DYGL, quand le Japon se la joue à l’anglaise

Les riffs de guitare, les mélodies, la voix, tout laisse à croire qu’un nouveau boys band chiné à Manchester est venu nous prouver que le rock à l’anglaise Made In 00’s (bien qu’inspiré des années 70/80) n’est pas mort.

Et non ! Ce sont bien de jeunes Japonais qui sont venus prendre la relève. Fini les groupes Kawaï douteux, ici on parle et on joue vrai rock britannique. Repérés grâce à un ami du guitariste des Strokes, Albert Hammond Jr, les quatre Tokyoïtes ont donc eu la chance de s’exporter afin de se perfectionner et créer un groupe de rock anglais qui tient réellement la route. Quelques démos auront suffi à Hammond Jr pour y voir quelque chose d’intéressant, et se dire que ces nouveaux petits poussins pourraient bien nous surprendre.

 

Albert Hammond Jr

 

L’album, « Say Goodbye To Memory Den », s’écoute bien dans la longueur. Les balades à la Libertines, Arctic Monkeys ou The Kooks qui commençaient à nous manquer nous sont ici déposées sur un plateau d’argent. Même la voix du chanteur, Nobuki Akiyama, semble sortir de la bouche d’un jeune Anglais sur la scène d’un Open Mic au Blues Kitchen.

 

 

À mon avis on peut surtout dire merci tonton Albert Hammond Jr pour cette poussée d’inspiration. Mais au moins ! C’est bien réalisé et ces jeunes Asiatiques ont parfaitement su s’approprier ce genre musical pourtant si loin de leur culture. Après comme l’a dit le guitariste des Strokes à NME, la prise en charge de ce groupe et la réalisation de cet album a nécessité beaucoup de travail, et les simulations live constantes étaient une obligation.

 

Malgré tout, Nobuki Akiyama et ses amis instrumentistes n’ont pas rechigné devant le travail, généreux de leur talent, qu’ils ont su mettre à profit de ce style de rock qui continue de traverser les décennies. Dans le single « Let It Sway » sorti en 2016, le chanteur écrit « certaines choses nous paraissent être une perte de temps au début, mais c’est important de s’y attacher. Vous ne pouvez pas vous reposer quand vous faites de la musique. Ne restez jamais inactif ! ». Les textes sont en général tournés vers des questions de vie, des questions sociétales, ou bien vers le groupe lui-même, tout simplement. Un groupe de rock quoi, on mélange un peu tout ce qui nous tracasse, de la macro, au micro.

En ce qui concerne leur style vestimentaire on mélange un peu tout aussi ! D’un côté on dirait qu’ils ont gardé leur côté Kawaï avec des pantalons de couleur, des dessins enfantins ou leur sac à dos. Puis d’un autre côté ils y allient quelques pièces street (casquettes, bombers) ou rock (chemise à carreaux, chemise de skater ou une veste en jean) qui leur donne tout bonnement une dégaine à l’anglaise. Un mélange de styles, de cultures et d’idées qui retranscrit au final particulièrement bien l’esprit Londonien. De vrais petits poissons dans l’eau ceux-là ! 

 

 

Au final dans cette histoire tout le monde est content. Albert Hammond Jr a trouvé de nouveaux poulains et de quoi s’occuper encore quelques années (en plus d’un possible futur album des Strokes en 2018 ?), les DYGL voient leur carrière et leur talent s’internationaliser et se fondre dans le moule des groupes les plus prisés d’une génération. Et nous ? On est tout simplement content d’avoir à nouveau un groupe de ce type à se mettre sous la dent ! Et avec un peu de chance, les Anglais, sous l’emprise de leur ego musical, seront peut-être poussés à rivaliser. Et là, on aura vraiment tout gagné.

Ils ont joué pour la première fois à Londres hier et avant-hier soir, nous verrons bien si les retours se font nombreux ou non. Personnellement j’attends surtout un concert dans les environs afin de pouvoir vous faire un petit compte rendu de ce groupe, atypique à première vue. Sachant que tonton Albert les a « coaché » pour être de vraies bêtes de scènes, je les attends au tournant !

Aussi, le pull d’un des membres, la pochette l’album, et l’affiche de l’évènement permettent de souligner le fait que le rouge est ici, encore mis à l’honneur. Alors que ma chère collègue Anna, analysait l’autre jour l’utilisation de la couleur rouge chez le groupe HMLTD, comme celle de « l’amour, la colère, la sensualité, la sexualité, le danger mais aussi l’interdiction ». Ici, on est quand même un peu plus tendre, et on pensera plus au côté amour, passion, chaleur, triomphe de la chose.

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À très vite !

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