement plus du oldschool que du mainstream. Pour apprécier l’oeuvre dans sa totalité, le visionnage du clip va encore en réjouir quelques-uns. Et moi la première ! Réalisée sous forme d’animation, la vidéo met en scène un homme de carnation  noire, changé et adapté à tout type / genre de « nigga ». Un style de dessin complètement oldschool, type vieux dessin animé. Une totale.

Erreurs de parcours, acceptation de l’homosexualité, si votre curiosité vous pousse à l’écoute de cet album, voilà d’autres sujets qui seront abordés.

 

Nos deuxièmes champions, attention mesdames et messieurs, le retour, pourtant tellement peu attendu, des Black Eyed Peas. Ceci n’est pas rêve, pas une hallucination auditive, mais bien un retour aux vieilles valeurs et manière de rapper de ces derniers, avec ce titre « Street Livin ». Fergie reste pour l’instant absente,  et une fois de plus si c’est pour que ça donne ça, tant mieux !

 

 

À croire que la montée du racisme les a poussés à revenir en 2003, l’époque d’Elephunk, quand tout allait encore très bien dans les studios de Black Eyed Peas.

 

 

 

Pour ma part, je trouve que cela tient du miracle. Ça va bientôt faire 10 ans qu’ils s’étaient tu, et on ne se demande pas pourquoi. Je les croyais perdus entre deux tracks d’EDM sur les plages de Floride (j’étais partie un peu loin), mais non ! Retour en force avec un morceau encore plus old school que Jay Z pour le coup.

 

Will.i.am, Apl.de.ap et Taboo posent leur voix sur une bande-son de trompette samplée de Pouca Duraçao. Leur version, beaucoup plus lente, plus dure et poignante, relate la cause des personnes noires en général. La situation actuelle du monde est si déplorable sur ce point-là, que le trio (et noyau dur du groupe à la base) revient donc en 2018. Pour eux aussi, à leur tour, il fallait laisser leurs traces et s’exprimer sur un sujet censé toucher, tout le monde.

Les trois rappeurs sont très sobres, simplement là pour énoncer des faits. Les voix accompagnées de paroles quand même assez dures, viennent nous claquer dans les oreilles et déclencher le petit mouvement de tête.

Black Eyed Peas made in 2018, on espère un album très prochainement, et qui suivra la ligne old school tracée par ce premier single.

Pour finir je dis donc non ! Non, le rap oldschool n’est pas censé disparaître parce que ce n’est pas ce qu’attendent les auditeurs. Quand les membres de Led Zeppelin déboulaient et se déchaînaient sur les scènes à partir de 1969, ils avaient carrément cassé les codes de base et choqué bon nombre de fans. Pourtant aujourd’hui, on leur dit (encore) merci.

Je terminerai avec les derniers mots de Street Livin :

« You can get fucked by the system

Or you can say « fuck the system ».

DYGL, quand le Japon se la joue à l’anglaise

Les riffs de guitare, les mélodies, la voix, tout laisse à croire qu’un nouveau boys band chiné à Manchester est venu nous prouver que le rock à l’anglaise Made In 00’s (bien qu’inspiré des années 70/80) n’est pas mort.

Et non ! Ce sont bien de jeunes Japonais qui sont venus prendre la relève. Fini les groupes Kawaï douteux, ici on parle et on joue vrai rock britannique. Repérés grâce à un ami du guitariste des Strokes, Albert Hammond Jr, les quatre Tokyoïtes ont donc eu la chance de s’exporter afin de se perfectionner et créer un groupe de rock anglais qui tient réellement la route. Quelques démos auront suffi à Hammond Jr pour y voir quelque chose d’intéressant, et se dire que ces nouveaux petits poussins pourraient bien nous surprendre.

 

Albert Hammond Jr

 

L’album, « Say Goodbye To Memory Den », s’écoute bien dans la longueur. Les balades à la Libertines, Arctic Monkeys ou The Kooks qui commençaient à nous manquer nous sont ici déposées sur un plateau d’argent. Même la voix du chanteur, Nobuki Akiyama, semble sortir de la bouche d’un jeune Anglais sur la scène d’un Open Mic au Blues Kitchen.

 

 

À mon avis on peut surtout dire merci tonton Albert Hammond Jr pour cette poussée d’inspiration. Mais au moins ! C’est bien réalisé et ces jeunes Asiatiques ont parfaitement su s’approprier ce genre musical pourtant si loin de leur culture. Après comme l’a dit le guitariste des Strokes à NME, la prise en charge de ce groupe et la réalisation de cet album a nécessité beaucoup de travail, et les simulations live constantes étaient une obligation.

 

Malgré tout, Nobuki Akiyama et ses amis instrumentistes n’ont pas rechigné devant le travail, généreux de leur talent, qu’ils ont su mettre à profit de ce style de rock qui continue de traverser les décennies. Dans le single « Let It Sway » sorti en 2016, le chanteur écrit « certaines choses nous paraissent être une perte de temps au début, mais c’est important de s’y attacher. Vous ne pouvez pas vous reposer quand vous faites de la musique. Ne restez jamais inactif ! ». Les textes sont en général tournés vers des questions de vie, des questions sociétales, ou bien vers le groupe lui-même, tout simplement. Un groupe de rock quoi, on mélange un peu tout ce qui nous tracasse, de la macro, au micro.

En ce qui concerne leur style vestimentaire on mélange un peu tout aussi ! D’un côté on dirait qu’ils ont gardé leur côté Kawaï avec des pantalons de couleur, des dessins enfantins ou leur sac à dos. Puis d’un autre côté ils y allient quelques pièces street (casquettes, bombers) ou rock (chemise à carreaux, chemise de skater ou une veste en jean) qui leur donne tout bonnement une dégaine à l’anglaise. Un mélange de styles, de cultures et d’idées qui retranscrit au final particulièrement bien l’esprit Londonien. De vrais petits poissons dans l’eau ceux-là ! 

 

 

Au final dans cette histoire tout le monde est content. Albert Hammond Jr a trouvé de nouveaux poulains et de quoi s’occuper encore quelques années (en plus d’un possible futur album des Strokes en 2018 ?), les DYGL voient leur carrière et leur talent s’internationaliser et se fondre dans le moule des groupes les plus prisés d’une génération. Et nous ? On est tout simplement content d’avoir à nouveau un groupe de ce type à se mettre sous la dent ! Et avec un peu de chance, les Anglais, sous l’emprise de leur ego musical, seront peut-être poussés à rivaliser. Et là, on aura vraiment tout gagné.

Ils ont joué pour la première fois à Londres hier et avant-hier soir, nous verrons bien si les retours se font nombreux ou non. Personnellement j’attends surtout un concert dans les environs afin de pouvoir vous faire un petit compte rendu de ce groupe, atypique à première vue. Sachant que tonton Albert les a « coaché » pour être de vraies bêtes de scènes, je les attends au tournant !

Aussi, le pull d’un des membres, la pochette l’album, et l’affiche de l’évènement permettent de souligner le fait que le rouge est ici, encore mis à l’honneur. Alors que ma chère collègue Anna, analysait l’autre jour l’utilisation de la couleur rouge chez le groupe HMLTD, comme celle de « l’amour, la colère, la sensualité, la sexualité, le danger mais aussi l’interdiction ». Ici, on est quand même un peu plus tendre, et on pensera plus au côté amour, passion, chaleur, triomphe de la chose.

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À très vite !

Jazz Fusion (Partie 1) : Hip-hop

Ah le Jazz, ou plutôt le « jââzze » si on veut vraiment s’enterrer dans l’élitisme de ce mouvement musical pourtant si divers, est en fait un style apte à réjouir beaucoup plus d’oreilles qu’on ne le pense !

Après que ce style ait fait danser l’ensemble des Afro-américains d’Amérique du Nord au début du 20ème siècle, des « petits » visionnaires de l’époque auront vite compris que l’on pouvait peut-être ouvrir ce style musical à bien d’autres genres.

Miles Davis

Et c’est notre bon vieux Miles Davis qui nous ouvrira la porte du Jazz Fusion : le jazz incorporé dans un autre style musical. En 1964 il nous offrira une lourde collaboration (avec Wayne Shorter, Ron Carter, Herbie Hancock et Tony Williams) qui sera déjà tournée vers des influences rock. Les instruments électriques rock et le rythme & blues sont alors déjà approchés. 

Miles Davis… Combien de fois devrions-nous le remercier, sans rire, il aura su pousser ce style bien plus loin que ses collègues n’auraient osé le faire… Mais où en serions-nous alors aujourd’hui ?!  Le garçon était tellement ouvert que son penchant pour les expérimentations rock – guitare de Jimi Hendrix l’aura poussé à prendre rendez-vous avec ce dernier pour réfléchir à une possible collaboration… Dommage, Jimi mourra la veille de la rencontre. 

Je ne vais ni vous refaire la biographie, ni la discographie des plus grands Jazz men ayant aidé à l’envolée du Jazz, car ici on va surtout pointer du doigt le Hip-Hop. Depuis les années 90, ce style musical nous aura plus que jamais prouvé que l’alliance de ces deux genres était presque… inévitable !

Liberté, esprit rebelle et compréhension de l’autre, telles sont les connotations qui rapprochent durement le Jazz et le rap / Hip hop. Rien qu’avec leurs valeurs communes on avait déjà matière à faire. Et on dira merci aux samples (petit extrait instrumental d’un autre morceau incorporé dans le morceau en question) qui ouvriront la voie à de nouvelles possibilités.

Block Party

Après les Block Parties (soirées de quartier) de Dj Kool Herc en 1970 qui auront fait danser tout le voisinage pendant des années grâce à ses deux platines, les groupes de rap continuent de se multiplier et les tentatives d’originalité fusent dans tous les sens.

Block Party
Grand Wizard Theodore

Et pourtant ! C’est par pure inadvertance que Grand Wizard Theodore découvrira ce qu’on appelle le Scratch.

Un doigt touchera malencontreusement un disque en pleine lecture, et un tout nouveau style verra le jour. Les années passent, le scratch se voit pousser des ailes et les samples old school recouvrent la scène Hip-hop.

Du coup, le Jazz Fusion avec le Hip-hop, merci qui ?

Et bien merci au duo originaire de Boston, Gangstarr ! Il remaniera les codes et aura l’intelligence de démocratiser le Jazz à travers l’album « No More Mr Nice Guy » en 1989. La puissance de la voix de Guru et la profondeur du Jazz se mêlent alors, à la perfection. Plus de doute, il était temps pour certains autres d’en faire de même. Nous sommes en 2017, et je vous rassure, l’engouement du Hip-hop pour le Jazz n’a pas changé.

Gnag Starr

À qui on dit encore merci

La décennie qui suivra l’album de Gangstarr sera des plus fructueuses. A Tribe Called Quest sortira le presque légendaire « The Low End Theory » en 1991, qui sera certifié disque de platine et qui ancrera leur talent à tout jamais.

En 1993, Guru sort son deuxième album et premier de ses 4 volumes Jazzmatazz. On y entend Mc Solaar déposer ses impressionnantes tirades, et je ne doute pas du fait que sa dextérité à déblatérer ses pensées plus vite que son ombre a dû boucler le bec à plus d’un Nord-américain. Dans le deuxième volume même Jamiroquai sera de la partie pour réunir Hip Hop, et Jazz.

Common et « Resurrection » reconnu comme un des « meilleurs 100 albums de rap », The Roots avec « Do You Want More?!!!??! » en 1995 reconnu par les critiques comme un classique du Jazz Rap, etc… Nos piliers du Hip-hop ne s’arrêtent plus.

 

En France, c’est le groupe Hocus Pocus, présents sur la scène musicale depuis 1995 et à moitié membres de C2C, qui a toujours su jouer des deux styles. Tandis que les Dj posent des instrumentales soignées, 20syl, le rappeur, déroule ses textes tout aussi qualitatifs que la production réalisée autour. En 2002 le groupe nous prouve que le Jazz a largement sa place au sein des lignes de rap avec l’EP « Acoustic HipHop Quintet », édité grâce à leur victoire au concours MCM Session la même année.

Les cuivres

 

Non Prophets – Hope

Entre 2003 le duo américain Non Prophet revisite la trompette à sa manière dans le titre « The Cure ». De base bizarrement assez sombre et avec une cadence un peu spéciale, le génie du cuivre arrive à rendre ce morceau hypnotique et addictif. Si vous préférez malgré tout le son de la guitare classique, je vous conseille d’écouter « Tolerance Level » du même album.

Cunninlynguists.

Je préfère vous laisser le temps de bien prononcer ce nom car ce serait sympa pour vous de le retenir si vous ne les connaissez pas encore, et que vous êtes des amateurs de Hip-hop. En 2006, ce trio (toujours) américain nous produit cette perle qu’est « A Piece Of Strange », le genre d’album qu’on écoute du début, jusqu’à la fin. Je considère vraiment cette album (et même tous les autres) comme une oeuvre à part entière. La musique en tous genres est mise à l’honneur et les instruments changent constamment, les univers et les atmosphères sont juste incroyables. Revenons à nos moutons, je m’emporte. Dans l’album « A Piece Of Strange », le morceau « Beautiful Girl » fait péter les cuivres et s’inscrit comme un des morceaux les plus iconiques de l’album. Le morceau suivant est un interlude qui, en plus, sample cette fois Hip-hop, Jazz… et Rock ! Je me suffirai de ça pour vous glisser une dernière fois l’idée d’écouter toute leur discographie, oui, vraiment tout.

 Et maintenant ?

Après que le groupe français Jazz Liberatorz ait enflammé une première fois le Jazz Fusion avec son album « What’s Real » sorti en 2003 , « Clin d’Oeil » (2008) et « Fruit Of The Past » (2009) prouvent définitivement que les Jazz Liberatorz font bien partie des rois de ce mélange de genres. Ayant littéralement « saigné » ces deux derniers albums je donne une fois de plus mon approbation quant à l’écoute complète de leur discographie ! Ça coule tout seul, à fond comme en fond et c’est bien souvent apprécié.

 

Wax Tailor

 

Télérama a aussi soulevé le mouvement Jazz Fusion avec Wax Tailor en 2011 suite au Festival de Montréal.

 

 

Dans l’enregistrement, ce producteur de musique en herbe soulève l’ouverture de certains festivals de Jazz à d’autres styles de musique, et souhaitait profondément qu’à l’inverse, les festivals de rock ou autres, s’ouvrent eux aussi au Jazz. Personnellement, depuis 2013 je ne trouve toujours pas le Jazz très présent sur les scènes de festivals.. On croise toujours les doigts pour que certains artistes décident de s’ouvrir, eux d’abord, à ce style musical encore trop éloigné des préférences générales. Cependant, les affiches de festivals de Jazz se multiplient et montrent qu’en retour, ce genre continue lui de s’ouvrir.

 

Rejjie Snow

Heureusement on peut encore compter sur quelques artistes pour nous faire profiter de ce fameux mélange. Rejjie Snow, rappeur Dublinois, continue encore aujourd’hui, et ce depuis 2011, d’insérer des codes Jazz à ses morceaux. Ses deux premiers albums « Fish & Chips » et « Rejovich »  (top Itunes Hip-hop devant Kanye West et J. Cole en 2013) utilisent à chaque track aussi bien les cuivres que les claviers. Et encore aujourd’hui, son morceau « D.R.U.G.S », bien que plus dans l’air du Hip-hop actuel, continue de reprendre quelques combinaisons de piano Jazz.

2017, retour aux choses sérieuses puisque très actuelles. En février est sorti un coffret, « Blue Break Beats », regroupant l’ensemble des morceaux Jazz ayant inspiré le Hip-hop. Preuve que nos rappeurs français, comme internationaux, n’ont pas chômé depuis le temps !

Mais la vraie bonne nouvelle, c’est que nous avons notre leader du Jazz / Hip-hop pour définitivement réussir à soulever cette mixité : Robert Glasper.

Producteur, rappeur et surtout pianiste Jazz, il met à profit sa culture et sait se montrer très généreux quand il s’agit d’expliquer, et de démontrer les ressemblances entre le Jazz et le Hip Hop. Il disait déjà en 2011 « Make Jazz Cool Again ». Du coup, la chaine Youtube « Jazz Night In America » nous a offerts il y a 7 mois de ça, une vidéo de 3 minutes, présentée par Robert Glasper en personne, nous expliquant de manière hyper ludique les comparaisons entre plusieurs morceaux Jazz, et Hip-hop. Le titre ? « Jazz Is Mother Of Hip-hop ».

Allez, bonne écoute !

Pearl & The Oysters, ou les néo B-52’s

 

Alerte artistes Français ! Je répète, alerte artistes Français ! Ah qu’est ce que ça fait plaisir quand nos chers compatriotes nous prouvent que la créativité musicale française ne périt pas un peu plus chaque jour (comme voudraient nous le faire écouter les radios musicales les plus appréciées de France). Et oui, malgré le surnombre d’artistes pré-faits que l’on ne cesse de nous commercialiser grassement, certains petits nouveaux, eux bien moins reconnus, arrivent à nous surprendre chaque année. Fishbach, Last Train, Polo & Pan ou encore Jeanne Added, ils ont en réalité été nombreux ces dernières années à nous… masturber les oreilles si je puis dire ! Des talents débordants de créativité et bien souvent complets (auteur – compositeur – interprète). En septembre c’est le groupe Pearl & The Oysters qui a animé mon casque audio pendant quelques temps. Je suis contente de pouvoir vous donner mon avis sur ce groupe musicalement recherché et amusant, mais aussi… inspiré des années 80 ! 

Chers visiteurs je vous préviens, on est parti pour une autre galaxie. Français, ok. Mais dans la même décennie que nous, ça, pas sûre. Ce groupe tout droit sorti des orbites va enflammer vos platines avant les fêtes de fin d’année. Ils m’ont eux-même défini leur style comme « laser gun pop », c’est vous dire ce qui nous attend.

C’est à Gainesville en Floride que Juliette et Joachim, noyau dur du groupe, ont déposés leurs valises il a maintenant 2 ans. Tous deux détenteurs de la double nationalité, c’est sans trop de problèmes qu’ils arriveront à développer ce projet des plus… originaux, frais et prêt à nous exploser à la figure telle une bouteille de soda trop secouée ! Mais avant de lancer les hostilités, je me permets un petit instant pour mettre sous la lumière les musiciens qui les entourent. Ce n’est pas à 2, mais plutôt à 7 que cet album s’est vu être abouti. 3 autres musiciens sont présents lors des concerts, et 2 autres aident en répétition / studio. Des gens de l’ombre, certes, mais pas des moindres ! Toujours souligner les gens de l’ombre.
Cet album est une invitation au voyage, et plus précisément au pays de Pearl & The Oysters. On est totalement plongé, et ce depuis la piste numéro 1, dans l’univers bien ancré du groupe. On se croirait dans une ballade pop de jeu vidéo old school, c’est hyper captivant et surtout très réussi. Ils ont dû en titiller des touches de clavier et des boutons de native instruments pour en arriver là ! Pour moi on est à la croisée du pop/rock, des lasers cosmiques et des arcades « Made in 90 ».  Pour ce qui est des performances musicales personnelles, Juliette manie les cordes vocales ainsi que le clavier et même la trompette, Joachim est en réalité le vrai master du clavier. Les autres se partagent percussions, guitare et basse. Les inspirations fusent dans les tous les sens et nous offrent au final un groupe avec une véritable identité.

Je me contenterai de citer rapidement les titres qui pour moi sont les plus emblématiques. L’album étant une réussite totale, je préfère vous conseiller de le déguster en long, en large, et puis même en travers tiens ! Dia De Los Muertos, My Baby Grand, Lake Alice, Interstellar Appeal, que de mélodies qui vous entêtent. Le son des claviers crie et se distord de mille-et-une manières, les riffs des guitares sont justes et les rythmes vous déhanchent. Mention spéciale pour l’interlude Welcome To The Wendy Carlos Appréciation Society, qui m’a pour le moins surprise et arraché un sourire gigantesque. C’est sur une mélodie typiquement Baroque que les jeunes Français ont décidé de mêler leur style geeko-pop, toujours plus hypnotisant. Véritable réjouissance pour un éternelle amoureuse de la musique savante que l’on appelle vulgairement le Classique (qui est on le rappelle, seulement une période musicale de ce genre, au 18e siècle). Les autres titres de l’album sont eux aussi très convaincants et restent dans la lignée des titres énoncés précédemment. C’est détonant, jeune et brillant. Et il n’y a pas que leur talent qui brille…

 

En effet ça ne pète pas que dans les décibels ! La tendance « bling bling » traverse les continents et n’échappe pas à Pearl & the Oysters. C’est plutôt bien tombé vu l’ambiance. Avec une veste, un top ou bien une perruque, ces musiciens en herbe ont su jouer des codes de la mode pour peaufiner en profondeur leur identité. Argentés, dorés ou cuivrés n’hésitez pas à abuser de petits détails brillants pouvant requinquer vos tenues (le noir toujours le noir oh oui encore du noir). Paillettes, nylon ou latex à vous de choisir votre préférence…

One more tips ! Les imprimés ou détails cosmiques type étoiles ou planètes, sont aussi dans l’esprit des fashion weeks. Il serait peut-être judicieux de ne pas trop en abuser cette fois-ci, sauf si votre attente pour Star Wars se veut incontrôlable, alors là on vous pardonne.

En tout cas si j’ai bien un conseil à vous donner c’est de laisser place à votre curiosité et d’aller écouter cet album made in Usa from France. J’espère sincèrement qu’ils viendront faire découvrir leur projet sur nos terres françaises. En attendant, ils tournent dans quelques petites salles et festivals de la Floride. On vous tient au courant !

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Cléo