Dabeull, toujours là pour faire plaisir

Champagne ! Le plus kitch des Dj Français, Dabeull, est de retour avec une compilation de morceaux composés dans son petit studio de musique, tout bonnement appelée « Indastudio ».

Il avait régulièrement posté des vidéos sur Youtube, présentant au fur et à mesure ses créations, et ce depuis deux ans. Il nous a alors concocté le meilleur de ses pulsions musicales. Et cette fois on dit merci qui… Merci Roche Musique !

 

Maison disque présente depuis 2012, son but depuis deux ans est de mettre sous le feu des projecteurs le meilleur des jeunes artistes français. On connaît jusqu’ici Darius, FKJ, Kartell ou encore Crayon. Que de petits prodiges qu’on est pas prêt d’oublier. Alors oui, on dit merci.

 

 

Fidèle au poste, Dabeull jongle toujours aussi bien entre les touches de synthés et fait crier l’auto-tune jusqu’à son paroxysme, révélant un second degré tellement plaisant dans la démarche.

 

Son style, la new-funk (et qui lui est si propre), répond toujours présent et inscrirait presque l’artiste dans un genre à lui tout seul. Un peu comme Ratatat, Daft Punk ou Justice, on le reconnaît directement et ça c’est fort (et plutôt bon signe en général). L’intro m’a tout de suite confortée dans l’idée que j’allais passer un bon moment.

 

Holybrune qui nous avait déjà prouvé il y un an de ça dans DX7 (présent dans l’album) qu’elle s’inscrivait parfaitement dans l’univers de Dabeull, continue aujourd’hui de pousser la chansonnette dans Break Your Heart. D’autres gentilles choristes ont accepté de poser leur voix en tout anonymat. Les voix ne cassent pas des briques mais c’est léger, presque naïf et exactement ce qu’il fallait ! Avec tous les artifices instrumentaux, des excentricités vocales seraient de mauvais goût. On tomberait vraiment dans le kitch peu supportable.

 

Au contraire, il est difficile de ne pas taper du pied si l’on est sensible à la funk / néo funk. Les morceaux se ressemblent un peu tous dans les sonorités, en même temps ce ne serait pas du « Dabeull » sinon..

Dabeull x FKJ

Deux « petites » collaborations sont aussi au menu de cette compilation. FKJ s’offre une jolie mélodie dans le deuxième l’interlude, tandis que papi Ceronne reste accroché à ses platines pour By Myself. Je rigole, je respecte bien sûr ce grand artiste et souligne le fait que c’est le morceau le plus populaire de l’album à ce jour.

Ça n’a pas manqué, je suis restée bloquée, et mes voisins comme à leur habitude, doivent probablement connaître les paroles mieux que moi à l’heure qu’il est.

 

Par contre ! C’est quand même dommage de terminer sur « Des Bisous », un morceau qui frôle de très près le plagiat (je vous jure que ça mérite un pléonasme). L’intro et les notes utilisées dans ce titre sont clairement tirés de la chanson Lait de Coco de Maya, un morceau que j’apprécie particulièrement, too bad mister Dabeull. C’est réinterprété dans l’ensemble, certes, mais bon sans Maya, on se demande bien ce que ça aurait donné… Pas grand-chose sûrement.

Le reste de l’album étant tout ce que j’attendais de lui, cela m’importe finalement plutôt peu !

 

Kitch jusqu’au bout des pieds, ce n’est pas un artiste qui suit spécialement les tendances, et pourtant ! Il se la joue un peu rétro 90, encore un nostalgique… Entre le stéréotype parisien et le mec bloqué dans les cassettes VHS, tout dépend de l’environnement. Ses codes classiques du noir-lunettes rondes-bonnet qui nous a brouillé les rues de Paris pendant un moment détonnent au final complètement de ses chemises hawaiiennes et looks de gros « jackie ».

 

 

 

 

 

 

Il n’est certes pas le reflet des podiums, mais celui de certains street style et ce depuis un bon bout de temps maintenant… Des looks, soit à l’image de sa musique, soit à l’image du personnage.

 

Comment ne pas penser à notre cher Günther quand Dabeull nous dévoile sa magnifique moustache pro années 80. C’est l’élément kitch par excellence. Günther. Et aussi la moustache. L’inspiration vient sûrement plutôt de Magnum, héro d’une série télévisée américaine des années 80, mais petit clin d’oeil à Günther, qui rentre lui aussi dans la case des « jackies ».

 

À l’occasion de la 42ème soirée de l’ESSEC, Dabeull sera invité à jouer, aux côtés de Mome, Âme ou bien encore Camion Bazar ! La billetterie est déjà ouverte alors ne tardez pas. Aucunes autres dates ne sont annoncées pour le moment. Ils jouaient en novembre à l’IBoat et au Bikini. Mon petit doigt me dit que le concert parisien a dû me passer sous le nez..

 

Allez je vous quitte avec deux visuels des plus représentatifs de l’état d’esprit de Dabeull. À très vite !

La nouvelle vague française pleine de peps et d’amour

Depuis quelques années, nous assistons à un phénomène rare et assez discret, mais qui pourtant commence à attirer l’attention. De jeunes Français débarquent dans la musique avec des sonorités nouvelles et, attention scoop…..ils chantent en Français.

Parler Français tout en étant français ? Assez banal me direz vous, et pourtant nous avons assez de peine à trouver des groupes ou artistes (émergeants) qui assument la langue considérée comme la plus romantique du monde.

Une musique électro-pop sensuelle, des paroles qui, comme le dit Vendredi sur mer dans les filles du désirs : pue l’amour.

On part dans un monde plein de pureté, de douceur aux couleurs pastel et rassurantes.

Exit la ballade qui fait pleurer, le rock électrique qui active notre flux sanguin et nous fait serrer la mâchoire de colère. Avec ce style musicale nous sommes plutôt installé dans un bus, la tête contre la vitre à regarder les paysages, direction les vacances avec le sentiment de vivre l’histoire d’amour, plus compliquée que celle de twilight.

Cette frenchie touch, se traduit comme des sonorités légères mais puissantes, grâce à l’utilisation des paroles. Comme une poésie celles ci sont appliquées sur une instrumentale répétitive mais entrainante, comme si elles nous étaient directement chuchotées à l’oreille.

On s’attarde sur les paroles dès la première écoute car elles sont généralement assez riches en texte et on prend plaisir à prêter attention à l’histoire que l’on nous raconte, que dis-je , que l’on nous susurre.

Pour vous introduire, ou non, à ce nouveau genre voici quelques noms à retenir car on pourra bientôt se la peter en soirée avec un fameux: « Quoi ? Tu ne connais pas ? Pourtant j’écoute ca depuis tellement longtemps. »

Paradis, c’est pour moi le groupe émergeant de ce « mouvement » ayant le plus percé.

Avec leurs influences très prononcées d’Etienne Daho et de Depeche mode, sur certaines sonorités instrumentales, le groupe ajuste des sons des années 80 pour leur ajouter de la mélancolie de 2017 ainsi qu’une envie d’entrer dans la fièvre du dancefloor.

Le groupe a su faire sa place sur la scène Française mais aussi internationale. Une musique dansante, planante, vacancière, amoureuse nous transporte.

Paradis manie la langue Française, en joue sur ses paroles, ils nous susurrent des mots doux à l’oreille qui nous font frissonner.

C’est donc une ode à la rêverie en plein été qui séduit chaque âme charitable qui se lance dans l’écoute de leur musique.

Les clips s’exposent avec de nombreuses influences vintage, beaucoup de ralentis, de femmes et de passion.

Vendredi sur Mer : étoile montante venue du sud, Charline Mignot débute une carrière pleine de potentiel et de charisme. Un univers affirmé, ses chansons s’écoutent à la suite, comme une histoire, peu importe l’ordre. Elle nous transporte dans son monde plein de mélancolie et d’émotions. Ses clips sont très travaillés et adaptés à chaque titre/histoire.

La femme à la peau bleue est un titre que je considère comme une ode à la femme. Marqué par un clip très original mais aussi avec une esthétique très fine, Vendredi sur Mer manie la musique et le style avec perfection et sait très bien s’entourer pour la réalisation de ses clips, notament avec la photographe Alice Kong, Thekongcept sur instagram.

Bleu toucan, duo  émergeant du même label que vendredi Sur Mer, qui contient d’ailleurs des pépites, surfent sur cette vague de vacances, bon ok…Ils ont chanté en Anglais mais leur chanson Hanoï café se classe parfaitement dans ce style de pop à la Française avec un clip tourné dans un karaoké plein de couleurs et de décontractitude.

Lewis of Man : cet artiste auto-produit, créateur de mélodies touchantes dit

 s’inspirer des bandes originales de films italiens des années 70. Il nous

 envoute par ses morceaux planants qui nous transportent dan

s un univers vaporeux aux sonorités parfois enfantines.

Ces nouveaux artistes touchent aussi l’international, ils incarnent la légèreté à la Française, ou comment être adepte du « être stylé sans trop d’effort ».

Une nonchalance sophistiquée qui touche les émotions, tristesse ? joie ? mélancolie ? C’est à nous d’en décider et d’interpréter les histoires qu’ils nous suggèrent et qui finalement, nous laissent une part d’imagination dans leur interprétation.

Evidement je ne site que très peu d’artiste, il en existe bien plus qui nous proposent du contenu visuel et auditif d’une aussi belle qualité. Maintenant, à vous de les découvrir.

 

Dumb Lovers, des Anglais pas si idiots que ça

Nous n’en finissons plus avec les groupes qui s’amusent des années 80. On l’a bien compris, rien qu’avec les précédents groupes analysés dans notre blog, c’est définitif, les années 2010 sont belles et bien nostalgiques. Ici, les Anglais de Dumb Lovers, composé de Megan Rees et de Robin Clark, sont inspirés de ces années de folie autant musicalement, que visuellement parlant.

 

Originaires de Bournemouth au Sud de l’Angleterre, c’est grâce à l’ennui et à l’absence de culture de cette petite ville, que leur envie de casser les normes est née. Là-bas on oublie assez vite que les couleurs existent et que la fête est toujours de la partie.

 

Inspirés de beaucoup de groupes anglais, leurs morceaux regorgent de clins d’oeil envers The Kills ou Cocteau Twins. Si on leur parle collaboration rêvée, ils vous diront Alex Turner ou Fleetwood Mac. Personnellement, je trouve ça plutôt sympathique ! Ce sont eux qui vont me faire rêver maintenant… ! Et la liste des influences est longue (et surtout bonne) : the Cure, The Last Shadow Puppets, Tame Impala, Joy Division, The Maccabees, Young The Giant, Daft Punk. Bref, je pense qu’on est plutôt bien parti !

 

Autour de toutes ces influences, le tout était maintenant de se créer sa patte, son image. Alliées à une envie profonde de créer la musique de demain, les années 80 jouent ici un rôle tout aussi important. Les synthés, les rythmes et riffs de guitare nous rappellent sans cesse, à la fois mille et un groupes, mais nous confortent aussi dans l’idée que c’est fait à leur manière. Le défi est réussi, je les sens chauds comme la braise, prêts à nous sortir de futurs tubes. Je les espère juste un peu plus entêtants et percutants, si je devais faire une remarque. Mais le plus important dans ce groupe, c’est le romantisme, un peu « dark » certes, mais c’est le romantisme avant tout ! Lors d’une interview pour Wonderland Magazine, ils avaient répondu « The Lovers » quand le journaliste leur a demandé comment ils auraient pu s’appeler, autrement que Dumb Lovers. Complètement bloqués ces deux-là. Et en toute vérité c’est tant mieux, ça nous rajoute un petit groupe chaleureux et donc plein de bonnes ondes. Ça fait toujours du bien !

Trois singles sont à ce jour disponibles. Jessie, Girl, Oscar, tous figureront, je pense, dans l’album. Tout est clair, cohérent, ça sent l’album à plein nez. En novembre sur Instagram ils nous prévenaient déjà de l’enregistrement de nouvelles « dark beauties ». On vous les partagera, bien sûr, dès leur sortie. Malheureusement pour l’instant pas de clip, pas de chaîne Youtube. Tout se passe sur Soundcloud ou les plateformes de streaming musical. Trois balades, toutes un peu indie, pop. La voix de Megan Rees résonne parfaitement au milieu des instruments, Robin l’accompagne tranquillement à quelques moments.

Elles s’enchaînent particulièrement bien. Les écoutant en boucle actuellement, je vous assure ne pas bien me rendre compte de la vitesse à laquelle les trois morceaux se terminent. Au passage, juste comme ça, je vais du coup vous faire part de cette incroyable bouse (j’y vais un peu fort, j’avoue) qui s’enchaîne à chaque fois que Dumb Lovers se tait. « Dumb Lovers » de Pearl and The Beard, vous m’en direz des nouvelles ! (Je vous assure que quand ce morceau jailli après l’atmosphère assez prenante de Dumb Lovers, c’est assez peu agréable. Je vous conseille de faire l’expérience dans cet ordre-là pour bien comprendre).

 

Je m’égare, je m’égare, excusez-moi. S’il y en a bien deux qui eux vont droit au but, contrairement à moi, c’est le duo Dumb Lovers ! Autrement que du fait que les années 80 ai bercé leur oreille musicale, elles ont aussi très clairement imprégnées leur paraître. Un vrai régal pour les yeux. Déjà dans les graphismes entièrement réalisés en design plat (formes simples, couleurs vives, jeux de typographie), le style est déjà annoncé ! La pochette du premier single représente 1 jambe féminine, la deuxième 2 jambes, etc.. C’est simple mais efficace, on n’en demandait pas plus. La pochette de l’album (et l’album lui-même) risque d’être une vraie partie de jambes en l’air. Je vous assure que leur musique est assez sexy dans le fond (après deux heures d’écoute sur trois singles, on rentre un peu dans leur délire).

Loin d’être « plate » dans sa manière de s’habiller, la chanteuse Megan Rees nous a prouvé qu’elle avait un oeil assez aiguisé en matière de mode ! 

 

Ici un ensemble rose accompagné d’un magnifique pull et son message « SEX ». Des torrides lovers alors je dirais !

 

 

Megan a bien retenu la leçon de la tendance imprimé pois, en chemise, en combinaison, on comprend bien ici que ça peut être une bonne idée pour cet hiver.

 

 

La fourrure aussi, mais attention, en couleur s’il vous plaît ! Rouge ou bien orange pour l’instant, j’imagine qu’elle a bien d’autres modèles à nous dévoiler… C’est audacieux et toujours tourné vers cette fameuse décennie dont non, je ne répéterai pas encore le nom, je pense que vous avez compris ! En tout cas ça me ferait plaisir de voir un peu plus de couleurs dans les rues et les wagons de métro, donc moi je dis oui !

 

Monsieur Robin Clark lui, se la joue plus sobre. Il nous a déjà sorti le total look blanc, pourquoi pas s’il veut. Il se rattrape avec des lunettes ovales et des t-shirts rétro, un peu de rouge pour le shooting. Vous l’aurez compris côté mode, c’est surtout Megan qui porte la culotte.

Le blanc pour la pureté, le rouge pour l’amour -sa sensualité et son ardeur, le rose pour la sincérité des sentiments ou bien même parfois le bleu clair pour l’innocence. On est tous d’accord pour leur accorder que ce sont de (bon) gros lovers. Dumb, ça je ne sais pas, ils savent en tout cas qu’il faut en jouer.

Pour Halloween ils ont joué dans le fameux quartier de Londres, Camden Town. En tout cas il avait l’air heureux du résultat ! Début octobre ils sont aussi passés chez BBC Radio Solent, j’aurais bien voulu entendre ça.

Comme d’habitude je vous prie de croiser les doigts avec moi afin qu’ils viennent se défouler sur les scènes françaises.



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À très vite !

Clément Bazin – concert du 30 Novembre à la Gaîtée lyrique

C’est plein de bonne humeur et d’euphorie que nous nous sommes dirigées le 30 Novembre à la gaîté lyrique pour le concert de Clément Bazin.

C’est sur un coup de tête, quelques jours avant, que j’ai décidé de prendre ma place, convaincue par sa performance aux Solidays mais aussi par l’écoute « on repeat » de « with you ».

La Gaité Lyrique est une nouvelle fois, une salle que je ne connaissais pas, très accueillante (elle aussi), un peu petite, mais largement suffisante.

J’enchaîne donc directement sur la première partie du concert animée par ; Tito Candela, un musicien Vénézuélien.

Surfant sur la même vague de style « planant électro caraïbe » que Petit Biscuit, Fakear… il clame se démarquer par l’utilisation de « sampling » (qui est l’utilisation d’un son enregistré de provenance diverse, incorporé dans une chanson).

Une fois de plus, ce n’est pas la première partie qui m’a convaincue, seulement je pense que cela implique le fait que je ne suis pas fan des sonorités « tropicales » un peut trop vacancières, qui sont assez « gnan-gnan » à mon goût.

Certains morceaux m’ont cependant plu car le beat était plus fort et ils se rapprochaient un peu plus à de l’électro qui me fait danser. Le reste du temps je suis plutôt restée à essayer de bouger mes hanches comme une danseuse hawaïenne mais bon… sans succès.

Sans trop connaître Clément Bazin, je suis donc restée sur ma faim après cette première partie non pas décevante car je ne connaissais pas l’artiste, mais plutôt pas très énergisante.

Cependant Tito Candela était très dynamique et très sympathique, et comme il nous a fait beaucoup rire à la fin de sa performance avec son « merci pour les mains » lorsque nous applaudissions, je vous mets un petit lien vers son soundclound.

Avant le début du live de Clément Bazin, les techniciens se sont mis à installer de nombreux instruments sur la scène. Moi, crédule comme jamais, je demande à mes amis : « mais comment il va faire avec toutes ces batteries et ce clavier ? Il ne va pas courir sur la scène pour jouer de tous les instruments ? »

Une fois cette question pleine d’intelligence posée le concert commença.

C’est donc en cette soirée neigeuse que nous nous sommes dirigées vers une belle plage de sable avec Clément Bazin et toute la Gaîté Lyrique.

J’ai découvert un genre musicale qui normalement ne m’émeut pas vraiment, mais la performance de Clément Bazin est si captivante que je ne pouvais qu’adhérer.

Écouter sa musique chez soi, dans son casque, n’est rien comparé au fait de le voir sur scène.

Clément Bazin est sous le feu des projecteurs, sur scène, acclamé par un public, et pourtant il reste très humble, il nous remercie de nombreuses fois. Il est généreux dans sa musique, passionné, habité, il tire la langue de concentration (ah les petits tics des musuciens…).

Sa musique amène du bouillonnement dans nos corps, l’envie de danser sur ses sons pleins de chaleur.

C’est à la première chanson que j’ai compris que les instruments présents sur scène n’étaient pas des batteries (capitaine obvious), mais plutôt des steel-drums.

Le Steel-Drum est le genre d’instrument qu’on a tous déjà entendue mais qu’on ne sait pourtant pas nommer.

Clément Bazin a commencé cet instrument à l’âge de 12 ans. Il se joue en orchestre, c’est d’ailleurs dans un orchestre qu’il a appris à le jouer mais qu’il utilise seul désormais.

Cet instrument est le dernier instrument acoustique inventé, il provient du sud des caraïbes (d’où la chaleur, les tropiques, tout ca…)

Je sort d’ailleurs toutes ses informations du petit disclaimer qu’il nous a fait lors du concert, ce que je trouve intelligent. Cet instrument est donc une signature dans ses musiques, et le mettre à l’honneur rend la chose encore plus intéressante, il nous démontre encore une fois sa générosité en nous partagent sa passion.

Lors de quelques chansons il a d’ailleurs fait appel à deux de ses amies jouant du même instrument pour l’accompagner dans sa prouesse, justifiant la présence des 3 steel-drums (« hiiiiiiiiiinnnnnnnn »)

Nous avions d’ailleurs le fan club de steel-drum devant nous au premier rang, moyennant un âge de 40 à 50 ans. Ce qui était assez drôle.

Pour la fin de son concert un chanteur venu de Montréal, Zéphir nous a interprété le dernier morceau.

Plein d’énergie et des mouvements de danse à nous faire mourir de rire tellement ils étaient assumés et stylés, il a parfaitement clôturé ce concert plein de joie, d’exultation, à la Gaité Lyrique.

DYGL, quand le Japon se la joue à l’anglaise

Les riffs de guitare, les mélodies, la voix, tout laisse à croire qu’un nouveau boys band chiné à Manchester est venu nous prouver que le rock à l’anglaise Made In 00’s (bien qu’inspiré des années 70/80) n’est pas mort.

Et non ! Ce sont bien de jeunes Japonais qui sont venus prendre la relève. Fini les groupes Kawaï douteux, ici on parle et on joue vrai rock britannique. Repérés grâce à un ami du guitariste des Strokes, Albert Hammond Jr, les quatre Tokyoïtes ont donc eu la chance de s’exporter afin de se perfectionner et créer un groupe de rock anglais qui tient réellement la route. Quelques démos auront suffi à Hammond Jr pour y voir quelque chose d’intéressant, et se dire que ces nouveaux petits poussins pourraient bien nous surprendre.

 

Albert Hammond Jr

 

L’album, « Say Goodbye To Memory Den », s’écoute bien dans la longueur. Les balades à la Libertines, Arctic Monkeys ou The Kooks qui commençaient à nous manquer nous sont ici déposées sur un plateau d’argent. Même la voix du chanteur, Nobuki Akiyama, semble sortir de la bouche d’un jeune Anglais sur la scène d’un Open Mic au Blues Kitchen.

 

 

À mon avis on peut surtout dire merci tonton Albert Hammond Jr pour cette poussée d’inspiration. Mais au moins ! C’est bien réalisé et ces jeunes Asiatiques ont parfaitement su s’approprier ce genre musical pourtant si loin de leur culture. Après comme l’a dit le guitariste des Strokes à NME, la prise en charge de ce groupe et la réalisation de cet album a nécessité beaucoup de travail, et les simulations live constantes étaient une obligation.

 

Malgré tout, Nobuki Akiyama et ses amis instrumentistes n’ont pas rechigné devant le travail, généreux de leur talent, qu’ils ont su mettre à profit de ce style de rock qui continue de traverser les décennies. Dans le single « Let It Sway » sorti en 2016, le chanteur écrit « certaines choses nous paraissent être une perte de temps au début, mais c’est important de s’y attacher. Vous ne pouvez pas vous reposer quand vous faites de la musique. Ne restez jamais inactif ! ». Les textes sont en général tournés vers des questions de vie, des questions sociétales, ou bien vers le groupe lui-même, tout simplement. Un groupe de rock quoi, on mélange un peu tout ce qui nous tracasse, de la macro, au micro.

En ce qui concerne leur style vestimentaire on mélange un peu tout aussi ! D’un côté on dirait qu’ils ont gardé leur côté Kawaï avec des pantalons de couleur, des dessins enfantins ou leur sac à dos. Puis d’un autre côté ils y allient quelques pièces street (casquettes, bombers) ou rock (chemise à carreaux, chemise de skater ou une veste en jean) qui leur donne tout bonnement une dégaine à l’anglaise. Un mélange de styles, de cultures et d’idées qui retranscrit au final particulièrement bien l’esprit Londonien. De vrais petits poissons dans l’eau ceux-là ! 

 

 

Au final dans cette histoire tout le monde est content. Albert Hammond Jr a trouvé de nouveaux poulains et de quoi s’occuper encore quelques années (en plus d’un possible futur album des Strokes en 2018 ?), les DYGL voient leur carrière et leur talent s’internationaliser et se fondre dans le moule des groupes les plus prisés d’une génération. Et nous ? On est tout simplement content d’avoir à nouveau un groupe de ce type à se mettre sous la dent ! Et avec un peu de chance, les Anglais, sous l’emprise de leur ego musical, seront peut-être poussés à rivaliser. Et là, on aura vraiment tout gagné.

Ils ont joué pour la première fois à Londres hier et avant-hier soir, nous verrons bien si les retours se font nombreux ou non. Personnellement j’attends surtout un concert dans les environs afin de pouvoir vous faire un petit compte rendu de ce groupe, atypique à première vue. Sachant que tonton Albert les a « coaché » pour être de vraies bêtes de scènes, je les attends au tournant !

Aussi, le pull d’un des membres, la pochette l’album, et l’affiche de l’évènement permettent de souligner le fait que le rouge est ici, encore mis à l’honneur. Alors que ma chère collègue Anna, analysait l’autre jour l’utilisation de la couleur rouge chez le groupe HMLTD, comme celle de « l’amour, la colère, la sensualité, la sexualité, le danger mais aussi l’interdiction ». Ici, on est quand même un peu plus tendre, et on pensera plus au côté amour, passion, chaleur, triomphe de la chose.

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MOUNT KIMBIE – concert du 25 Novembre au Trianon

Le 25 Novembre 2017, nous nous sommes dirigées, Cléo et moi vers le Trianon, salle de concert que nous ne connaissions pas, ni l’une, ni l’autre, pour le tant attendu  concert de Mount Kimbie.

Le temps d’acheter la première bière nous découvrons cette salle très accueillante et confortable par sa taille adéquate pour un concert de cet acabit.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, qui est ici le duo Londonien de Mount Kimbie, nous avons décidé de vous parler de la première partie ;

Jam City.

C’est à 20h donc que commence la première partie du concert, la salle se remplie pendant que Jam city démarre sa performance.

Il nous est alors difficile d’accrocher à cette mise en bouche… En effet, ce jeune Anglais nous communique une sorte de « dream pop », aussi appelée « UK basses ».

Jam City mix des sons électroniques à l’aide d’un laptop, à la guitare mais aussi au chant.

Nous avons trouvé l’utilisation de sa voix assez mal gérée, difficilement associée à son instrumentale ce qui rendait le tout assez « brouillon ».

Comme l’a si bien dit Cléo en sortant du concert (et je suis d’accord avec elle) : « Les Anglais ont déjà tellement tentés de choses différentes musicalement parlant qu’il est très difficile aujourd’hui de se démarquer, et faire un mélange de tous les styles ne suffit pas ».

Cependant, la performance reste, je tiens à le souligner, impressionnante, de plus l’artiste à su entretenir son style depuis 2010.

Bien sûr, l’appréciation de la musique étant tout à fait subjective je vous laisse tout de même le compte Souncloud de Jam city ici bas pour vous laisser vous faire votre propre avis sur cet artiste, et pourquoi pas nous convaincre avec vos arguments par la suite.

Apres cette petite déception Mount Kimbie arrive enfin !

Crédits Photo: Farah Sosa

Avant de nous enfoncer dans la description passionnée de ce concert incroyable (teaser), voici une petite introduction au groupe :

Mount Kimbie est un groupe de musique électronique composé de Dominic Maker et Kai Campos, deux Anglais.

Leur musique est animée par un mix de sons enregistrés dans la vie quotidienne, de guitare et de chant. Leur musique se vaut rêveuse, planante mais tout de même énergique et entrainante. Personnellement elle me rend assez nostalgique, de quoi ? Je ne sais pas exactement mais c’est une sensation fortement agréable.

L’ambiance de la salle est euphorique, le groupe arrive accompagné d’un jeu de lumières chaudes (du rouge, du violet et du bleu). La scène est assez impressionnante car n’étant que 2 (lors du concert 3), de nombreux instruments sont présents sur la scène (guitares, laptop, synthé).

Ce qui est intéressant de noter avec ce duo est le fait qu’il compose le même morceau séparément pour ensuite, le mettre en commun et créer leurs titres. Cela rend leur rapport à la scène d’autant plus intéressante car ils se complètent parfaitement et n’hésitent pas à aller s’ajouter sur l’instrument de son partenaire. Créant donc une belle harmonie dans leur musique et un belle complicité sur scène.

Le concert commence assez calmement, ils ont choisis de nous faire bouger un peu plus à chaque note. Les morceaux choisis du début sont assez slow, c’est au fur à mesure qu’ils montent en puissance pour nous balancer sans prévenir, et pour mon plus grand bonheur, leurs anciens morceaux de 2010, notamment l’excellent « Before I move off ». Qui est à l’origine un morceau assez « chill » qu’ils ont rendu en le performant, beaucoup plus éléctro, plus actif, notamment en y ranjoutant des basses puissantes.

D’ailleurs (petite parenthèse), avec Cléo nous avons un coup de cœur pour cette salle et son sol si particulier qui bouge au rythme des basses, ce qui nous entraine dans une sorte de vague musicale, ma foi, très très agréable (fin de la petite parenthèse sur notre grande découverte).

Pour leur grand retour avec ce nouvel album, Mount Kimbie l’a joué fine : ils ont très bien su rendre cohérents l’alternance entre leurs anciens morceaux et leurs nouveaux. Leur style n’a pas changé depuis 2010, le tout est harmonieux et très maitrisé.

Nous continuons donc notre concert, pleines d’énergie et là…c’est le coup de théâtre.

Sans prévenir, venu de nul part, un homme très grand et très fin, rentre sur scène avec une coupe de cheveux gigantesque. Bon, me direz vous, c’est juste un guitariste lambda ayant de gros problèmes capillaire qui débarque, mais tout de même c’est assez étrange. Il se met alors à jouer de la guitare et je remarque un spectateur devant moi complément affolé qui sautille absolument partout, fou de joie. Je ne comprend pas, je demande alors à Cléo « Mais c’est qui ce type ? », Cléo ne sait pas, à vrai dire elle ne l’avait même pas aperçue.

C’est alors qu’il s’approche du public, arrache sa perruque, la foule s’affole, on hurle, on applaudie : King Krule est là.

King Krule, ce chanteur à la voix et au style musical si soul, celui que j’attends de voir en concert depuis tant d’années s’incruste sans prévenir au concert de Mount Kimbie.

Son intervention est parfaite, il interprète ses deux titres en collaboration avec Mount Kimbie : You took your time (datant de 2010) et Blue Train (datant du dernier album).

 

Quand King Krule chante, il nous jette un sort, c’est impressionnant, sa prestance est telle qu’on ne peut que le fixer. Ses morceaux ne sont pas les plus tonics des albums, et pourtant la foule est surexcitée.

Ce fut donc une surprise très agréable, d’autant plus qu’on ne si attendait absolument pas, j’ai d’ailleurs dit à Cléo juste avant le concert : « imagine il y a King Krule qui vient ahah » et oui…

C’est alors pour nous achever de plaisir que Mount Kimbie nous quitte sur le merveilleux titre de « Made to stay » (le préféré de Cléo).

Dans la salle c’est l’apothéose, l’ambiance est à son maximum, le concert était vif et entrainant.

Mount Kimbie nous a surpris, nous a séduit.

A bientôt pour un nouveau débrief de concert sur Beat Style Makers,

Nos live sont disponibles sur notre page Facebook si vous souhaitez vivre et partager notre euphorie des concerts.

Jazz Fusion (Partie 1) : Hip-hop

Ah le Jazz, ou plutôt le « jââzze » si on veut vraiment s’enterrer dans l’élitisme de ce mouvement musical pourtant si divers, est en fait un style apte à réjouir beaucoup plus d’oreilles qu’on ne le pense !

Après que ce style ait fait danser l’ensemble des Afro-américains d’Amérique du Nord au début du 20ème siècle, des « petits » visionnaires de l’époque auront vite compris que l’on pouvait peut-être ouvrir ce style musical à bien d’autres genres.

Miles Davis

Et c’est notre bon vieux Miles Davis qui nous ouvrira la porte du Jazz Fusion : le jazz incorporé dans un autre style musical. En 1964 il nous offrira une lourde collaboration (avec Wayne Shorter, Ron Carter, Herbie Hancock et Tony Williams) qui sera déjà tournée vers des influences rock. Les instruments électriques rock et le rythme & blues sont alors déjà approchés. 

Miles Davis… Combien de fois devrions-nous le remercier, sans rire, il aura su pousser ce style bien plus loin que ses collègues n’auraient osé le faire… Mais où en serions-nous alors aujourd’hui ?!  Le garçon était tellement ouvert que son penchant pour les expérimentations rock – guitare de Jimi Hendrix l’aura poussé à prendre rendez-vous avec ce dernier pour réfléchir à une possible collaboration… Dommage, Jimi mourra la veille de la rencontre. 

Je ne vais ni vous refaire la biographie, ni la discographie des plus grands Jazz men ayant aidé à l’envolée du Jazz, car ici on va surtout pointer du doigt le Hip-Hop. Depuis les années 90, ce style musical nous aura plus que jamais prouvé que l’alliance de ces deux genres était presque… inévitable !

Liberté, esprit rebelle et compréhension de l’autre, telles sont les connotations qui rapprochent durement le Jazz et le rap / Hip hop. Rien qu’avec leurs valeurs communes on avait déjà matière à faire. Et on dira merci aux samples (petit extrait instrumental d’un autre morceau incorporé dans le morceau en question) qui ouvriront la voie à de nouvelles possibilités.

Block Party

Après les Block Parties (soirées de quartier) de Dj Kool Herc en 1970 qui auront fait danser tout le voisinage pendant des années grâce à ses deux platines, les groupes de rap continuent de se multiplier et les tentatives d’originalité fusent dans tous les sens.

Block Party
Grand Wizard Theodore

Et pourtant ! C’est par pure inadvertance que Grand Wizard Theodore découvrira ce qu’on appelle le Scratch.

Un doigt touchera malencontreusement un disque en pleine lecture, et un tout nouveau style verra le jour. Les années passent, le scratch se voit pousser des ailes et les samples old school recouvrent la scène Hip-hop.

Du coup, le Jazz Fusion avec le Hip-hop, merci qui ?

Et bien merci au duo originaire de Boston, Gangstarr ! Il remaniera les codes et aura l’intelligence de démocratiser le Jazz à travers l’album « No More Mr Nice Guy » en 1989. La puissance de la voix de Guru et la profondeur du Jazz se mêlent alors, à la perfection. Plus de doute, il était temps pour certains autres d’en faire de même. Nous sommes en 2017, et je vous rassure, l’engouement du Hip-hop pour le Jazz n’a pas changé.

Gnag Starr

À qui on dit encore merci

La décennie qui suivra l’album de Gangstarr sera des plus fructueuses. A Tribe Called Quest sortira le presque légendaire « The Low End Theory » en 1991, qui sera certifié disque de platine et qui ancrera leur talent à tout jamais.

En 1993, Guru sort son deuxième album et premier de ses 4 volumes Jazzmatazz. On y entend Mc Solaar déposer ses impressionnantes tirades, et je ne doute pas du fait que sa dextérité à déblatérer ses pensées plus vite que son ombre a dû boucler le bec à plus d’un Nord-américain. Dans le deuxième volume même Jamiroquai sera de la partie pour réunir Hip Hop, et Jazz.

Common et « Resurrection » reconnu comme un des « meilleurs 100 albums de rap », The Roots avec « Do You Want More?!!!??! » en 1995 reconnu par les critiques comme un classique du Jazz Rap, etc… Nos piliers du Hip-hop ne s’arrêtent plus.

 

En France, c’est le groupe Hocus Pocus, présents sur la scène musicale depuis 1995 et à moitié membres de C2C, qui a toujours su jouer des deux styles. Tandis que les Dj posent des instrumentales soignées, 20syl, le rappeur, déroule ses textes tout aussi qualitatifs que la production réalisée autour. En 2002 le groupe nous prouve que le Jazz a largement sa place au sein des lignes de rap avec l’EP « Acoustic HipHop Quintet », édité grâce à leur victoire au concours MCM Session la même année.

Les cuivres

 

Non Prophets – Hope

Entre 2003 le duo américain Non Prophet revisite la trompette à sa manière dans le titre « The Cure ». De base bizarrement assez sombre et avec une cadence un peu spéciale, le génie du cuivre arrive à rendre ce morceau hypnotique et addictif. Si vous préférez malgré tout le son de la guitare classique, je vous conseille d’écouter « Tolerance Level » du même album.

Cunninlynguists.

Je préfère vous laisser le temps de bien prononcer ce nom car ce serait sympa pour vous de le retenir si vous ne les connaissez pas encore, et que vous êtes des amateurs de Hip-hop. En 2006, ce trio (toujours) américain nous produit cette perle qu’est « A Piece Of Strange », le genre d’album qu’on écoute du début, jusqu’à la fin. Je considère vraiment cette album (et même tous les autres) comme une oeuvre à part entière. La musique en tous genres est mise à l’honneur et les instruments changent constamment, les univers et les atmosphères sont juste incroyables. Revenons à nos moutons, je m’emporte. Dans l’album « A Piece Of Strange », le morceau « Beautiful Girl » fait péter les cuivres et s’inscrit comme un des morceaux les plus iconiques de l’album. Le morceau suivant est un interlude qui, en plus, sample cette fois Hip-hop, Jazz… et Rock ! Je me suffirai de ça pour vous glisser une dernière fois l’idée d’écouter toute leur discographie, oui, vraiment tout.

 Et maintenant ?

Après que le groupe français Jazz Liberatorz ait enflammé une première fois le Jazz Fusion avec son album « What’s Real » sorti en 2003 , « Clin d’Oeil » (2008) et « Fruit Of The Past » (2009) prouvent définitivement que les Jazz Liberatorz font bien partie des rois de ce mélange de genres. Ayant littéralement « saigné » ces deux derniers albums je donne une fois de plus mon approbation quant à l’écoute complète de leur discographie ! Ça coule tout seul, à fond comme en fond et c’est bien souvent apprécié.

 

Wax Tailor

 

Télérama a aussi soulevé le mouvement Jazz Fusion avec Wax Tailor en 2011 suite au Festival de Montréal.

 

 

Dans l’enregistrement, ce producteur de musique en herbe soulève l’ouverture de certains festivals de Jazz à d’autres styles de musique, et souhaitait profondément qu’à l’inverse, les festivals de rock ou autres, s’ouvrent eux aussi au Jazz. Personnellement, depuis 2013 je ne trouve toujours pas le Jazz très présent sur les scènes de festivals.. On croise toujours les doigts pour que certains artistes décident de s’ouvrir, eux d’abord, à ce style musical encore trop éloigné des préférences générales. Cependant, les affiches de festivals de Jazz se multiplient et montrent qu’en retour, ce genre continue lui de s’ouvrir.

 

Rejjie Snow

Heureusement on peut encore compter sur quelques artistes pour nous faire profiter de ce fameux mélange. Rejjie Snow, rappeur Dublinois, continue encore aujourd’hui, et ce depuis 2011, d’insérer des codes Jazz à ses morceaux. Ses deux premiers albums « Fish & Chips » et « Rejovich »  (top Itunes Hip-hop devant Kanye West et J. Cole en 2013) utilisent à chaque track aussi bien les cuivres que les claviers. Et encore aujourd’hui, son morceau « D.R.U.G.S », bien que plus dans l’air du Hip-hop actuel, continue de reprendre quelques combinaisons de piano Jazz.

2017, retour aux choses sérieuses puisque très actuelles. En février est sorti un coffret, « Blue Break Beats », regroupant l’ensemble des morceaux Jazz ayant inspiré le Hip-hop. Preuve que nos rappeurs français, comme internationaux, n’ont pas chômé depuis le temps !

Mais la vraie bonne nouvelle, c’est que nous avons notre leader du Jazz / Hip-hop pour définitivement réussir à soulever cette mixité : Robert Glasper.

Producteur, rappeur et surtout pianiste Jazz, il met à profit sa culture et sait se montrer très généreux quand il s’agit d’expliquer, et de démontrer les ressemblances entre le Jazz et le Hip Hop. Il disait déjà en 2011 « Make Jazz Cool Again ». Du coup, la chaine Youtube « Jazz Night In America » nous a offerts il y a 7 mois de ça, une vidéo de 3 minutes, présentée par Robert Glasper en personne, nous expliquant de manière hyper ludique les comparaisons entre plusieurs morceaux Jazz, et Hip-hop. Le titre ? « Jazz Is Mother Of Hip-hop ».

Allez, bonne écoute !

HMLTD – Un rock Sauvage, un style underground British

Tout droit sorti d’un sexshop complètement barré de Camden à Londres (je pense bien avoir introduit le sujet), HMLTD est le groupe dont je vais parler aujourd’hui, et c’est clairement l’un de mes coups de cœur de ces dernières années.

Ayant un faible pour le coté British de la musique des années 70, je ne pouvais que tomber amoureuse des HMLTD.

Des British, aux influences Punk, des accessoires en latex, du gros (mais bon) son, du rock bien « vénère », tous ces termes ne suffiraient pas à les décrire.

Sous leur nom qui ne veut désormais rien dire (anciennement Happy Meal Ltd) leur musique, elle: en dit long.

Les références de la musique punk des années 70 sont flagrantes : T.rex, The Residents (notamment au niveau des clips très arty). Ajoutez à cela du Bowie et des sonorités Westerne (to the door).

Des gros sons de guitares de batterie, tout pour nous faire danser sur une musique rock & roll que je qualifierai d’avant-garde. Ils ajoutent au rock des sonorités mystiques et sombres, mais aussi une ambiance de rave aux basses ultra énervées comme à partir de 2 :18 dans le morceau Stained (traduction: coloré).

Le chanteur pose sa voix grave ressemblant parfois à celle de Jim Morrison (chanteur du groupe the Doors  : mon grand idole).

Ce que j’aime dans leur musique c’est leur façon de couper leurs morceaux en parties distinctes. Ils les coupent  de façon à créer plusieurs ambiances. Pour moi, les morceaux sont à leur image : une sorte de bordel assez sale, qui finalement… créée un ensemble entrainant, un peu pornochic, une ambiance « club after party Londonien ».

Ils ont réussi à créer une réelle identité novatrice tout en utilisant des codes Anglais (refaits encore et encore par certains groupes qui finalement se sont perdus dans un univers assez fermé).

Les clips méritent le coup d’œil et même de s’y attarder. En lien avec leur musique, ils sont salement maitrisés.

Des lumières à vous rendre épileptique, des univers propres

à chaque chansons, sombres mais qui en même temps n’en sont pas

pour autant cafardeux. Au contraire ils donnent plutôt la pêche pour aller danser dans les salles les plus sombres vers 4h du matin en compagnie d’une communauté branchée sur un style catégorisé d’étrange.

 

Selon moi, chacun de leur clip est une performance artistique, crasseuse chic (si ce terme existe) et surtout en total osmose avec leur musique.

En parlant de cohérence, leur style convient parfaitement à ce nouveau penchant, cette nouvelle patte.

Encore une fois, les influences British rock sont omniprésentes comme les tissus écossais, pantalons en vinyle rouge que Bowie aurait pu porter, que de références.

Une couleur est très représentée dans leur choix vestimentaire : le rouge. Ce qui coule de source quand on sait que la signification du rouge renvoie à l’amour, la colère, la sensualité, la sexualité, le danger mais aussi l’interdiction. Un ensemble de mot qui correspond précisément à HMLTD et à ce qu’ils reflètent et aux thèmes abordés dans leurs chansons.

Ils associent des vêtements qui, selon les codes, n’ont pas lieu d’être associés, mais ils leurs créent un nouveau sens et une nouvelle cohérence.

 

Un créateur Anglais  illustre parfaitement leur univers : Charles Jeffrey. Les couleurs, les formes, les matières, la mise en scène, tout, absolument tout correspond aux HMLTD. C’est surement pour cela qu’il a auparavant utilisé leur musique pour sa collection « Lover Boy ».

 

 

Je vous laisse découvrir ce cosmos étrange par ces quelques photos :

Fashion week Homme – Londres – 8 Janvier 2016. © Chris Yates

 

HMLTD nous entraine dans leur dynamisme et dans leur monde sauvage qui au premier abord peut faire peur mais qui finalement finit par nous plaire.

Alors s’il vous plait, allez vous plonger dans leur univers, ne vous attardez pas sur votre première impression qui sera : « C’est quoi ce truc ? ». Leur approche au rock et à la mode est innovante, neuve, mais surtout, sauvage.

Yellow Days, l’Anglais de 17 ans prêt à prendre la relève des plus grands

17 ans, c’est le temps qu’il aura fallu à George Van Den Broek pour se construire, vivre (assez il faut croire) et pouvoir en conséquence nous offrir aujourd’hui un album plus qu’honorable. On avait déjà pu goûter à sa voix en 2016 avec un premier et plus petit album. Inutile de préciser que sa performance n’était déjà plus remise en question depuis un bon bout de temps. C’est avec bon nombre de singles attenants aux albums qu’il promeut ces derniers. Repéré par Good Years (Banks, Francis and The Lights), les gérants du label le laisse exploiter son talent à sa manière, et l’inverse aurait été dommage.

 

        

 

C’est plutôt marrant, on dirait que King Krule s’est glissé dans le larynx de Yellow Days pour jouer de la harpe avec ses cordes vocales, tandis que Mac Demarco tient les manettes de son cerveau quand il s’agit d’instrumentaliser le tout. Vous me direz c’est plutôt sympathique comme mix. Je ne dis pas que son boulot est un travail remâché des deux maîtres que j’ai cités plus haut, au contraire je trouve qu’il a vraiment sa patte et qu’il peut apporter beaucoup à la scène musicale actuelle. Et si vous voulez mon avis il est plutôt bien parti, le label bombarde sa page d’accueil d’articles et morceaux le concernant. On sent qu’ils ont compris quel rôle il pouvait jouer aujourd’hui. Hors thème de ce qu’on entend souvent aujourd’hui, il pose ses textes de lover ou d’adolescent bavard sur des instrumentations parfois psychédéliques, mélancoliques, rock ou encore…jazz (et on se demande encore pourquoi il a fait un featuring avec Rejjie Snow qui lui-même a réalisé un album presque dédié au « jazz sorti de son contexte »). Rendez-vous donc track numéro 3 pour vibrer sur la mélodie d’une trompette subtile et certainement pas rebutante pour les moins amateurs. Une fois n’est pas coutume, je vous conseille sincèrement d’écouter l’album dans le sens que vous souhaitez, tout est à prendre !

 

   

 

« I Believe in love », « Lost In A World With You » (instru made in Twin Peaks), «It hurts because I need you so bad » ou encore « I’ll always wait with you »… si vous me dites que ce n’est pas un énervé mignon ça, que de petites fleurs dans son petit coeur. Si cet artiste précoce arrive déjà à nous donner la chair de poule avec le vécu qu’il a dans le fond de sa voix, je n’ose même pas imaginer ce que ce sera dans 10 ans. Une nouvelle idole peut-être, je l’espère. Soyez sûrs que je serai la première à venir trépigner devant ses performances si nous avons la chance de l’accueillir en France.

Si je devais inventer un terme pour le définir ce serait probablement « sweet trash ». Il nous crie un peu dans les oreilles tout en nous caressant à l’aide de mélodies chaudes, rock et sensuelles. Un peu comme sa dégaine en fait. Un petit blondinet qui s’assume durement streetwear voire même sportwear. Quasiment que du blanc pour ce qui est des hauts : un gros sweat, une veste moulante à zip, un simple t-shirt ou même une chemise pour de vieux shootings. Pour son live chez Colors, ces derniers auront eu droit, eux, au fameux combo chemise – sous pull des skaters. À côté de ce petit penchant, il sait aussi nous réserver quelques surprises sur son compte Instagram avec des salopettes, doudounes, pantalons à carreaux ou petites écharpes (mes demoiselles).

 

Sneakers, casquettes, les accessoires phares sont là. Plus que la banane et on était au complet. Cigarette au bec, ses postures et ses attitudes renvoient l’idée espérée par l’auteur d’un adolescent rebelle et objectif sur le monde qui l’entoure.

Jusque dans ses pochettes l’ambiance est spéciale, son nom est écrit en digital / saccadé, et lui, visage caché ou non, toujours orné de détails psychédéliques.

Comme il dit dans That Easy (track 2), « I don’t give up that easy ». Je sens que nous ne sommes pas prêts de l’oublier celui-là.

Moi, je dis monsieur.

MALCA – Un mélange de cultures marquant

31 Octobre 2017, férue de découverte de nouveaux artistes, je me dirigeais avec mon acolyte de choc Emilie, vers la salle du Pan Piper dans le quartier de Ménilmontant pour le festival « pitchfork avant-garde »

C’est vers 21h que nous nous sommes dirigées vers la salle, toutes de joie, de fête et d’alcool vêtues.

Dans le viseur, nous avions le groupe de Super Palka, Malca, et Youman (duo de DJ qui nous a convaincu à prendre nos places car ils avaient enflammé Solidays au mois de Juin 2017).

Donc, nous rentrons dans la salle et là…Forcément avec notre taux d’alcoolémie, minime, mais suffisant, nous avons poussé les portes de la salles en dansant, mais pas de musique dans la salle… En plus, une moyenne d’âge de 30 ans… Du haut de nos 20 ans on ne s’est pas forcement senties des plus à l’aise.

Et bien figurez-vous que dès que les concerts ont commencé, la petite salle s’est soulevée pour laisser place à une ambiance conviviale, pleine de bonne humeur et de groove.

C’est donc ce soir là, après ce début de soirée douteux, que j’ai découvert un artiste nommé Malca, qui a tout pour en devenir un grand.

Sa musique éléctro-pop nous transporte dans son univers romantique/funk.

Dans sa musique, nous retrouvons des influences de son pays d’origine, le Maroc.

Fièr de ses origines il mélange des sonorités tout droit sorties des musiques Chaâbi traditionnelles à des sons électroniques nouveaux. Ce mix créé un genre musical très moderne s’inspirant de son mélange  de cultures : occidentale et orientale (né au Maroc, arrive à Paris à 18 ans)

Des sons de guitares saturés très pop à la Daft Punk, mélangés à de l’électronique à la M83 : voilà de quoi est composée sa musique. Ce mélange d’inspirations très bien représenté par la musique She gets too hight datant de Mars 2015 (mon morceau préféré).

Sa musique est remplie de peps et de pop. Elle est illustrée par des clips travaillés esthétiquement réalisés par l’agence TBAM.

Ses clips et ses sons ont des influences de Vaporwave, mouvement artistique et musicale datant des années 2010. Le Vaporwave est un mélange de culture vintage du faux mauvais goût des années 80 et de futurisme poussé à l’extrême dans les couleurs très vibrantes. Malca s’inspire des sonorités communes aux musiques des années 80 jazzy, et électro.

gamme de couleurs VAPORWAVE

 

Le Vaporwave se ressent dans ses chansons par l’effet planant, « vaporeux » qu’elles procurent.

Visuellement, Malca reprend les codes de ce mouvement dans ses clips en utilisant le même code de couleur mais aussi en jouant sur les inspirations virtuelles et cyber-connectées de ce mouvement.

Le clip de « Ya Layli » sortie en Juin 2016 est un clip puissant, psychédélique.

 

C’est entre des gros flashs de monogrammes Vuitton, inscriptions en arabe et graphismes ultra futuristes, que Malca performe sa chanson habillé par des pièces signées Yassine Morabite (de la marque : ZAZLOUZ).

 

Dans son clip « She gets too high » Malca met l’accent sur la beauté naturelle des femmes Marocaines. Ce clip aux allures vintage (dûe à une image de pauvre qualité) apparaît comme des tapes volées à un caméscope d’amateur. Rajoutez à cela des « glitchs », qui sont comme des bugs numériques, et deux palmiers numérisés tout droit sortis de Movie Maker, et cela vous donne un clip totalement funky qui rappelle un vieux montage vidéo de vos vacances avec vos amis, tout plein d’innocence et de bonne humeur.

Enfin, le clip de son dernier morceau, Casablanca Jungle, en hommage à ses origines, dédicacé aux jeunes de Casablanca, me fait énormément penser au clip de the Blaze, Territory (qui est, pour moi, le meilleur clip que j’ai pu voir cette année).

Sur le rythme du montage, sur la musique, l’angle de vue des plans de la ville, la convivialité, la jeunesse insousciante qui fait la fête. Une ambiance nostalgique et planante lie les deux clips.

« Casablanca Jungle est le cri d’espoir d’une génération qui arrache sa liberté dans une jungle urbaine où les quartiers « californiens » côtoient les bidonvilles. On a fait ce clip avec tout ce qu’on avait de sincérité et d’honnêteté, maintenant c’est à vous »

Ce que j’aime chez cet artiste c’est son style unique, se mélange de ses deux cultures est très moderne. Il utilise ses origines marocaines avec fierté et y ajoute des codes musicaux et vestimentaires propres à la culture occidentale.

Le mixe entre les univers crée un style harmonieux.

Vestimentairement parlant, Malca utilise à merveille se mélange de culture.

Il est notamment habillé par la marque au concept intéressant : Cobra Mousse.

Cobra Mousse est une marque de pantalons réversibles, un coté étant un tissu africain (le wax, tissu en coton orné de motifs) et de l’autre, un tissu uni.

Cobra Mousse allie parfaitement le sportswear et le tissu en wax, cela crée un style contemporain inspiré de culture aux codes visuels différents.

« Le porteur de ces vêtements se fait le garant d’une histoire. Cette marque ne conçoit pas les gens comme des simples consommateurs mais comme des acteurs pensants. Ces pantalons deviennent des outils de réflexion. Ils contribuent à s’interroger sur la rencontre entre les cultures, sur le partage des valeurs et des symboles qui constituent notre histoire commune. »

La philosophie de cette marque correspond parfaitement à celle de la musique de Malca, un mélange de genre, de culture, qui crée un style unique et inspirant.

Des petites casquettes Gucci, des Nike requin et des monogrammes Vuitton rose tout droit sortis de la veste d’un vendeur à la sauvette sont tout de même des codes très souvent utilisé dans les clips de Malca. Ce qui soulève de plus en plus cette question en moi de savoir si la contrefaçon est finalement devenue hype ?

Par son style et sa musique, Malca souhaite nous faire découvrir les deux cultures avec lesquelles il vit au quotidien. Il nous introduit cet univers nouveau, et nous prouve qu’un mix d’héritages culturels différents peut créer une union magnifique et novatrice.

C’est donc, une belle invitation aux mélanges…

L’EP Casablanca Jungle sort le 17 novembre, et je vous conseille de retrouver Malca en concert le 14 Décembre au Point Ephemere de Paris car c’est une très belle performance !