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Bizarre, Bizarre…

Bizarre (Le Mad, L’Enfant de coeur et Doc’T.R) ont peaufiné leurs meilleurs punchlines pendant un an afin de nous délivrer un premier Ep « Canapé Trois Places ». Bien qu’ils s’exercent depuis leurs années lycée, c’est en été 2017 que l’idée d’un projet sérieux et durable sera né. Je me suis entretenue avec eux afin d’en savoir un peu plus sur ce qu’est Bizarre concrètement.

 

 

 

 

Bizarre ?

Le Mad : c’est l’idée de dire que l’on n’est pas dans le format classique du rappeur. Certes, on aligne les punchlines et les rimes, mais on ne se cantonne pas qu’à ça. On a tous de fortes influences musicales, toutes plus diverses les unes que les autres. Du rap ok, mais c’est aussi toutes les inspirations qui vont derrière, l’utilisation de l’autotune sous toutes ses coutures, même des choses plus électroniques parfois type house. On tente pleins de choses, tout ce qui nous fait plaisir et c’est vrai qu’au final, on a des propositions qui peuvent être ultras éclectiques. Et du coup, un peu bizarre dans sa globalité.

 

 

D’où sont venues les idées de vos noms et du groupe ?

L’enfant de coeur : étant jeune j’ai longtemps été choriste voir soliste sur certains projets de musique savante, comme pour La Messe Du Couronnement de Mozart par exemple, donc il a déjà cette partie en référence avec ce qui m’a longtemps nourri en matière de musicalité. Puis ensuite ce fameux petit jeu de mot avec le «coeur ». Il est vrai que souvent, et surtout sur mon premier projet solo, beaucoup de mes textes étaient orientés vers l’amour. Même si je me suis calmé aujourd’hui et que mes textes sont plus sombres, cela touche toujours au coeur.

Le Mad : en soi il n’y a pas vraiment de raison c’était plus des références culturelles qu’autre chose. On va dire que l’histoire principale c’était que je suis un gros fan de Mad Max, mon premier nom c’était Mad Mike, mais j’ai changé car je trouvais que ça faisait un peu trop le mec qui joue aux jeux vidéo en ligne ! Donc Le Mad, c’était très bien ! Un peu plus classe on va dire. C’est un peu une dualité, car dans la philosophie je vais alterner entre des choses très « vraies » et des zones de libertés totales. Très brutes, parfois très absurdes, mais tellement vraies.

Doc’ T.R : alors ça va être très simple, on a pris en compte le fait que ce soit moi qui fais les mixages et que je suis en train de réaliser une thèse. Pour le docteur, c’est réglé, après pour le T.R ce sont à la fois des initiales et un petit clin d’oeil, aux ter’, tout simplement !

 

 

Avec toutes ces influences comment en êtes-vous arrivés au rap, à la culture hip-hop ?

L’enfant de coeur : alors je n’en n’écoutais pas tant que ça de base. Déjà principalement du rap américain, alors que je n’étais pas vraiment client du rap français, mais c’est venu, je pense, avec des gens comme NTM

Le Mad : je pense qu’on a eu un peu la même évolution car j’avais pas mal de mal avec le rap français aussi de mon côté. Mais Diziz et Suprême NTM sont définitivement ceux qui m’ont lancé dans le bain de cette culture. Ça c’est vraiment fait en deux temps, j’avais d’un côté 50cent et Diziz. Puis à partir du lycée j’ai vraiment développé cet amour pour le rap français. Je pense que je me suis tellement buté au rap américain que c’est devenu une normalité pour moi de terminer vers le rap français. Booba aussi, ce genre de mec que tu ne peux pas prendre au premier degré si tu souhaites passer un bon moment. C’est comme tous ces gens qui disent que l’on devrait l’étudier en philosophie. C’est un peu comme Apollinaire que l’on apprend à la ligne en cours, alors que le mec balançait ses trucs complètement éclaté sous absinthe

 

 

On peut entendre certaines voix externes sur l’EP, vous êtes dans des optiques de collaboration ?

L’enfant de coeur : pas spécialement, mais c’est vrai qu’on ne se limite absolument pas qu’à nous trois, et c’est avec plaisir à chaque fois d’inviter untel ou untel.

 

 

Est-ce que l’on pourrait parler de rap absurde / conscient ?

Le Mad : Ça pourrait être ça oui. Absurde, sûr, conscient après je ne suis pas totalement sûr. Même si l’on peut parler aussi de sujets sérieux, de la société, de ce que l’on pense, c’est surtout ce qu’on a envie de lâcher de partager sur le moment qui va être délivré. Donc conscient oui, mais pas toujours. On a beaucoup de liberté, le mot d’ordre chez Bizarre et ce depuis le début, c’est de se faire plaisir, et je pense pouvoir parler pour tout le monde.

 

 

À part cet EP quels sont donc les autres projets ?

L’Enfant de coeur : alors autour de ce projet en commun, on développe tous quelques projets personnels, moi j’ai commencé il y a déjà quelques temps de ça et j’ai récemment fait partie de la sélection pour le Ricard Live Music. Pas de nomination du jury, par contre j’ai eu celle du public, et ça ça vaut tout l’or du monde.

Le Mad : on a aussi les QCPX sessions, en gros dès qu’on a un son que l’on produit sur le pouce car nous avons l’envie et l’inspiration, mais que ce dernier ne rentre pas vraiment dans la case d’un projet globale, on le balance sur notre compte youtube, comme un inédit un peu. Là on va en avoir une nouvelle d’ici lundi prochain avec la sortie de notre clip. Puis deux autres morceaux qui arriveront par la suite.  Et même un son de house qui devrait sortir ! Au final c’est un peu comme s’il y avait trois projets. Ce qui est bien aussi avec les QCPX sessions c’est que l’on a beaucoup plus liberté et on ne se cantonne pas qu’à notre identité première proposée chez Bizarre.

 

 

 

 

Votre mode de fonctionnement au niveau de la création des morceaux, des texte ?

Le Mad : pour le mixage c’est Doc’T.R qui s’en charge et Dieu sait qu’il ne fait qu’évoluer, et ce pour notre plus grand plaisir. Ensuite on s’entraîne très régulièrement pour écrire et performer. On a tous commencé au lycée à gratter quelques phrases en soirée, donc c’est un exercice que l’on a appris à manier vraiment plus en profondeur avec le temps. Après il faut aussi savoir que l’on improvise pas mal. Dans l’Ep, il y a pas d’improvisation, et le morceau Lynx en est le parfait exemple.

 

 

Une philosophie principale à partager ?

Le Mad : se faire plaisir !  Pour moi ça a toujours été de se faire plaisir. La musique c’est un truc qui me fait plaisir, le rap c’est un truc qui me fait plaisir, écrire des textes c’est un truc qui me fait plaisir, maintenant enregistrer des sons et les partager c’est un truc qui nous fait plaisir.  On a tous un peu cette philosophie et même si aujourd’hui on part sur un truc un peu plus sérieux, on atteint du coup d’autres plaisirs. Les embuches, les avis, tout se démultiplie au final.

 

 

Leur clip sort aujourd’hui, je vous invite donc à les découvrir (et ce, sur la plateforme que vous souhaitez), ils en encore beaucoup de choses à nous partager et le Bizarre ne fait que commencer. Comme j’ai pu le souligner dans certains de mes papiers, il aujourd’hui difficile de s’inscrire dans une identité musicale et visuelle propre. Bizarre a pour le coup réussit à imposer sa patte (certes encore un peu brouillée par tous les projets et le fait que oui, ils travaillent à côté), et plus d’un personne devrait normalement s’y retrouver.

 

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