DYGL, quand le Japon se la joue à l’anglaise

Les riffs de guitare, les mélodies, la voix, tout laisse à croire qu’un nouveau boys band chiné à Manchester est venu nous prouver que le rock à l’anglaise Made In 00’s (bien qu’inspiré des années 70/80) n’est pas mort.

Et non ! Ce sont bien de jeunes Japonais qui sont venus prendre la relève. Fini les groupes Kawaï douteux, ici on parle et on joue vrai rock britannique. Repérés grâce à un ami du guitariste des Strokes, Albert Hammond Jr, les quatre Tokyoïtes ont donc eu la chance de s’exporter afin de se perfectionner et créer un groupe de rock anglais qui tient réellement la route. Quelques démos auront suffi à Hammond Jr pour y voir quelque chose d’intéressant, et se dire que ces nouveaux petits poussins pourraient bien nous surprendre.

 

Albert Hammond Jr

 

L’album, « Say Goodbye To Memory Den », s’écoute bien dans la longueur. Les balades à la Libertines, Arctic Monkeys ou The Kooks qui commençaient à nous manquer nous sont ici déposées sur un plateau d’argent. Même la voix du chanteur, Nobuki Akiyama, semble sortir de la bouche d’un jeune Anglais sur la scène d’un Open Mic au Blues Kitchen.

 

 

À mon avis on peut surtout dire merci tonton Albert Hammond Jr pour cette poussée d’inspiration. Mais au moins ! C’est bien réalisé et ces jeunes Asiatiques ont parfaitement su s’approprier ce genre musical pourtant si loin de leur culture. Après comme l’a dit le guitariste des Strokes à NME, la prise en charge de ce groupe et la réalisation de cet album a nécessité beaucoup de travail, et les simulations live constantes étaient une obligation.

 

Malgré tout, Nobuki Akiyama et ses amis instrumentistes n’ont pas rechigné devant le travail, généreux de leur talent, qu’ils ont su mettre à profit de ce style de rock qui continue de traverser les décennies. Dans le single « Let It Sway » sorti en 2016, le chanteur écrit « certaines choses nous paraissent être une perte de temps au début, mais c’est important de s’y attacher. Vous ne pouvez pas vous reposer quand vous faites de la musique. Ne restez jamais inactif ! ». Les textes sont en général tournés vers des questions de vie, des questions sociétales, ou bien vers le groupe lui-même, tout simplement. Un groupe de rock quoi, on mélange un peu tout ce qui nous tracasse, de la macro, au micro.

En ce qui concerne leur style vestimentaire on mélange un peu tout aussi ! D’un côté on dirait qu’ils ont gardé leur côté Kawaï avec des pantalons de couleur, des dessins enfantins ou leur sac à dos. Puis d’un autre côté ils y allient quelques pièces street (casquettes, bombers) ou rock (chemise à carreaux, chemise de skater ou une veste en jean) qui leur donne tout bonnement une dégaine à l’anglaise. Un mélange de styles, de cultures et d’idées qui retranscrit au final particulièrement bien l’esprit Londonien. De vrais petits poissons dans l’eau ceux-là ! 

 

 

Au final dans cette histoire tout le monde est content. Albert Hammond Jr a trouvé de nouveaux poulains et de quoi s’occuper encore quelques années (en plus d’un possible futur album des Strokes en 2018 ?), les DYGL voient leur carrière et leur talent s’internationaliser et se fondre dans le moule des groupes les plus prisés d’une génération. Et nous ? On est tout simplement content d’avoir à nouveau un groupe de ce type à se mettre sous la dent ! Et avec un peu de chance, les Anglais, sous l’emprise de leur ego musical, seront peut-être poussés à rivaliser. Et là, on aura vraiment tout gagné.

Ils ont joué pour la première fois à Londres hier et avant-hier soir, nous verrons bien si les retours se font nombreux ou non. Personnellement j’attends surtout un concert dans les environs afin de pouvoir vous faire un petit compte rendu de ce groupe, atypique à première vue. Sachant que tonton Albert les a « coaché » pour être de vraies bêtes de scènes, je les attends au tournant !

Aussi, le pull d’un des membres, la pochette l’album, et l’affiche de l’évènement permettent de souligner le fait que le rouge est ici, encore mis à l’honneur. Alors que ma chère collègue Anna, analysait l’autre jour l’utilisation de la couleur rouge chez le groupe HMLTD, comme celle de « l’amour, la colère, la sensualité, la sexualité, le danger mais aussi l’interdiction ». Ici, on est quand même un peu plus tendre, et on pensera plus au côté amour, passion, chaleur, triomphe de la chose.

Leur compte Facebook

Leur site internet

À très vite !

MOUNT KIMBIE – concert du 25 Novembre au Trianon

Le 25 Novembre 2017, nous nous sommes dirigées, Cléo et moi vers le Trianon, salle de concert que nous ne connaissions pas, ni l’une, ni l’autre, pour le tant attendu  concert de Mount Kimbie.

Le temps d’acheter la première bière nous découvrons cette salle très accueillante et confortable par sa taille adéquate pour un concert de cet acabit.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, qui est ici le duo Londonien de Mount Kimbie, nous avons décidé de vous parler de la première partie ;

Jam City.

C’est à 20h donc que commence la première partie du concert, la salle se remplie pendant que Jam city démarre sa performance.

Il nous est alors difficile d’accrocher à cette mise en bouche… En effet, ce jeune Anglais nous communique une sorte de « dream pop », aussi appelée « UK basses ».

Jam City mix des sons électroniques à l’aide d’un laptop, à la guitare mais aussi au chant.

Nous avons trouvé l’utilisation de sa voix assez mal gérée, difficilement associée à son instrumentale ce qui rendait le tout assez « brouillon ».

Comme l’a si bien dit Cléo en sortant du concert (et je suis d’accord avec elle) : « Les Anglais ont déjà tellement tentés de choses différentes musicalement parlant qu’il est très difficile aujourd’hui de se démarquer, et faire un mélange de tous les styles ne suffit pas ».

Cependant, la performance reste, je tiens à le souligner, impressionnante, de plus l’artiste à su entretenir son style depuis 2010.

Bien sûr, l’appréciation de la musique étant tout à fait subjective je vous laisse tout de même le compte Souncloud de Jam city ici bas pour vous laisser vous faire votre propre avis sur cet artiste, et pourquoi pas nous convaincre avec vos arguments par la suite.

Apres cette petite déception Mount Kimbie arrive enfin !

Crédits Photo: Farah Sosa

Avant de nous enfoncer dans la description passionnée de ce concert incroyable (teaser), voici une petite introduction au groupe :

Mount Kimbie est un groupe de musique électronique composé de Dominic Maker et Kai Campos, deux Anglais.

Leur musique est animée par un mix de sons enregistrés dans la vie quotidienne, de guitare et de chant. Leur musique se vaut rêveuse, planante mais tout de même énergique et entrainante. Personnellement elle me rend assez nostalgique, de quoi ? Je ne sais pas exactement mais c’est une sensation fortement agréable.

L’ambiance de la salle est euphorique, le groupe arrive accompagné d’un jeu de lumières chaudes (du rouge, du violet et du bleu). La scène est assez impressionnante car n’étant que 2 (lors du concert 3), de nombreux instruments sont présents sur la scène (guitares, laptop, synthé).

Ce qui est intéressant de noter avec ce duo est le fait qu’il compose le même morceau séparément pour ensuite, le mettre en commun et créer leurs titres. Cela rend leur rapport à la scène d’autant plus intéressante car ils se complètent parfaitement et n’hésitent pas à aller s’ajouter sur l’instrument de son partenaire. Créant donc une belle harmonie dans leur musique et un belle complicité sur scène.

Le concert commence assez calmement, ils ont choisis de nous faire bouger un peu plus à chaque note. Les morceaux choisis du début sont assez slow, c’est au fur à mesure qu’ils montent en puissance pour nous balancer sans prévenir, et pour mon plus grand bonheur, leurs anciens morceaux de 2010, notamment l’excellent « Before I move off ». Qui est à l’origine un morceau assez « chill » qu’ils ont rendu en le performant, beaucoup plus éléctro, plus actif, notamment en y ranjoutant des basses puissantes.

D’ailleurs (petite parenthèse), avec Cléo nous avons un coup de cœur pour cette salle et son sol si particulier qui bouge au rythme des basses, ce qui nous entraine dans une sorte de vague musicale, ma foi, très très agréable (fin de la petite parenthèse sur notre grande découverte).

Pour leur grand retour avec ce nouvel album, Mount Kimbie l’a joué fine : ils ont très bien su rendre cohérents l’alternance entre leurs anciens morceaux et leurs nouveaux. Leur style n’a pas changé depuis 2010, le tout est harmonieux et très maitrisé.

Nous continuons donc notre concert, pleines d’énergie et là…c’est le coup de théâtre.

Sans prévenir, venu de nul part, un homme très grand et très fin, rentre sur scène avec une coupe de cheveux gigantesque. Bon, me direz vous, c’est juste un guitariste lambda ayant de gros problèmes capillaire qui débarque, mais tout de même c’est assez étrange. Il se met alors à jouer de la guitare et je remarque un spectateur devant moi complément affolé qui sautille absolument partout, fou de joie. Je ne comprend pas, je demande alors à Cléo « Mais c’est qui ce type ? », Cléo ne sait pas, à vrai dire elle ne l’avait même pas aperçue.

C’est alors qu’il s’approche du public, arrache sa perruque, la foule s’affole, on hurle, on applaudie : King Krule est là.

King Krule, ce chanteur à la voix et au style musical si soul, celui que j’attends de voir en concert depuis tant d’années s’incruste sans prévenir au concert de Mount Kimbie.

Son intervention est parfaite, il interprète ses deux titres en collaboration avec Mount Kimbie : You took your time (datant de 2010) et Blue Train (datant du dernier album).

 

Quand King Krule chante, il nous jette un sort, c’est impressionnant, sa prestance est telle qu’on ne peut que le fixer. Ses morceaux ne sont pas les plus tonics des albums, et pourtant la foule est surexcitée.

Ce fut donc une surprise très agréable, d’autant plus qu’on ne si attendait absolument pas, j’ai d’ailleurs dit à Cléo juste avant le concert : « imagine il y a King Krule qui vient ahah » et oui…

C’est alors pour nous achever de plaisir que Mount Kimbie nous quitte sur le merveilleux titre de « Made to stay » (le préféré de Cléo).

Dans la salle c’est l’apothéose, l’ambiance est à son maximum, le concert était vif et entrainant.

Mount Kimbie nous a surpris, nous a séduit.

A bientôt pour un nouveau débrief de concert sur Beat Style Makers,

Nos live sont disponibles sur notre page Facebook si vous souhaitez vivre et partager notre euphorie des concerts.

Jazz Fusion (Partie 1) : Hip-hop

Ah le Jazz, ou plutôt le « jââzze » si on veut vraiment s’enterrer dans l’élitisme de ce mouvement musical pourtant si divers, est en fait un style apte à réjouir beaucoup plus d’oreilles qu’on ne le pense !

Après que ce style ait fait danser l’ensemble des Afro-américains d’Amérique du Nord au début du 20ème siècle, des « petits » visionnaires de l’époque auront vite compris que l’on pouvait peut-être ouvrir ce style musical à bien d’autres genres.

Miles Davis

Et c’est notre bon vieux Miles Davis qui nous ouvrira la porte du Jazz Fusion : le jazz incorporé dans un autre style musical. En 1964 il nous offrira une lourde collaboration (avec Wayne Shorter, Ron Carter, Herbie Hancock et Tony Williams) qui sera déjà tournée vers des influences rock. Les instruments électriques rock et le rythme & blues sont alors déjà approchés. 

Miles Davis… Combien de fois devrions-nous le remercier, sans rire, il aura su pousser ce style bien plus loin que ses collègues n’auraient osé le faire… Mais où en serions-nous alors aujourd’hui ?!  Le garçon était tellement ouvert que son penchant pour les expérimentations rock – guitare de Jimi Hendrix l’aura poussé à prendre rendez-vous avec ce dernier pour réfléchir à une possible collaboration… Dommage, Jimi mourra la veille de la rencontre. 

Je ne vais ni vous refaire la biographie, ni la discographie des plus grands Jazz men ayant aidé à l’envolée du Jazz, car ici on va surtout pointer du doigt le Hip-Hop. Depuis les années 90, ce style musical nous aura plus que jamais prouvé que l’alliance de ces deux genres était presque… inévitable !

Liberté, esprit rebelle et compréhension de l’autre, telles sont les connotations qui rapprochent durement le Jazz et le rap / Hip hop. Rien qu’avec leurs valeurs communes on avait déjà matière à faire. Et on dira merci aux samples (petit extrait instrumental d’un autre morceau incorporé dans le morceau en question) qui ouvriront la voie à de nouvelles possibilités.

Block Party

Après les Block Parties (soirées de quartier) de Dj Kool Herc en 1970 qui auront fait danser tout le voisinage pendant des années grâce à ses deux platines, les groupes de rap continuent de se multiplier et les tentatives d’originalité fusent dans tous les sens.

Block Party
Grand Wizard Theodore

Et pourtant ! C’est par pure inadvertance que Grand Wizard Theodore découvrira ce qu’on appelle le Scratch.

Un doigt touchera malencontreusement un disque en pleine lecture, et un tout nouveau style verra le jour. Les années passent, le scratch se voit pousser des ailes et les samples old school recouvrent la scène Hip-hop.

Du coup, le Jazz Fusion avec le Hip-hop, merci qui ?

Et bien merci au duo originaire de Boston, Gangstarr ! Il remaniera les codes et aura l’intelligence de démocratiser le Jazz à travers l’album « No More Mr Nice Guy » en 1989. La puissance de la voix de Guru et la profondeur du Jazz se mêlent alors, à la perfection. Plus de doute, il était temps pour certains autres d’en faire de même. Nous sommes en 2017, et je vous rassure, l’engouement du Hip-hop pour le Jazz n’a pas changé.

Gnag Starr

À qui on dit encore merci

La décennie qui suivra l’album de Gangstarr sera des plus fructueuses. A Tribe Called Quest sortira le presque légendaire « The Low End Theory » en 1991, qui sera certifié disque de platine et qui ancrera leur talent à tout jamais.

En 1993, Guru sort son deuxième album et premier de ses 4 volumes Jazzmatazz. On y entend Mc Solaar déposer ses impressionnantes tirades, et je ne doute pas du fait que sa dextérité à déblatérer ses pensées plus vite que son ombre a dû boucler le bec à plus d’un Nord-américain. Dans le deuxième volume même Jamiroquai sera de la partie pour réunir Hip Hop, et Jazz.

Common et « Resurrection » reconnu comme un des « meilleurs 100 albums de rap », The Roots avec « Do You Want More?!!!??! » en 1995 reconnu par les critiques comme un classique du Jazz Rap, etc… Nos piliers du Hip-hop ne s’arrêtent plus.

 

En France, c’est le groupe Hocus Pocus, présents sur la scène musicale depuis 1995 et à moitié membres de C2C, qui a toujours su jouer des deux styles. Tandis que les Dj posent des instrumentales soignées, 20syl, le rappeur, déroule ses textes tout aussi qualitatifs que la production réalisée autour. En 2002 le groupe nous prouve que le Jazz a largement sa place au sein des lignes de rap avec l’EP « Acoustic HipHop Quintet », édité grâce à leur victoire au concours MCM Session la même année.

Les cuivres

 

Non Prophets – Hope

Entre 2003 le duo américain Non Prophet revisite la trompette à sa manière dans le titre « The Cure ». De base bizarrement assez sombre et avec une cadence un peu spéciale, le génie du cuivre arrive à rendre ce morceau hypnotique et addictif. Si vous préférez malgré tout le son de la guitare classique, je vous conseille d’écouter « Tolerance Level » du même album.

Cunninlynguists.

Je préfère vous laisser le temps de bien prononcer ce nom car ce serait sympa pour vous de le retenir si vous ne les connaissez pas encore, et que vous êtes des amateurs de Hip-hop. En 2006, ce trio (toujours) américain nous produit cette perle qu’est « A Piece Of Strange », le genre d’album qu’on écoute du début, jusqu’à la fin. Je considère vraiment cette album (et même tous les autres) comme une oeuvre à part entière. La musique en tous genres est mise à l’honneur et les instruments changent constamment, les univers et les atmosphères sont juste incroyables. Revenons à nos moutons, je m’emporte. Dans l’album « A Piece Of Strange », le morceau « Beautiful Girl » fait péter les cuivres et s’inscrit comme un des morceaux les plus iconiques de l’album. Le morceau suivant est un interlude qui, en plus, sample cette fois Hip-hop, Jazz… et Rock ! Je me suffirai de ça pour vous glisser une dernière fois l’idée d’écouter toute leur discographie, oui, vraiment tout.

 Et maintenant ?

Après que le groupe français Jazz Liberatorz ait enflammé une première fois le Jazz Fusion avec son album « What’s Real » sorti en 2003 , « Clin d’Oeil » (2008) et « Fruit Of The Past » (2009) prouvent définitivement que les Jazz Liberatorz font bien partie des rois de ce mélange de genres. Ayant littéralement « saigné » ces deux derniers albums je donne une fois de plus mon approbation quant à l’écoute complète de leur discographie ! Ça coule tout seul, à fond comme en fond et c’est bien souvent apprécié.

 

Wax Tailor

 

Télérama a aussi soulevé le mouvement Jazz Fusion avec Wax Tailor en 2011 suite au Festival de Montréal.

 

 

Dans l’enregistrement, ce producteur de musique en herbe soulève l’ouverture de certains festivals de Jazz à d’autres styles de musique, et souhaitait profondément qu’à l’inverse, les festivals de rock ou autres, s’ouvrent eux aussi au Jazz. Personnellement, depuis 2013 je ne trouve toujours pas le Jazz très présent sur les scènes de festivals.. On croise toujours les doigts pour que certains artistes décident de s’ouvrir, eux d’abord, à ce style musical encore trop éloigné des préférences générales. Cependant, les affiches de festivals de Jazz se multiplient et montrent qu’en retour, ce genre continue lui de s’ouvrir.

 

Rejjie Snow

Heureusement on peut encore compter sur quelques artistes pour nous faire profiter de ce fameux mélange. Rejjie Snow, rappeur Dublinois, continue encore aujourd’hui, et ce depuis 2011, d’insérer des codes Jazz à ses morceaux. Ses deux premiers albums « Fish & Chips » et « Rejovich »  (top Itunes Hip-hop devant Kanye West et J. Cole en 2013) utilisent à chaque track aussi bien les cuivres que les claviers. Et encore aujourd’hui, son morceau « D.R.U.G.S », bien que plus dans l’air du Hip-hop actuel, continue de reprendre quelques combinaisons de piano Jazz.

2017, retour aux choses sérieuses puisque très actuelles. En février est sorti un coffret, « Blue Break Beats », regroupant l’ensemble des morceaux Jazz ayant inspiré le Hip-hop. Preuve que nos rappeurs français, comme internationaux, n’ont pas chômé depuis le temps !

Mais la vraie bonne nouvelle, c’est que nous avons notre leader du Jazz / Hip-hop pour définitivement réussir à soulever cette mixité : Robert Glasper.

Producteur, rappeur et surtout pianiste Jazz, il met à profit sa culture et sait se montrer très généreux quand il s’agit d’expliquer, et de démontrer les ressemblances entre le Jazz et le Hip Hop. Il disait déjà en 2011 « Make Jazz Cool Again ». Du coup, la chaine Youtube « Jazz Night In America » nous a offerts il y a 7 mois de ça, une vidéo de 3 minutes, présentée par Robert Glasper en personne, nous expliquant de manière hyper ludique les comparaisons entre plusieurs morceaux Jazz, et Hip-hop. Le titre ? « Jazz Is Mother Of Hip-hop ».

Allez, bonne écoute !

HMLTD – Un rock Sauvage, un style underground British

Tout droit sorti d’un sexshop complètement barré de Camden à Londres (je pense bien avoir introduit le sujet), HMLTD est le groupe dont je vais parler aujourd’hui, et c’est clairement l’un de mes coups de cœur de ces dernières années.

Ayant un faible pour le coté British de la musique des années 70, je ne pouvais que tomber amoureuse des HMLTD.

Des British, aux influences Punk, des accessoires en latex, du gros (mais bon) son, du rock bien « vénère », tous ces termes ne suffiraient pas à les décrire.

Sous leur nom qui ne veut désormais rien dire (anciennement Happy Meal Ltd) leur musique, elle: en dit long.

Les références de la musique punk des années 70 sont flagrantes : T.rex, The Residents (notamment au niveau des clips très arty). Ajoutez à cela du Bowie et des sonorités Westerne (to the door).

Des gros sons de guitares de batterie, tout pour nous faire danser sur une musique rock & roll que je qualifierai d’avant-garde. Ils ajoutent au rock des sonorités mystiques et sombres, mais aussi une ambiance de rave aux basses ultra énervées comme à partir de 2 :18 dans le morceau Stained (traduction: coloré).

Le chanteur pose sa voix grave ressemblant parfois à celle de Jim Morrison (chanteur du groupe the Doors  : mon grand idole).

Ce que j’aime dans leur musique c’est leur façon de couper leurs morceaux en parties distinctes. Ils les coupent  de façon à créer plusieurs ambiances. Pour moi, les morceaux sont à leur image : une sorte de bordel assez sale, qui finalement… créée un ensemble entrainant, un peu pornochic, une ambiance « club after party Londonien ».

Ils ont réussi à créer une réelle identité novatrice tout en utilisant des codes Anglais (refaits encore et encore par certains groupes qui finalement se sont perdus dans un univers assez fermé).

Les clips méritent le coup d’œil et même de s’y attarder. En lien avec leur musique, ils sont salement maitrisés.

Des lumières à vous rendre épileptique, des univers propres

à chaque chansons, sombres mais qui en même temps n’en sont pas

pour autant cafardeux. Au contraire ils donnent plutôt la pêche pour aller danser dans les salles les plus sombres vers 4h du matin en compagnie d’une communauté branchée sur un style catégorisé d’étrange.

 

Selon moi, chacun de leur clip est une performance artistique, crasseuse chic (si ce terme existe) et surtout en total osmose avec leur musique.

En parlant de cohérence, leur style convient parfaitement à ce nouveau penchant, cette nouvelle patte.

Encore une fois, les influences British rock sont omniprésentes comme les tissus écossais, pantalons en vinyle rouge que Bowie aurait pu porter, que de références.

Une couleur est très représentée dans leur choix vestimentaire : le rouge. Ce qui coule de source quand on sait que la signification du rouge renvoie à l’amour, la colère, la sensualité, la sexualité, le danger mais aussi l’interdiction. Un ensemble de mot qui correspond précisément à HMLTD et à ce qu’ils reflètent et aux thèmes abordés dans leurs chansons.

Ils associent des vêtements qui, selon les codes, n’ont pas lieu d’être associés, mais ils leurs créent un nouveau sens et une nouvelle cohérence.

 

Un créateur Anglais  illustre parfaitement leur univers : Charles Jeffrey. Les couleurs, les formes, les matières, la mise en scène, tout, absolument tout correspond aux HMLTD. C’est surement pour cela qu’il a auparavant utilisé leur musique pour sa collection « Lover Boy ».

 

 

Je vous laisse découvrir ce cosmos étrange par ces quelques photos :

Fashion week Homme – Londres – 8 Janvier 2016. © Chris Yates

 

HMLTD nous entraine dans leur dynamisme et dans leur monde sauvage qui au premier abord peut faire peur mais qui finalement finit par nous plaire.

Alors s’il vous plait, allez vous plonger dans leur univers, ne vous attardez pas sur votre première impression qui sera : « C’est quoi ce truc ? ». Leur approche au rock et à la mode est innovante, neuve, mais surtout, sauvage.

Yellow Days, l’Anglais de 17 ans prêt à prendre la relève des plus grands

17 ans, c’est le temps qu’il aura fallu à George Van Den Broek pour se construire, vivre (assez il faut croire) et pouvoir en conséquence nous offrir aujourd’hui un album plus qu’honorable. On avait déjà pu goûter à sa voix en 2016 avec un premier et plus petit album. Inutile de préciser que sa performance n’était déjà plus remise en question depuis un bon bout de temps. C’est avec bon nombre de singles attenants aux albums qu’il promeut ces derniers. Repéré par Good Years (Banks, Francis and The Lights), les gérants du label le laisse exploiter son talent à sa manière, et l’inverse aurait été dommage.

 

        

 

C’est plutôt marrant, on dirait que King Krule s’est glissé dans le larynx de Yellow Days pour jouer de la harpe avec ses cordes vocales, tandis que Mac Demarco tient les manettes de son cerveau quand il s’agit d’instrumentaliser le tout. Vous me direz c’est plutôt sympathique comme mix. Je ne dis pas que son boulot est un travail remâché des deux maîtres que j’ai cités plus haut, au contraire je trouve qu’il a vraiment sa patte et qu’il peut apporter beaucoup à la scène musicale actuelle. Et si vous voulez mon avis il est plutôt bien parti, le label bombarde sa page d’accueil d’articles et morceaux le concernant. On sent qu’ils ont compris quel rôle il pouvait jouer aujourd’hui. Hors thème de ce qu’on entend souvent aujourd’hui, il pose ses textes de lover ou d’adolescent bavard sur des instrumentations parfois psychédéliques, mélancoliques, rock ou encore…jazz (et on se demande encore pourquoi il a fait un featuring avec Rejjie Snow qui lui-même a réalisé un album presque dédié au « jazz sorti de son contexte »). Rendez-vous donc track numéro 3 pour vibrer sur la mélodie d’une trompette subtile et certainement pas rebutante pour les moins amateurs. Une fois n’est pas coutume, je vous conseille sincèrement d’écouter l’album dans le sens que vous souhaitez, tout est à prendre !

 

   

 

« I Believe in love », « Lost In A World With You » (instru made in Twin Peaks), «It hurts because I need you so bad » ou encore « I’ll always wait with you »… si vous me dites que ce n’est pas un énervé mignon ça, que de petites fleurs dans son petit coeur. Si cet artiste précoce arrive déjà à nous donner la chair de poule avec le vécu qu’il a dans le fond de sa voix, je n’ose même pas imaginer ce que ce sera dans 10 ans. Une nouvelle idole peut-être, je l’espère. Soyez sûrs que je serai la première à venir trépigner devant ses performances si nous avons la chance de l’accueillir en France.

Si je devais inventer un terme pour le définir ce serait probablement « sweet trash ». Il nous crie un peu dans les oreilles tout en nous caressant à l’aide de mélodies chaudes, rock et sensuelles. Un peu comme sa dégaine en fait. Un petit blondinet qui s’assume durement streetwear voire même sportwear. Quasiment que du blanc pour ce qui est des hauts : un gros sweat, une veste moulante à zip, un simple t-shirt ou même une chemise pour de vieux shootings. Pour son live chez Colors, ces derniers auront eu droit, eux, au fameux combo chemise – sous pull des skaters. À côté de ce petit penchant, il sait aussi nous réserver quelques surprises sur son compte Instagram avec des salopettes, doudounes, pantalons à carreaux ou petites écharpes (mes demoiselles).

 

Sneakers, casquettes, les accessoires phares sont là. Plus que la banane et on était au complet. Cigarette au bec, ses postures et ses attitudes renvoient l’idée espérée par l’auteur d’un adolescent rebelle et objectif sur le monde qui l’entoure.

Jusque dans ses pochettes l’ambiance est spéciale, son nom est écrit en digital / saccadé, et lui, visage caché ou non, toujours orné de détails psychédéliques.

Comme il dit dans That Easy (track 2), « I don’t give up that easy ». Je sens que nous ne sommes pas prêts de l’oublier celui-là.

Moi, je dis monsieur.

MALCA – Un mélange de cultures marquant

31 Octobre 2017, férue de découverte de nouveaux artistes, je me dirigeais avec mon acolyte de choc Emilie, vers la salle du Pan Piper dans le quartier de Ménilmontant pour le festival « pitchfork avant-garde »

C’est vers 21h que nous nous sommes dirigées vers la salle, toutes de joie, de fête et d’alcool vêtues.

Dans le viseur, nous avions le groupe de Super Palka, Malca, et Youman (duo de DJ qui nous a convaincu à prendre nos places car ils avaient enflammé Solidays au mois de Juin 2017).

Donc, nous rentrons dans la salle et là…Forcément avec notre taux d’alcoolémie, minime, mais suffisant, nous avons poussé les portes de la salles en dansant, mais pas de musique dans la salle… En plus, une moyenne d’âge de 30 ans… Du haut de nos 20 ans on ne s’est pas forcement senties des plus à l’aise.

Et bien figurez-vous que dès que les concerts ont commencé, la petite salle s’est soulevée pour laisser place à une ambiance conviviale, pleine de bonne humeur et de groove.

C’est donc ce soir là, après ce début de soirée douteux, que j’ai découvert un artiste nommé Malca, qui a tout pour en devenir un grand.

Sa musique éléctro-pop nous transporte dans son univers romantique/funk.

Dans sa musique, nous retrouvons des influences de son pays d’origine, le Maroc.

Fièr de ses origines il mélange des sonorités tout droit sorties des musiques Chaâbi traditionnelles à des sons électroniques nouveaux. Ce mix créé un genre musical très moderne s’inspirant de son mélange  de cultures : occidentale et orientale (né au Maroc, arrive à Paris à 18 ans)

Des sons de guitares saturés très pop à la Daft Punk, mélangés à de l’électronique à la M83 : voilà de quoi est composée sa musique. Ce mélange d’inspirations très bien représenté par la musique She gets too hight datant de Mars 2015 (mon morceau préféré).

Sa musique est remplie de peps et de pop. Elle est illustrée par des clips travaillés esthétiquement réalisés par l’agence TBAM.

Ses clips et ses sons ont des influences de Vaporwave, mouvement artistique et musicale datant des années 2010. Le Vaporwave est un mélange de culture vintage du faux mauvais goût des années 80 et de futurisme poussé à l’extrême dans les couleurs très vibrantes. Malca s’inspire des sonorités communes aux musiques des années 80 jazzy, et électro.

gamme de couleurs VAPORWAVE

 

Le Vaporwave se ressent dans ses chansons par l’effet planant, « vaporeux » qu’elles procurent.

Visuellement, Malca reprend les codes de ce mouvement dans ses clips en utilisant le même code de couleur mais aussi en jouant sur les inspirations virtuelles et cyber-connectées de ce mouvement.

Le clip de « Ya Layli » sortie en Juin 2016 est un clip puissant, psychédélique.

 

C’est entre des gros flashs de monogrammes Vuitton, inscriptions en arabe et graphismes ultra futuristes, que Malca performe sa chanson habillé par des pièces signées Yassine Morabite (de la marque : ZAZLOUZ).

 

Dans son clip « She gets too high » Malca met l’accent sur la beauté naturelle des femmes Marocaines. Ce clip aux allures vintage (dûe à une image de pauvre qualité) apparaît comme des tapes volées à un caméscope d’amateur. Rajoutez à cela des « glitchs », qui sont comme des bugs numériques, et deux palmiers numérisés tout droit sortis de Movie Maker, et cela vous donne un clip totalement funky qui rappelle un vieux montage vidéo de vos vacances avec vos amis, tout plein d’innocence et de bonne humeur.

Enfin, le clip de son dernier morceau, Casablanca Jungle, en hommage à ses origines, dédicacé aux jeunes de Casablanca, me fait énormément penser au clip de the Blaze, Territory (qui est, pour moi, le meilleur clip que j’ai pu voir cette année).

Sur le rythme du montage, sur la musique, l’angle de vue des plans de la ville, la convivialité, la jeunesse insousciante qui fait la fête. Une ambiance nostalgique et planante lie les deux clips.

« Casablanca Jungle est le cri d’espoir d’une génération qui arrache sa liberté dans une jungle urbaine où les quartiers « californiens » côtoient les bidonvilles. On a fait ce clip avec tout ce qu’on avait de sincérité et d’honnêteté, maintenant c’est à vous »

Ce que j’aime chez cet artiste c’est son style unique, se mélange de ses deux cultures est très moderne. Il utilise ses origines marocaines avec fierté et y ajoute des codes musicaux et vestimentaires propres à la culture occidentale.

Le mixe entre les univers crée un style harmonieux.

Vestimentairement parlant, Malca utilise à merveille se mélange de culture.

Il est notamment habillé par la marque au concept intéressant : Cobra Mousse.

Cobra Mousse est une marque de pantalons réversibles, un coté étant un tissu africain (le wax, tissu en coton orné de motifs) et de l’autre, un tissu uni.

Cobra Mousse allie parfaitement le sportswear et le tissu en wax, cela crée un style contemporain inspiré de culture aux codes visuels différents.

« Le porteur de ces vêtements se fait le garant d’une histoire. Cette marque ne conçoit pas les gens comme des simples consommateurs mais comme des acteurs pensants. Ces pantalons deviennent des outils de réflexion. Ils contribuent à s’interroger sur la rencontre entre les cultures, sur le partage des valeurs et des symboles qui constituent notre histoire commune. »

La philosophie de cette marque correspond parfaitement à celle de la musique de Malca, un mélange de genre, de culture, qui crée un style unique et inspirant.

Des petites casquettes Gucci, des Nike requin et des monogrammes Vuitton rose tout droit sortis de la veste d’un vendeur à la sauvette sont tout de même des codes très souvent utilisé dans les clips de Malca. Ce qui soulève de plus en plus cette question en moi de savoir si la contrefaçon est finalement devenue hype ?

Par son style et sa musique, Malca souhaite nous faire découvrir les deux cultures avec lesquelles il vit au quotidien. Il nous introduit cet univers nouveau, et nous prouve qu’un mix d’héritages culturels différents peut créer une union magnifique et novatrice.

C’est donc, une belle invitation aux mélanges…

L’EP Casablanca Jungle sort le 17 novembre, et je vous conseille de retrouver Malca en concert le 14 Décembre au Point Ephemere de Paris car c’est une très belle performance !

Mvngo & Lashes, espoir méconnu de l’Est Londonien

Deux jeunes âmes londoniennes sont prêtes à soulever la scène du r&b / hip hop / soul féminin. Encore très peu connues du grand public, il vous est seulement possible de découvrir leur tout dernier Ep « Disorientated » ainsi que leurs morceaux postés sur Soundcloud. Mais pas d’inquiétude ! Cela vous suffira à vous tenir en haleine le temps que ces deux petites prodiges décident de la réalisation d’un album. À vrai dire, les deux artistes déclarent elles-même espérer plusieurs collaborations à travers le monde. Il ne serait donc pas surprenant de les voir aux côtés des plus grands d’ici un ou deux ans. Restez vigilants ! Je leur donne une marge assez large car, comme expliqué un peu plus haut, la notoriété de ce duo n’est que grandissante, et Dieu sait que la concurrence se veut forte en terre Londonienne.

Le projet est né entre les murs d’une université de l’Est londonien. Toutes deux musiciennes depuis leur plus jeune âge, elles ont su se compléter de par leurs vécus musicaux et personnels. L’une chante, l’autre fait du rap. Enfin bon, ce ne sont que les « règles » de base car leur dextérité à jouer de leurs performances lyriques leur permet d’échanger les rôles quand bon leur semble. C’est par des veillées incessantes post université qu’elle réussiront à créer leur propre identité. Leur philosophie commune leur permettra aussi d’avancer dans la même direction au fil des années. Leur message est clair : elles deux croient en une musique qui éduque et apporte des choses aux gens, et à celle qui plonge ces derniers dans une atmosphère bien précise. Faisant en somme ressurgir les diverses émotions d’une vie. Leur envie d’être au plus proche de leur public, de leur parler comme autour d’une table et qu’ils les écoutent, qu’ils les comprennent. Voilà ce qui fait vivre leur passion.

Aussi douées que stylées, elles ne cessent de nous surprendre et ce, pour notre plus grand plaisir. En plus de nous apporter un message constructif, elle savent donner de vrai leçons de style. Comme pour leur voix, elle savent jongler entre deux tendances, pourtant très distinctes : le streetwear et la mode des années 80. D’une photo à une autre sur leur compte Instagram, nous découvrons ces petites accros du shopping. Tout comme les épaules larges ou les matières « bling bling » qui revoient le jour sur les podiums des plus grands créateurs, Mvngo & Lashes ont décidé de ressortir leurs pièces en velours, broderies ou bien leurs pantalons pattes d’eph. Beaucoup de références à ces années de folie restées influentes dans le monde de la mode. Mvngo, en plus de porter du velours, a opté pour le rose, qui est de manière sans appel, très largement dans la tendance. D’un point de vue sociétal cela renverrait à l’idée que c’est une couleur réconfortante par rapport aux horreurs du monde dans lequel nous vivons. À contrario, l’inspiration des deux jeunes femmes pour les années 90 est indéniable. Sweat à capuche, jean déchiré, sneakers ou Timberland aux pieds, tout y est ! Pantalon effiloché et taille haute, chaussettes transparentes en cohérence avec les chaussures de madame, que de petits détails pour satisfaire les modeuses. On soulignera tout de même le petit legging court de Lashes, qui me fait surtout penser à une tenue de répétition bien confortable comme on les aime. Vous me direz, si vous voulez qu’on tire un peu les choses par les cheveux, il suffit de rappeler que le legging est né durant les années 80. Mais bon, là, je n’y crois pas trop !

L’Ep « Disorientated » est finalement à l’image de ces deux chanteuses en devenir : pétillant, dans l’air du temps, mais surtout convaincant ! Pas dans le sens où les morceaux seraient parfaits, mais c’est surtout qu’on y croit ! J’attends patiemment qu’elles nous dévoilent quelques collaborations qui les aideront sûrement à peaufiner leurs productions. L’envie, les idées et le talent sont là, plus qu’à se faire soutenir par de bons musiciens afin d’avoir absolument toute les cordes à leur arc. Leur compte Soundcloud affiche clairement que le morceau « Mood Swings » est le plus apprécié. Vous m’excuserez, mais pour ma part c’est l’inverse. Je me contenterai donc de souligner ce bon hip hop actuel, cependant un peu remâché. Trust Issues est au contraire, pour ma part, bien plus intéressant avec un sample et un rap beaucoup plus chaud et puissant (aillant personnellement un goût prononcé pour le hip hop old school, ce n’est pas très étonnant vous me direz). Enfin, le troisième et dernier morceau intitulé « I Wish » sonne tel l’hymne du duo. Des textes et des mélodies péchus. Elles nous « balancent » sévèrement leur envie de réussir en pleine figure ! Tout ce que j’espère c’est qu’on verra leurs noms sur les magazines dans quelques années, ou mois ! Qui sait.

Esthétiquement, le duo a parfaitement retranscrit ses convictions. Et oui ! Petit détail vous aillant sûrement échappé, mais la fleur de Lys présente sur leur pochette d’Ep n’est probablement pas là par hasard. Signifiant l’insolence et la richesse des sentiments passionnés, cela prend tout son sens ! Jusqu’à leur pochette, les jeunes femmes clament haut et fort leur envie d’exceller et de partager leurs idées avec les gens. Et on leur souhaite toute la réussite qu’elles espèrent.

YUNG LEAN – La nouvelle vibe Suédoise

Depuis quelques années nous assistons à un nouveau genre de musique, assumé, différent….nordique.

En effet, les Suédois et Norvégiens sortent de leur froid polaire pour nous apporter de la chaleur avec un style de musique décalé, planant.

Un artiste a su se démarquer et se créer une réelle notoriété. Malgré son jeune âge, 21 ans, de part son univers émo moderne, son flow nonchalant et ses paroles nostalgiques.

Yung Lean est un jeune rappeur et producteur Suédois du label au « délire » dépressif, les Sad boys entertainment.

Il a très vite su percer grâce au nouveau genre de Rap qu’il propose et qu’il ne cesse d’améliorer et d’affirmer. Et cela à travers ses 43 singles disponibles sortis régulièrement depuis 2012.

Ambassadeur de ce que l’on appel le « cloud RAP », (Rap aux paroles absurdes à la structure musicale plus lente et plus aérienne que le rap traditionnel, selon les dires de ce cher Wikipédia qui n’aurait pas pu mieux résumer ce mouvement).

Yung Lean casse les codes du rap classique et ouvre les portes à une nouvelle ère méconnue.

Sa musique à pour caractéristique d’être molle, son flow, autotuné presque vocodeur, nonchalant, certains diront même émotionnel mais cela ne nous empêche aucunement de bouger la tête, le corps et de s’ambiancer sur ses tubes.

Les paroles sont légères, axées sur les jeux vidéo, les drogues, mais surtout pleines de nostalgies, de tendresse et cela nous suffit à nous faire découvrir le, je dirais même, son, Rap psychédélique moderne.

Avec son allure d’adolescent « dark hurt », Yung Lean retranscrit son style d’émo 2k17 dans une ligne de vêtements. Cet enchainement fut logique car le jeune rappeur soigne son style, de ses tatouages de Pluto, à son Bob tout droit sortit d’un trip sous acide. Un style qui ressemble à ce que pourrait finalement porter un adolescent qui ne souhaite pas se fouler avant d’aller au lycée mais qui finalement, lorsque l’on observe est bien plus réfléchi. Tant par l’association des couleurs, ou des coupes (inspirées du hip-hop bling-bling (soft) des années 2002/2003)

Cependant il a su créer une ligne mature, à l’image de son dernier album, Stranger (sortie prévue le 10 Novembre), annoncé par le titre Red Bottom Sky, morceau plus abouti que ses précédents singles selon moi.

La ligne de vêtements lancée sous le nom de SadBoysGear par Yung Lean et les autres artistes présents sous le label des Sad Boys attire l’attention par sa singularité et son efficacité stylistique.

De nos jours il est très commun pour un artiste d’avoir sa propre ligne de vêtements à son effigie, mais elle est rarement aussi recherchée que la ligne des SadBoys.

On y retrouve l’univers de l’adolescent torturé qui s’impose avec du violet et du jaune en teintes tape à l’œil sur un t-shirt noir orné de sangles. Voilà ce à quoi il faut s’attendre et ce n’est pas pour nous déplaire.

D’inspiration street wear, la collection de 5 pièces est disponible sur le site très graphique de SadboysGear.com

Yung Lean, confirme être un artiste complet et très créatif. Il ne reste plus qu’a le suivre et patienter pour la sortie de son prochain album. Qui s’annonce différent des autres, plus minimaliste, plus mûr et qu’il ne cesse de teaser avec des visuels des plus mystérieux.

Peut être compte t’il adopter un style différent ? Affaire à suivre….

Anna

Pearl & The Oysters, ou les néo B-52’s

 

Alerte artistes Français ! Je répète, alerte artistes Français ! Ah qu’est ce que ça fait plaisir quand nos chers compatriotes nous prouvent que la créativité musicale française ne périt pas un peu plus chaque jour (comme voudraient nous le faire écouter les radios musicales les plus appréciées de France). Et oui, malgré le surnombre d’artistes pré-faits que l’on ne cesse de nous commercialiser grassement, certains petits nouveaux, eux bien moins reconnus, arrivent à nous surprendre chaque année. Fishbach, Last Train, Polo & Pan ou encore Jeanne Added, ils ont en réalité été nombreux ces dernières années à nous… masturber les oreilles si je puis dire ! Des talents débordants de créativité et bien souvent complets (auteur – compositeur – interprète). En septembre c’est le groupe Pearl & The Oysters qui a animé mon casque audio pendant quelques temps. Je suis contente de pouvoir vous donner mon avis sur ce groupe musicalement recherché et amusant, mais aussi… inspiré des années 80 ! 

Chers visiteurs je vous préviens, on est parti pour une autre galaxie. Français, ok. Mais dans la même décennie que nous, ça, pas sûre. Ce groupe tout droit sorti des orbites va enflammer vos platines avant les fêtes de fin d’année. Ils m’ont eux-même défini leur style comme « laser gun pop », c’est vous dire ce qui nous attend.

C’est à Gainesville en Floride que Juliette et Joachim, noyau dur du groupe, ont déposés leurs valises il a maintenant 2 ans. Tous deux détenteurs de la double nationalité, c’est sans trop de problèmes qu’ils arriveront à développer ce projet des plus… originaux, frais et prêt à nous exploser à la figure telle une bouteille de soda trop secouée ! Mais avant de lancer les hostilités, je me permets un petit instant pour mettre sous la lumière les musiciens qui les entourent. Ce n’est pas à 2, mais plutôt à 7 que cet album s’est vu être abouti. 3 autres musiciens sont présents lors des concerts, et 2 autres aident en répétition / studio. Des gens de l’ombre, certes, mais pas des moindres ! Toujours souligner les gens de l’ombre.
Cet album est une invitation au voyage, et plus précisément au pays de Pearl & The Oysters. On est totalement plongé, et ce depuis la piste numéro 1, dans l’univers bien ancré du groupe. On se croirait dans une ballade pop de jeu vidéo old school, c’est hyper captivant et surtout très réussi. Ils ont dû en titiller des touches de clavier et des boutons de native instruments pour en arriver là ! Pour moi on est à la croisée du pop/rock, des lasers cosmiques et des arcades « Made in 90 ».  Pour ce qui est des performances musicales personnelles, Juliette manie les cordes vocales ainsi que le clavier et même la trompette, Joachim est en réalité le vrai master du clavier. Les autres se partagent percussions, guitare et basse. Les inspirations fusent dans les tous les sens et nous offrent au final un groupe avec une véritable identité.

Je me contenterai de citer rapidement les titres qui pour moi sont les plus emblématiques. L’album étant une réussite totale, je préfère vous conseiller de le déguster en long, en large, et puis même en travers tiens ! Dia De Los Muertos, My Baby Grand, Lake Alice, Interstellar Appeal, que de mélodies qui vous entêtent. Le son des claviers crie et se distord de mille-et-une manières, les riffs des guitares sont justes et les rythmes vous déhanchent. Mention spéciale pour l’interlude Welcome To The Wendy Carlos Appréciation Society, qui m’a pour le moins surprise et arraché un sourire gigantesque. C’est sur une mélodie typiquement Baroque que les jeunes Français ont décidé de mêler leur style geeko-pop, toujours plus hypnotisant. Véritable réjouissance pour un éternelle amoureuse de la musique savante que l’on appelle vulgairement le Classique (qui est on le rappelle, seulement une période musicale de ce genre, au 18e siècle). Les autres titres de l’album sont eux aussi très convaincants et restent dans la lignée des titres énoncés précédemment. C’est détonant, jeune et brillant. Et il n’y a pas que leur talent qui brille…

 

En effet ça ne pète pas que dans les décibels ! La tendance « bling bling » traverse les continents et n’échappe pas à Pearl & the Oysters. C’est plutôt bien tombé vu l’ambiance. Avec une veste, un top ou bien une perruque, ces musiciens en herbe ont su jouer des codes de la mode pour peaufiner en profondeur leur identité. Argentés, dorés ou cuivrés n’hésitez pas à abuser de petits détails brillants pouvant requinquer vos tenues (le noir toujours le noir oh oui encore du noir). Paillettes, nylon ou latex à vous de choisir votre préférence…

One more tips ! Les imprimés ou détails cosmiques type étoiles ou planètes, sont aussi dans l’esprit des fashion weeks. Il serait peut-être judicieux de ne pas trop en abuser cette fois-ci, sauf si votre attente pour Star Wars se veut incontrôlable, alors là on vous pardonne.

En tout cas si j’ai bien un conseil à vous donner c’est de laisser place à votre curiosité et d’aller écouter cet album made in Usa from France. J’espère sincèrement qu’ils viendront faire découvrir leur projet sur nos terres françaises. En attendant, ils tournent dans quelques petites salles et festivals de la Floride. On vous tient au courant !

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Cléo