R&B 2.0 et textes engagés, voici Jamila Woods

On ne peut pas dire qu’on en aura beaucoup entendu parler ces derniers mois dans les médias français. Magazines, télé ou radios, toutes aussi pointues qu’elles se le veulent, n’ont pas vraiment diffusé cette nouvelle vague du R&B Nord-Américain.

 

Sensible, explorateur et engagé, l’univers de Jamila Woods nous est déposé de manière si douce et si dure à la fois. Des textes plus qu’engagés, soutenant la cause des femmes noires pour bons nombre des morceaux. Bercée par les poèmes de la première femme noire à recevoir le prix (d’excellence) Pulitzer, Gwendoyn Brooks, et de la double récompensée du même prix, Lucille Clifton, elle aura su y puiser son inspiration pour nous délivrer aujourd’hui des textes péchus et poignants.

 

Au delà de son talent d’auteur – compositeur, elle en se fout pas de nous non plus au niveaux des productions. Bien recherchées, du r&b novateur je dirais. Étonnement à chaque morceau, c’est le type d’album construit et éclectique, qui nous montre bien plus qu’un style, bien plus qu’une   manière de faire. J’insiste car on ne va pas se voiler la face, c’est le cas de beaucoup de nos amis les musiciens. Une musique, égale, une ambiance pour tout l’album. Enfin bon, ici c’est l’inverse et ça vaut le coup de se faire une grande session et de découvrir l’ampleur du travail.

 

Chance The Rapper

En réalité ce n’est pas non plus pour rien si elle était invitée à venir performer sur une scène du Pitchfork Festival, dernier en date. Même Chance The Rapper, la garde sous son aile et vient l’accompagner sur le morceau « LSD », tiré de son dernier album « HEAVN ». Qui, au passage, est un très bon morceau doté de quelques influences jazz, il fait très « morceau d’ambiance » si vous voyez ce que je veux dire. La jeune Noname est aussi conviée à venir faire partie de la dance, et nous offre un duo encore bien engagé sur « VRY BLK ».

« I’m very black, black, black

Can’t send me back back ack

You take my brother, brother, brother

I fight back, back, back, back »

 

Noname

 

 

En janvier dernier elle a tout de même posé pour Vogue Usa, entourée de deux espoirs de la littérature américaine, E’Mon Lauren et Patricia Frazier. Jamila Woods porte une tenue Marc Jacobs. Lauren, qui est à gauche, porte une chemise Rag & Bone que vous pouvez dès à présent acquérir pour la modique somme de 345 euros, ainsi qu’un pantalon signé Ero mais ne vous affolez pas, il n’est déjà plus disponible sur le e-shop. Enfin, Frazier porte elle une robe de chez A DoubleJ, 440€, on reste dans la lignée budgétaire du shooting.

 

Bien plus que pour la couverture du prestigieux magazine, l’artiste affiche des looks personnels intéressants et tendances.

 

 

Son album est disponible sur toutes les plateformes, bonne écoute !

 

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The Strypes – concert du 31 Janvier à la Gaîté Lyrique

C’est le 31 Janvier que nous avons pu assister à un concert de rock, du vrai de vrai, offert par les Strypes.

Dans la salle, des jeunes, des plus vieux, le rockeur n’a pas d’âge.

Une mise en bouche de bonne augure grace à la premiere partie du groupe d’Amsterdam de pop/rock : Max Meser.

L’ambiance commence gentiment à devenir de plus en plus rock and roll.

Le strypes font leur entrée, on croirait acceuilir des rock stars tellement la foule est en émulsion.

Les strypes, ce groupe formé par 4 membres, si jeunes et pourtant ils ont tout compris comme s’ils avaient été managé par les Stones. Leur aisance sur scène est spectaculaire, il la pratique la scène depuis 2012.

Il exprime un parfait esprit rock influencé par les années 60 et 70.

Un charisme sur scène hypnotisant. Un rythmes qui entraine des vagues de rockeurs déchainés dans des pogos endiablés (enfin des pogos de quarantenaires donc pas les plus impressionnants  et encore…)

Une osmose sur scene entre les membres (qui ne font qu’un avec leurs instruments) leur   permet de jouer entre eux mais aussi avec leur public, ils créent une vrai interaction avec leur audience qui en redemande.

La petite salle de la gaité lyric, se transforma en quelques heures, en une boule d’énergie électrique digne d’un concert de rock plein de folie des années 70.

L’image du rockeur charismatique et mystérieux est très travaillée : le chanteur, (Ross) toujours orné de ses lunettes de soleil, malgré l’absence de soleil dans cette salle Parisienne (pour cacher les effets de la drogue peut être ?). Et non, ce cliché du rock ne s’applique pas à ce groupe qui nous promet d’être clean, selon les dires du papa manager).

Un pantalon à motif écossais au chant, une crête blonde et veste leopard ornée de pins jouant de la batterie, une chemise à fleurs à la guitare, bref un vrai look de rockstar à l’anglaise.

Ce look sur scène est travaillé pour leur image, on le ressent notamment en les rencontrant à la fin du concert habillés d’un tshirt mickey ou encore Monsieur Jack, peut être pour éloigner les groupies ? Qui sait ?

Vous pouvez retrouver toute leur tournée dans de courts vlogs et notament leur passage sur Paris: (et une apparition de nous dans leur vidéo, si si, le début d’une gloire inattendue).

C’est donc un jeune groupe avec un répertoire bien rempli et une base de fan bien investie qui nous promet un futur sous le feu des projecteurs.

Ravyn Lenae invite Steve Lacy à poser sa voix sur son nouvel EP

L’artiste précoce Steve Lacy (19 ans), nous avait déjà tous cloué le bec l’année dernière avec son morceau Dark Red. Et il revient de plus belle en ce début d’année avec une collaboration R&B / Soul sur le nouvel EP « Crush » de Ravyn Lenae. Qui au passage, affiche le même âge au compteur.

 

Ce combo post adolescence nous dévoile alors une maturité des idées ainsi que de la performance qui donne une toute autre dimension au projet.

 

Tout comme H.E.R l’avait fait il y a quelques mois de ça avec son album éponyme, Ravyn Lenae manipule l’art de la « vibe » et du R&B à la perfection avec ce premier et nouvel Ep. C’est sexy, c’est toujours un peu culcul sur les bords, c’est soul, c’est deep, du bon R&B en somme.

 

 

Plus sérieusement, Ravyn Lenae et Steve Lacy sont au final un duo qui se complète merveilleusement bien pour les morceaux « Computer Luv » et « Leaf Clover ». La dextérité vocale de la jeune femme et l’ingéniosité musicale de Steve Lacy offrent un rendu moderne, recherché et bien sûr, extrêmement bien réalisé.

 

 

À côté de ces deux belles réussites (les morceaux, pas les artistes), le reste de l’EP en est une à part entière. Les mélodies sont surprenantes et agréables, c’est divers et on s’éloigne parfois même très légèrement du R&B, comme sur « Closer » par exemple. Même au début de « Sticky », on croirait entendre Janelle Monae dans le timbre de la voix.

 

C’est un vrai diamant brut. Je n’ose imaginer ce que son inventivité va l’inviter à réaliser comme prouesses musicales, mais si à 19 ans on produit ce genre d’Ep, dans 10 ans elle devrait être plutôt rodée. Et continuer de créer cette fameuse Soul 2.0.

 

 

La chaleur de ses morceaux se répercute jusque dans se tenues vestimentaires. Beaucoup de rouge, de jaune ou même du orange en fond pour ses shootings, des couleurs mode et un style qui reste tout de même assez urbain et dans l’ambiance R&B. Jean taille base, rouge, simple débardeur, rose pale.

 

 

À vrai dire elle l’air d’avoir fait du rouge sa couleur emblème, de la pochette, aux cheveux. Petit rappel, amour, sensualité, amour, tels sont les mots représentatifs de cette couleur, et sans surprise, de ce style de musique.

 

 

Elle tente cependant certains styles plus classiques en terme de look ou de coloris, mais dégage une telle « vibe » que nous n’avons pas besoin de plus pour comprendre le personnage.

 

 

 

 

L’EP ne comporte que cinq morceaux et s’écoute très rapidement (17 minutes pour être précise), et j’attend du coup avec impatience la suite des aventures de mademoiselle Ravyn Lenae. Ainsi que de Steve Lacy, que je ne pourrais oublier de mentionner en cette fin de papier. Si vous n’êtes toujours pas allez écouter son dernier Ep « Steve Lacy’s Demo », courrez-y (et en plus il est modeste) !

 

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Blushes, ils reviennent avec leur single « Honey »

Originaires de Birmingham, le quatuor Blushes défend une musique plus rock / indie que pop avec ce nouveau single « Honey ».

 

 

Leur premier EP sorti en 2017, « Private Viewing », avait déjà affiché un ton indie, rock, mais aussi plus pop avec en partie le morceau le plus populaire « To The Bone ». Et ce n’est pas très étonnant, le rythme est plus pêchu, la mélodie de la guitare plus entêtante et les deux chanteurs plus… « en joie » ! C’est un peu dommage pour le reste de la discographie, qui manquerait peut-être un peu de mordant.

 

 

 

 

 

Cependant, la voix de Bradley Ayres, leader des vocalises et auteur des textes, a ce grin si charmant dont bon nombre d’anglophones ont la chance d’hériter. Et accompagne la voix de la claviériste Tiffany Evans de manière logique et complémentaire. Je ne vous cache pas qu’elle n’est pas la nouvelle Maria Carey et qu’elle n’atteindra pas la huitième octave d’ici demain. Mais elle remplit son rôle de choeur et de second chanteur. Elle prend même les reines de la chansonnette pour Hypnotise, qui aide encore un peu plus au bon déroulement de l’EP.

 

Mais n’aura pas duré très longtemps. En effet pour ce nouveau single « Honey », elle reprend délicatement sa seconde place et continue d’accompagner Bradley Ayres. Mais le plus important reste de souligner ce parti pris pour l’indie / rock. Fini les airs de pop, Blushes décident de ne pas suivre l’avis de leurs auditeurs et continuent de faire ce qu’ils leur plaisent… et ça marche ! Joey Badass si tu m’entends, je te demanderai une dernière fois de revoir ta position sur le rap oldschool (on ne sait jamais).

 

On sent bien qu’en Angleterre, il est très facile de trouver de l’inspiration, un style. On dirait que les artistes émergents Anglais ont ça dans le sang, bercer depuis leur conception presque.

 

 

Tiffany Evans rentre à la fois dans les codes de la tendance et de la mode…. À l’Anglaise. Je suis sûre que vous voyez de quoi je parle, crop top boudinant – jupe shorty moulante – paillette et talons aussi lourds qu’une massue. Je vous confierai même que les Dublinoises sont les championnes en la matière. Bref, ce n’est pas le cas de notre chanteuse qui elle, tempère et et dose les artifices.

 

Petite robe en velours dorée, bottines à paillette, pantalon évasé, parfois même contrasté d’un haut ou d’un détail plus streetwear.

 

Les trois boys oscillent eux entre rockeur Anglais casual, mais toujours parsemés de détails streetwear comme avec leurs baskets ou chaussettes (très) apparentes.

 

 

 

 

 

 

 

Qu’ils ont l’air dociles et inoffensifs quand on les regarde… Pourtant, comme précisé précédemment, ce tournant beaucoup plus rock / indie est aussi plus sérieux dans la démarche, et trace leur route musicale. C’est maintenant à Pine Lane Music de réaliser leur travail, et d’en faire leurs nouveaux Arctics Monkeys ! Dont on peut, au passage, entendre des soupçons d’inspiration, et ce plus précisément dans la manière de chanter de Bradley Ayres.

 

Je ne doute pas du fait qu’ils feront de nombreuses scènes dans leur pays natal et que les festivals locaux seront quelques-uns à les inviter à jouer sur leurs petites scènes. Pour un concert en France, je vous laisse leur proposer. Cela vous donnera une bonne raison pour les féliciter au passage ! 

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Nelick – concert du 1 Février à la Boule Noire

Changement d’ambiance, et oui, sur Beat Style Makers il y en a pour tous les gouts.

Loin du concert de rock de la gaité lyric, nous nous retrouvons à Pigalle pour arpenter de pogos la salle de la boule noir.

C’est dans une ambiance conviviale animée par une jeunesse lycéenne (voir collégienne) Parisienne que nous nous attendons à découvrir le concert de Nelick en compagnie de youri, Le Sid et Lord Esperenza et oui rien que ca.

C’est quelques jours après le lancement de sa KiwibunnyTape composée de 10 morceaux que Nelick s’apprête à soulever la Boule noir.

Dans la salle c’est jeunesse à l’avant et vieillesse à l’arrière ( 20-25ans maximum).

Ce fut un très bon choix de nous motiver à bouger avec une première partie en compagnie de Youri. Les âmes sensibles ont tout intérêt à s’armer de second degré car l’ambiance démarre à coup de « je trempe mes couilles dans ta bouche comme un sachet de thé » et de pogo sur « Braque la pharmacie ».

Youri explose son rap énergique et énervé jusqu’à en faire planter la sono de la salle.

Une première partie validée donc et un gros coup de cœur pour sa version de OIZO, titre à la base plutôt détente qui se transforme en gros drop à base de bousculade de foule et gros coup de « braaaaaaaaa » sur scène.

Deuxième partie de la première partie, si je peux m’exprimer ainsi, s’en suit donc Le Sid. C’est pour moi, une grosse découverte.

Le Sid transpire (les pogos donnent chaud) la bonne humeur et l’aisance sur scène.

Swipe, titre qui écouté avant le concert ne me parlait pas du tout prend tout son sens en live.

Pour mon plus graaaaaaand plaisir, c’est en abordant une pante ultra glissante, que le Sid nous balance un excellent freestyle sur something about us de Daft Punk. C’est exactement à ce moment qu’il m’a conquise.

L’entrée de Nelick se fait donc dans une ambiance électrique déjà pleine de vibe positive.

 

Etant septique avant le concert en ayant du mal à imaginer comment rendre plus « tonic » les morceaux de la kiwibunnytape qui sont finalement pour la plupart assez chill. Je ne suis absolument pas déçue.

Une entrée sur Rang Rover avec une autotune plutôt bien gérée, malgré quelques beugs mais qui se font vite oublier.

Une grosse surprise fait son apparition (en fait ce ne fut pas vraiment une surprise car ces deux la sont toujours collés ensemble, il n’était juste pas annoncé sur l’évènement, mais bon, on ne nous la fait pas à nous)

Lord Esperanza débarque donc sur une version ultra lourde en basse (dans le bon sens) de « tout est noir ».

Une grosse surprise cependant, et pour cette fois, une vraie, la performance de Maria. Nous ne nous attendions pas du tout à entendre ce titre à ce concert mais ce fut fort plaisant et apportat une ambiance plus « légère », ce qui n’empêcha pas les pogos des plus téméraires.

Ocean 2077, sans surprise, le titre le plus connus de Nelick, très bien interprété, il n’y a rien à redire.

Lord Esperanza et Nelick forme un très bon duo qui se complète et se renvoie parfaitement la réplique.

C’est qu’on lâcherait presque une larme d’émotion dans un concert de rap quand Lord Esperanza fait une déclaration de bro-mance à Nelick.

Une bande de potes qui balancent leur concert devant leur autre bande de potes, c’est l’ambiance qui régnait ce Jeudi 1er Février à la boule noir.

Des artistes humbles, solidaires, plein de projets et de talent(s) dans la tête, voilà ce qui rend le succès de cette belle bande.