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Les artistes

Jerry Paper, allô vous me recevez ?

Californien de 28 ans, Lucas Nathan de son vrai nom, est un nouvel ovni de la scène pop. Totalement indépendant, il réalise ses productions dans sa chambre, entouré d’un matelas et de deux cartons-armoire. Petite déco, grande inspiration.

Bien qu’il soit inconnu pour bon nombre de personnes, le jeune Américain se joue des arpèges et des rythmes depuis 2009. Détenteur d’une petite dizaine d’Ep, on ne peut pas dire qu’il est du genre à chômer.

 

 

En 2013, alors qu’il se faisait appeler Diane Kensington pour son Ep Fuzzy Logic, le jeune producteur expliquait s’intéresser à ce qu’il se passe entre les nombres binaires de 0 et de 1. Sachant que le 1 exprime la présence d’une puissance 2, et 0 l’absence d’une telle potentielle puissance, c’est alors à s’en tirer les cheveux.

Comme il l’explique si bien, « les binaires sont une façon très utile de gérer les choses. C’est un très bon outil pour catégoriser le monde et comprendre les choses. Mais ce n’est pas vraiment comme ça que le monde fonctionne ». En plein dans le mille, éternel débat actuel, comprendre que dans la vie, les choses ne sont pas toutes noires, ou toutes blanches. Mais peuvent bien être grises, grise-mauve ou même grise-verte si vous le voulez. Enfin bon, l’idée étant qu’aujourd’hui on ne peut plus se permettre de se reposer sur ses acquis et ses réflexions entretenus tout au long de notre vie.

Un peu comme ce qu’il se passe aujourd’hui dans le monde de la mode au final… Contrairement à toutes les précédentes décennies marquées à coups de looks et d’inspirations prédéfinies et à suivre afin d’être « in » ; nous faisons maintenant face à toute une flopée de styles et de revendications. Comme je l’avais déjà expliqué dans le papier sur KO KO MO, un look un brin pourvu de détails estimés comme « tendances », vous rentre directement dans la case des gens bien sapés.

 

Pour le coup, Jerry Paper n’est pas un acharné des tendances vestimentaires, mais affiche tout de même quelques pièces mode au compteur.

 

Le look 60’s avec un fameux vert qu’on aurait vomi il y a quelques années de ça dans la modosphère.

 

 

Le kimono, toujours, et encore.

© The Fader

 

Lucas Nathan s’amuse des notes comme il s’amuserait des tendances vestimentaires. Un look qui ressemblerait un peu à ça au final : bottines, jogging, veste en jean et chapeau de paille. Sur le papier, c’est dégueulasse, mais par je ne sais quelle magie, ça marche. C’est ce que l’on appelle plus communément les limites de la pop, ou comme il l’appelle la logique floue. 

 

 

 

Petit croché afin de rappeler qui a inspiré Lucas Nathan : Henry Cowell. Référence incontestée en matière d’innovation et d’évolution musicale, l’Américain aura de début 1900 aux années 60 proposé de nouvelles sonorités. Pour beaucoup mal reçues et perçues comme « sauvages » à l’époque.

Bercé aux musiques irlandaises durant sa jeunesse, ce jeune autodidacte forgera son caractère de révolutionnaire musical auprès du pianiste futuriste Leo Ornstein. Avec qui il apprendra, entre autres à s’exercer aux clusters, et réalisera une première oeuvre nécessitant les deux avant-bras pour jouer l’ensemble des notes : Dynamic Motion.

                   

 

Il resterait bien des choses à vous raconter, et je vous invite à lire son histoire car c’est très intéressant. Mais je sens que je vous perds ! Alors faisons simplement la connexion avec notre sujet premier, Jerry Paper.

 

 

Restons dans l’actualité, et parlons de son dernier Ep en date, « Like a Baby ». Mot d’ordre pour l’ensemble de ses oeuvres : éviter au maximum les répétitions. C’est de la pure création, ou expérimentation si vous préférez. La production est ultra complète, les rythmes, les interludes, les effets de voix, et autres bruits en tous genres sont superbement amenés. Bane’s World s’y était très bien attelé, mais là, c’est encore mieux. Son côté intellectuel un peu bloqué l’aura sans aucun doute amené à réaliser des Ep complets, à écouter de la première, à la dernière minute. Très divers et homogène à la fois, fort agréable ma parole.

 

 

Les boîtes à rythmes qu’il utilise varient d’un Ep à l’autre, et rendent sa discographie unique. Lucas Nathan se prend, en clair, pour un savant-fou du son. On sent bien qu’il se canalise un peu pour offrir une production audible pour le plus grand nombre, mais l’on sent aussi qu’en live, ça pourrait partir en vrille, très, très vite.

 

 

 

 

Et ça tombe bien ! Car il passe au Pop-Up du Label le 7 février prochain ! Monsieur Nathan, nous vous recevons 5 sur 5.

 

Si vous souhaitez vous accaparer l’un de ces magnifique objets, je vous renvoie sur son site 

 

En attendant le concert je vous laisse découvrir quelques unes de ses pochettes :

Vol I. / 2012
The Now Song For Today’s Lovers / 2014
Big Pop For Chameleon World / 2014
Carousel / 2015
Toon Time Raw! / 2016

 

Son Facebook

Son site internet

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