LOUD – Le québécois qui s’apprête à rouler sur Paris

Il est désormais possible de chercher mais surtout de trouver facilement le talent ailleurs. Les frontières tombent pour laisser percer des artistes d’outre mer pour notre plus grand plaisir car il y a toujours des découvertes incroyables à faire.

Ma découverte de l’année fut Loud, un rappeur québécois.

J’ai réellement eu le sentiment de dénicher une mine d’or, ce sont les oreilles grandes ouvertes que j’ai écouté sans relâche la musique de cet artiste à prendre au sérieux.

Loud affirme le mélange de culture franco-américaine avec lesquelles vivent les québécois. Il représente parfaitement ce mode de vie qui est pour nous (Français) inhabituel. Mixer l’anglais et le français dans la même phrase créé un flow unique, les deux langues étant très différentes en prononciations. Dans ses musiques elles paraissent faites pour être mélangées.

Il provoque d’ailleurs sur le fait que certains artistes n’assument justement pas le fait d’avoir cet accent et d’être au milieu de cultures s’opposants presque et décident de choisir au final entre l’une d’elles.

« Tu voulais percer en France hein ? Du coup t’as largué ton accent. T’as truqué ta voix comme T-Pain, Né Pour un petit pain, mort pour un croissant » (devenir immortel)

« Ils pensent tous que j’suis ’ricain quand j’leur parle de Où J’Vis »(56K)

Au contraire, lui en fait sa force et se créé un univers puissant, percutant, au premier abord étonnant mais très vite appréciable.

C’est avec cet accent très souvent pris à la rigolade que Loud s’impose très sérieusement dans le rap game toutes catégories confondues.

Actif depuis plus de 10ans dans ce monde vaste qui est celui de la musique rap / hip-hop, Loud a su se démarquer et créer sa place dans sa catégorie méconnue mais montante. Sa réputation s’est faite grâce à sa participation dans le groupe LoudLory Ajust.

C’est en écoutant ses sons que l’on comprend : sa réputation n’est plus a faire, il n’a plus rien à prouver. Derrière les paroles et son flow fluide se cache une maturité et une prise de recule sur la vie impressionnante.

Loud se connaît, il parle même presque au passé de sa carrière et y consacre notamment une chanson « devenir immortel avant de mourir ».

Il aborde des sujets tel que l’argent, le succès, la gloire, également l’influence du rap Français et de la France en général qu’il se prépare à conquérir avec sa musique.

Aujourd’hui, il se sent seul au monde dans son genre, il souffle la concurrence, s’envole au dessus en Boing.

Le son qui pour moi, a le plus gros degrés de qualité que cet artiste ai pu faire est le titre : « hell what a view ».

C’est un hymne touchant, posé, qui fait prendre de la hauteur et apporte à la réfection.

Pour le coup, on dirait presque un titre « d’au revoir ». Loud nous parle de sa carrière avec tant de recul comme si elle était over pour de bon et qu’il partait en exil loin du monde musical.

La répétition de « j’ai vu » et de « je connais » confirme ce sentiment d’observation, Loud est au dessus il ne se préoccupe plus de ce qu’il l’entoure.

Le mélange d’anglais et de français prend tout son sens dans cette chanson et paraît naturel à l’écoute. D’ailleurs son clip en noir et blanc très contrasté apporte d’autant plus cet air de nostalgie et de mystère.

Les prises de vue sont simples, dans le désert, devant des pyramides, dans une voiture mais très intenses et poignantes.

L’esthétique de ses clips est poussée, chaque musique impose un univers significatif. Il est parfois inutile de réaliser des gros clips aux effets spéciaux à la Star Wars, un bon cadrage, une bonne prestance et un bon rythme suffisent pour rendre un tout éloquent et invulnérable.

Le clip de 56K rappelle celui de Big Sean, Bounce Back, référence au ciel de couleur rose.

Clip de Big Sean – Bounce Back

Celui de devenir immortel avant de mourir est épatant et en parfait accord avec ce titre vibrant.

Les sonorités de ses morceaux me font parfois pensé à celle de Riles (56K, devenir immortel avant de mourir) assez Japonisant avec des beats lents mais puissants.

Le style de Loud est très influencé par le streetwear et à tout le style d’un rappeur moderne : Bombers Tommy Hilfiger, veste en jean, casquette à l’envers.

C’est dans le clip de « hell, what a view » qu’il aborde un style plus minimaliste, en total noir.

Les références de son arrivée en France sont nombreuses :

« On s’apprête à rouler sur Paris smellthat new cheese

On va prendre notre équipage réduit sur Air France»

« Paris c’est loin sauf en 747 »

«  Tu voulais percer en France hein ? du coup t’as largué ton accent »

On accueillera donc ce phénomène avec grand plaisir à la boule noir le 29 Janvier 2018.

 

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