Le duo Alligator revient dans la nouvelle compilation de La Souterraine

On les avait déjà entendu l’année dernière avec leur album « Octets », ainsi qu’entre les tracks de quelques-unes des compilations du très en vogue label La Souterraine. Et comme une fois n’est pas coutume, ce dernier a une fois de plus décidé de mettre leur talent sous le feu des projecteurs, et ce avec un nouveau single  intitulé « Jungle ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bien qu’ils ne soient pas vraiment connus du grand public, ils se détachent vraiment du lot. Camille et Alexis prennent à coeur de nous dévoiler une pop française, pétillante et très « chill », comme beaucoup savent le faire ces derniers temps. Moins connus, certes, mais bel et bien rangés dans la bande de la « French New Wave ».

 

« Jungle » regroupe tout ce qu’on attend d’un bon morceau pop à la French Touch. C’est dansant, on parle de tropiques (coucou l’Impératrice), et les touches de guitares / Synthé sont toujours bien présentes pour nous faire partir. Le débit de paroles de Camille, la chanteuse, me fait bizarrement penser à un mix entre Chagrin d’Amour et Sexy Sushi. Bon, à revoir, c’est purement subjectif.

 

 

Je voudrais tout de même revenir sur leur album « Octets », qui mérite clairement le détour. « Rafale », le morceau le plus populaire, aurait dû, d’après moi, se retrouver tout l’été sur les ondes de toutes les radios. Dans le morceau « Brume », on a aussi quelques détails rappelant Soleil Bleu, duo créé par Lou Lesage et son compagnon (aussi à suivre de près). Au final pas mal de petites touches pouvant rappeler d’autres artistes, mais qui au final nous donne un style bien plus marqué et surtout bien plus crédible.

 

 

 

 

 

 

Alors que, comme je le disais, beaucoup de nouveaux groupes français se dopent à la pop, ils leur est alors tout de suite beaucoup plus compliqué d’innover par rapport à leurs voisins. Là, on touche à une autre inspiration, plus complète, plus novatrice et nettement plus entêtante. C’est bien.

 

Dans les derniers en liste nous avons par exemple Miel De Montagne, nouveau chouchou de Pain Surprises, qui lui s’approprie le style absurde – chill, mais qui, comme les autres, ne casse pas trois pattes à un canard soyons clairs. Maintenant je pense qu’il est serait peut-être temps de mettre sous la lumière les bons artistes, les « vrais », ceux qui se cassent vraiment le derrière à nous « recracher » un travail de dur labeur. Alors go Alligator ! Go !

 

 

 

Le style vestimentaire est encore à peaufiner, ou à accentuer même je dirais. Camille a bien compris le côté fluide / couleurs pastel à adopter, ainsi que pour les rayures en pantalon ou en total look pour les concerts. Ils ont définitivement tout pour réussir, seulement un petit coup de pouce et quelques conseils de styles les perfectionneraient afin de devenir le nouveau duo fétiche de notre douce France. Je met ma main à couper que d’ici quelques temps et après une petite montée de popularité, ils auront vite fait les choses pour un peu moins ressembler à monsieur et madame tout le monde. Aujourd’hui faire la nouvelle pop française demande aussi, bizarrement (ou pas tant que ça), à se créer une identité bien marquée… vous l’aurez compris, c’est peut-être signe qu’ils sont déjà trop…

 

Leur nouveau single disponible en écoute sur le site de La Souterraine

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Blu Samu, nouvelle étoile du hiphop / soul belge

 

De son vrai nom Salomé Dos Santos, Blu Samu est une rappeuse – compositrice – interprète belgo-portugaise originaire d’Anvers.

 

 

 

 

Elle revient en ce joli mois de mai avec un nouveau single « Sade Blu ». Trompette en fond, rythme détendu, le travail de fond sonore est déjà extrêmement bien réalisé, ça coule. Mais le plus important quand on se décide à faire du hiphop / soul, c’est tout de même d’avoir la voix qui va avec, sinon faites Beat Maker, je ne sais pas moi. Enfin bon, ici la voix de Blu Samu est pure, grésillante, roque et dure comme on aime les entendre dans ce style musical.

 

Parmi les chanteuses francophones il est assez rare d’obtenir un rendu vocal tel qui celui-ci. Qui ici, pour le coup, se rapproche surtout des reines en la matière, et qui elles se trouvent en général de l’autre côté de la Manche ou même encore plus souvent de l’autre côté de l’océan Atlantique !

 

 

 

 

 

 

 

Sa fraîcheur se répercute directement sur ce nouveau clip, underground et fleuri à la fois. De plus, elle aborde bon nombre de looks, tous plus modes 2018 les uns que les autres ! Voici quelques captures de l’ensemble des looks qu’elle nous offre durant la vidéo.

Rouge & côté rétro
Total blanc & perles
Rose & transparence

 

On peut aussi la voir porter un t-shirt signé Enfants Riches Déprimés, marque parisienne branchée et surtout bien nichée.

 

 

 

 

Un nouvel Ep ou album ne devrait pas tarder.  En attendant, bonne écoute !

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Ô Silencio – Live report (Catastrophe, Flavien Berger…)

« Silencio. Silencio ». Ce passage de Mulholland Drive ne cesse de résonner et de me rappeller que putain, qu’est-ce-que j’aime David Lynch. Le Silencio n’est pas nouveau, et a déjà vu passer de nombreuses étoiles dans son antre mystérieux. Ce lieu réfléchi et amené par monsieur Lynch en personne vous immerge dans un espace sombre (peut-être même un peu trop), doté d’une âme et d’une atmosphère prenante, tout cela 7 mètres sous terre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Non pas que je ne l’aime pas, je n’ai cependant que très rarement porté un grand intérêt pour Etienne Daho, qui pourtant, était l’invité d’honneur de la soirée. Venu clôturer son exposition photographique à la Philharmonie de Paris, et surtout venu picher, soyons objectifs ! Oui Étienne, oui je t’ai vu demander deux autres bouteilles avant le début du premier concert.

Allons-nous enfin en venir au vif du sujet ? Oui ! La programmation était belle, il faut le dire, et la densité humaine traduisait plutôt bien l’engouement. Au menu : la pop décomplexée de Catastrophe (fraîchement annoncés parmi les lauréats du prix Nouvelles Scènes Music Machine 2018), Petit Fantôme (François & the Atlas Moutains), le confirmé Yan Wagner, et enfin le maître d’oeuvre, Flavien Berger. C’était clairement une sacrée expérience auditive qui s’annonçait.

 

 

 

Je ne vais pas m’étaler sur tous les concerts, tout simplement parce que ceux qui m’intéressaient vraiment étaient les premiers concernés, Catastrophe (et parce qu’on est tous un peu comme Étienne).

 

Je n’en attendais pas moins de leur passage, Catastrophe ont électrisé la scène et nous une fait une démonstration de performance scénique assez « violente ». Dans cet salle, pourtant si petite.

 

J’ai sincèrement cru qu’Étienne Daho allait se décrocher la tête tant il avait l’air d’apprécier ce qu’il se passait sous ses yeux. Et il y avait de quoi ! Tous les membres (bien qu’ils n’étaient pas au grand complet) sont d’un investissement assez incroyable. Tous jouent leur rôle et se livrent généreusement au public, qui lui se retrouve complètement sonné parce qu’il se passe. Entre rythmes endiablés, paroles absurdes, et interludes parlés, il suffit de voir un concert de Catastrophe pour comprendre qui ils sont vraiment, et qu’est-ce qu’ils veulent nous apporter. À grands coups de tirades philosophiques, ils prônent en somme la décomplexion, le bien-être et la liberté d’être soi-même.

 

Étienne Daho est caché sur cette image, saurez-vous le retrouver ?

« C’est du rock ou c’est pas du rock ? ». Alors non monsieur qui était placé derrière moi, ce n’est pas du rock. Je vous l’accorde, il peut être de plus en plus complexe de classer un artiste dans une catégorie musicale précise, et encore plus quand il nous offre une palette monstrueuse de sonorités, de styles et de messages. Je dirais, comme un peu plus haut, que c’est une pop décomplexée. On se marre, on se défoule, on fait n’importe quoi (mais bien) et surtout on passe un bon moment. Hormis leur côté complètement déjanté, ils s’avèrent, tous, être de très bon musiciens. Les deux voix principales sont justes et agréablement timbrées, et les autres ne se débrouillent pas mal non plus ! Des rédactrices de Beat Style Makers à Étienne Daho, je pense qu’ils ont fait l’unanimité ! En réalité le groupe commence fortement à être demandé et a même joué pour le défilé de Vanessa Seward.

Le reste de la soirée est globalement resté dans la même lignée. Petit Fantôme et ses chansons françaises modernes, complètement dans la nouvelle vague française qui ne cesse de se diffuser depuis quelques temps. Yan Wagner, toujours là pour faire le boulot, et enfin Flavien Berger, toujours aussi fort. Toujours aussi subtil, toujours aussi bon. Ça glisse, c’est intelligent et ça promet, comme on le sait depuis le début, de très belles choses. Et ça a déjà recommencé, avec son nouveau morceau .

J’espère y retourner au plus vite et profiter du système son, dont la qualité, il faut le préciser, n’est franchement pas négligeable.

 

C’est sous le soleil qui je vous quitte, à très vite ! 

Mallrat, son retour avec le single « UFO » (feat. Allday

Le nouveau morceau de la jeune Mallrat (19 ans), qui annonce la sortie imminent de son prochain album, est en fait une collaboration inédite avec le producteur Golden Vessel, ainsi que son influence, nouvel ami et rappeur Allday (récupéré par le même manager à l’occasion).

 

L’Australie n’en finira donc jamais de nous projeter de jeunes talents tous plus doués les uns que les autres. Pour le rock, le rap, l’électronique, ou même la musique savante, il faut dire qu’ils assurent !

 

Golden Vessel
Allday

 

 

Habituellement tournée plus vers un pop « mignonne », ce morceau, lui, nous embarque dans une atmosphère bien plus spéciale, presque mainstream. Mais ! La touche électronique de Vessel nous délivre quelque chose de plus agréable qu’un simple tube de radio, et surtout quelque chose d’assez innovant pour la chanteuse. Reste à savoir si l’album en approche se sera inspiré de ce nouveau tournant musical, ou si c’était « juste pour l’occasion ». 

Ainsi, la délicate voix de Mallrat pose le tempo, et le rap de Allday vient booster ce morceau qui sans, n’aurait sûrement pas eu la même aura.

Dans une interview donnée à la radio australienne Triple J, la jeune chanteuse avoue avoir été largement influencée par Lana Del Ray (« High By The Beach » précisément), Kanye West, ou encore « some emotional electronic ». Question de génération vous me direz.

 

Comme elle le décrit si bien, on oscille entre le côté « dancy » et le côté un peu triste de la mélodie, ce qui donne au final un rendu assez atypique. Comme elle le précise dans la même interview, cela donnerait presque un aspect extraterrestre, comme avec sa voix, retouchée voire auto tunée par moments.

Elle n’est peut-être pas la plus grande virtuose que l’Australie ai connue, mais il est quand même important de préciser qu’elle a commencé il a quelques années seulement, vers 17 ans, après avoir assisté au concert de… Allday ! En effet, c’est donc ce fameux rappeur dont il est question  dans UFO, qui lui aura prouvé qu’elle aussi, pouvait le faire. Beau petit talent, encore très naïf et à ses prémices, qui risque cependant d’exploser d’ici quelques années.

 

Le magazine de la branche Vice, I-D Magazine, nous dévoilait qu’une carrière ou des collaborations dans la mode ne la dérangeraient pas. En effet, si l’on s’attarde un tantinet sur ses looks, on se rend très vite compte que son aspect visuel reste très important, et surtout très street / branché (encore une question de génération ?).

 

 

En tout cas, on la sent prête à bâtir son propre empire. Des musiques, des concerts, une marque peut-être qui sait.

On vous tient au courant très rapidement, son prochain album ne devrait pas tarder à sortir si on en croit les paroles Mallrat.

À très vite et bonne écoute !

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KOKOROKO, la jeune relève du jazz Anglais

Ils sont 7, ils sont Anglais et font partie des jeunes espoirs anglophones à vouloir rafraîchir la scène jazz / afro-beat londonienne. Principalement composé de femmes, ce groupe n’oublie pas de préciser que bon nombre de leurs amis les plus fidèles les aident au fil du temps à peaufiner ce talent déjà largement respectable.

 

La maturité qui ressort de leur travail prouve qu’ils en veulent, et que leur talent n’est pas né de la veille ! En effet, bercés par Fela Kuti, Ebo Taylor ou encore Tony Allen, tous sont nés au sein de familles mélomanes. Ils ont ça dans le sang les petits ! De plus, nous sommes face à de jeunes ressortissants d’école de jazz, histoire de ne pas s’arrêter sur leurs acquis.

 

 

Leur faible notoriété ne leur a pas encore permis de nous délivrer un album, mais un premier morceau est disponible au sein d’une compilation regroupant les plus grands espoirs du jazz londonien actuels. Dernier titre de la compilation, il clôture cet amont de talent, et ce avec «  Abusey Junction ». Pas de paroles, seulement quelques choeurs et vocalises, venus sublimer la qualité du travail instrumental proposé. Comme je l’ai déjà dit plus tôt, la maturité dans le son de leurs cuivres et de leur guitare pourrait laisser penser qu’un groupe de quinquagénaire s’est caché derrière cette musicalité. Ils sont généreux en justesse et en qualité. C’est assez calme, comme pour Khruangbin, on est ici pour se détendre, profiter d’un moment et ce de la plus simple et de la plus belle des manières.

 

 

 

 

 

Ce ne sont pas de grandes victimes de la mode, mais certains membres du groupe s’approprient le style Wax à merveille. Des marques comme l’Atelier Beaurepaire (28 rue Beaurepaire, métro République) ou la jeune créatrice de la boutique Mansaya (49 rue Léon Frot, métro Charonne), nous ont prouvés depuis quelques années que ce style peut être des plus modernes ! Revisité dans les motifs comme dans les découpes, c’est un style à part entière qui mérite d’être mis en avant et surtout, qui mérite d’être démocratisé, tant il amène joie et chaleur humaine.

 

Atelier Beaurepaire

 

Mansaya Boutique

 

On vous tient au courant dès qu’ils sortent un album, en attendant j’espère les croiser sur les ondes de Radio Nova ou Fip

Bonne écoute !

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Khruangbin, l’invitation au voyage

Le dernier groupe à avoir fait chavirer mon coeur grâce à la simple utilisation de la guitare, c’était bien évidemment les tant reconnus Rodrigo & Gabriela. Mais aujourd’hui on change un peu de format, ils sont trois, mais surtout, on s’écarte relativement de la guitare classique espagnole. Khruangbin, ils sont Américains, et nous susurrent à l’oreille des mélodies enchanteresses, ambiantes, et terriblement agréables.

 

 

 

La moitié des titres ont beau être en espagnol, la musique est bien plus rock / blues voir folk. Les seuls moments où vous entendrez leurs douces voix seront pendant les moments titrés en anglais, tels que « Lady and Man », « Shades of Man » ou encore « Rules ». De beaux morceaux, où la guitare est tout de même toujours mise en avant, et qui au passage est réalisée par Mark Speer. – Laura Lee, elle, s’occupe de la basse (élément le plus important d’un groupe ? Pas si sûre pour ce cas-là). Enfin la batterie est gérée par D.J. –

 

Cependant, le groupe étant tourné vers cet instrument à cordes tant convoité, je vous propose de vous intéresser aux trois seuls morceaux titrés en espagnol, et qui sont, pour moi, de loin les meilleurs (toujours plus de subjectivité, on adore). « Como me quieres » ouvre le bal avec une ballade nostalgique, redondante mais tellement attachante. Mettez donc votre casque à fond en sortant de chez votre immeuble, vous m’en direz des nouvelles. Si ce morceau vous est trop reposant, je vous conseille alors « Maria Tambien », bien plus pêchu et une fois de plus bien trop entrainant pour ne pas s’y attarder cinq minutes. Une vraie BO de film, on s’y croirait vraiment, prête à dégainer mon gun à tout moment !

 

 

 

Enfin, « Como te quiero » cloture ce trio musical hispanique et revient vers le thème du premier morceau. C’est beau, c’est juste et de très bon gout. Un vinyle, un bon système son, de quoi s’allonger et on n’en demande, pas plus ! 

 

 

Je ne vais pas vous faire la rétrospective de l’intégralité des morceaux, mais l’ensemble de l’album coule et s’écoute si bien que l’on pourrait se perdre de plaisir au milieu des morceaux. « Evan Finds the Third Room » nous dévoile même quelques touches funks, toujours aussi bien réalisées (jusqu’où peuvent-ils donc aller ?!). Je ne doute pas du fait que leur live doivent être une grande réussite, le son pur de la guitare nous éclatant dans les oreilles doit probablement révéler le fin fond de leur qualité musicale.

 

 

Côté mode, comme d’habitude, ça tente des choses ! Comme ils se divisent les tâches musicales, ils font de même avec leur style. Mark Speer est constamment armé de sa veste de costume, sobre en shooting / répétition, un peu plus bariolée en concert, forcément. D.J., lui, me fait bien rire à toujours ressortir ses t-shirts / chemises les plus moches (ô grande subjectivité) : à carreaux, psychédélique, à fleurs, on l’a compris ! C’est sa touche, on ne va pas lui enlever. Heureusement, les deux seuls chromosomes XX du trio relèvent le niveau et nous offrent des tenues originales et colorées. Même Laura Lee aura succombé au rouge, la fameuse couleur qui aura traversé les continents malgré ses différentes symboliques, suivant les valeurs et cultures de chacun.

 

 

Khruangbin

Beaucoup de concerts sont prévus, mais bien sûr seulement en Amérique ou très peu en Angleterre. Comptez sur moi pour leur envoyer un message d’invitation à venir frôler les scènes françaises.

En attendant, bonne écoute à vous !

 

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R&B 2.0 et textes engagés, voici Jamila Woods

On ne peut pas dire qu’on en aura beaucoup entendu parler ces derniers mois dans les médias français. Magazines, télé ou radios, toutes aussi pointues qu’elles se le veulent, n’ont pas vraiment diffusé cette nouvelle vague du R&B Nord-Américain.

 

Sensible, explorateur et engagé, l’univers de Jamila Woods nous est déposé de manière si douce et si dure à la fois. Des textes plus qu’engagés, soutenant la cause des femmes noires pour bons nombre des morceaux. Bercée par les poèmes de la première femme noire à recevoir le prix (d’excellence) Pulitzer, Gwendoyn Brooks, et de la double récompensée du même prix, Lucille Clifton, elle aura su y puiser son inspiration pour nous délivrer aujourd’hui des textes péchus et poignants.

 

Au delà de son talent d’auteur – compositeur, elle en se fout pas de nous non plus au niveaux des productions. Bien recherchées, du r&b novateur je dirais. Étonnement à chaque morceau, c’est le type d’album construit et éclectique, qui nous montre bien plus qu’un style, bien plus qu’une   manière de faire. J’insiste car on ne va pas se voiler la face, c’est le cas de beaucoup de nos amis les musiciens. Une musique, égale, une ambiance pour tout l’album. Enfin bon, ici c’est l’inverse et ça vaut le coup de se faire une grande session et de découvrir l’ampleur du travail.

 

Chance The Rapper

En réalité ce n’est pas non plus pour rien si elle était invitée à venir performer sur une scène du Pitchfork Festival, dernier en date. Même Chance The Rapper, la garde sous son aile et vient l’accompagner sur le morceau « LSD », tiré de son dernier album « HEAVN ». Qui, au passage, est un très bon morceau doté de quelques influences jazz, il fait très « morceau d’ambiance » si vous voyez ce que je veux dire. La jeune Noname est aussi conviée à venir faire partie de la dance, et nous offre un duo encore bien engagé sur « VRY BLK ».

« I’m very black, black, black

Can’t send me back back ack

You take my brother, brother, brother

I fight back, back, back, back »

 

Noname

 

 

En janvier dernier elle a tout de même posé pour Vogue Usa, entourée de deux espoirs de la littérature américaine, E’Mon Lauren et Patricia Frazier. Jamila Woods porte une tenue Marc Jacobs. Lauren, qui est à gauche, porte une chemise Rag & Bone que vous pouvez dès à présent acquérir pour la modique somme de 345 euros, ainsi qu’un pantalon signé Ero mais ne vous affolez pas, il n’est déjà plus disponible sur le e-shop. Enfin, Frazier porte elle une robe de chez A DoubleJ, 440€, on reste dans la lignée budgétaire du shooting.

 

Bien plus que pour la couverture du prestigieux magazine, l’artiste affiche des looks personnels intéressants et tendances.

 

 

Son album est disponible sur toutes les plateformes, bonne écoute !

 

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The Strypes – concert du 31 Janvier à la Gaîté Lyrique

C’est le 31 Janvier que nous avons pu assister à un concert de rock, du vrai de vrai, offert par les Strypes.

Dans la salle, des jeunes, des plus vieux, le rockeur n’a pas d’âge.

Une mise en bouche de bonne augure grace à la premiere partie du groupe d’Amsterdam de pop/rock : Max Meser.

L’ambiance commence gentiment à devenir de plus en plus rock and roll.

Le strypes font leur entrée, on croirait acceuilir des rock stars tellement la foule est en émulsion.

Les strypes, ce groupe formé par 4 membres, si jeunes et pourtant ils ont tout compris comme s’ils avaient été managé par les Stones. Leur aisance sur scène est spectaculaire, il la pratique la scène depuis 2012.

Il exprime un parfait esprit rock influencé par les années 60 et 70.

Un charisme sur scène hypnotisant. Un rythmes qui entraine des vagues de rockeurs déchainés dans des pogos endiablés (enfin des pogos de quarantenaires donc pas les plus impressionnants  et encore…)

Une osmose sur scene entre les membres (qui ne font qu’un avec leurs instruments) leur   permet de jouer entre eux mais aussi avec leur public, ils créent une vrai interaction avec leur audience qui en redemande.

La petite salle de la gaité lyric, se transforma en quelques heures, en une boule d’énergie électrique digne d’un concert de rock plein de folie des années 70.

L’image du rockeur charismatique et mystérieux est très travaillée : le chanteur, (Ross) toujours orné de ses lunettes de soleil, malgré l’absence de soleil dans cette salle Parisienne (pour cacher les effets de la drogue peut être ?). Et non, ce cliché du rock ne s’applique pas à ce groupe qui nous promet d’être clean, selon les dires du papa manager).

Un pantalon à motif écossais au chant, une crête blonde et veste leopard ornée de pins jouant de la batterie, une chemise à fleurs à la guitare, bref un vrai look de rockstar à l’anglaise.

Ce look sur scène est travaillé pour leur image, on le ressent notamment en les rencontrant à la fin du concert habillés d’un tshirt mickey ou encore Monsieur Jack, peut être pour éloigner les groupies ? Qui sait ?

Vous pouvez retrouver toute leur tournée dans de courts vlogs et notament leur passage sur Paris: (et une apparition de nous dans leur vidéo, si si, le début d’une gloire inattendue).

C’est donc un jeune groupe avec un répertoire bien rempli et une base de fan bien investie qui nous promet un futur sous le feu des projecteurs.

Ravyn Lenae invite Steve Lacy à poser sa voix sur son nouvel EP

L’artiste précoce Steve Lacy (19 ans), nous avait déjà tous cloué le bec l’année dernière avec son morceau Dark Red. Et il revient de plus belle en ce début d’année avec une collaboration R&B / Soul sur le nouvel EP « Crush » de Ravyn Lenae. Qui au passage, affiche le même âge au compteur.

 

Ce combo post adolescence nous dévoile alors une maturité des idées ainsi que de la performance qui donne une toute autre dimension au projet.

 

Tout comme H.E.R l’avait fait il y a quelques mois de ça avec son album éponyme, Ravyn Lenae manipule l’art de la « vibe » et du R&B à la perfection avec ce premier et nouvel Ep. C’est sexy, c’est toujours un peu culcul sur les bords, c’est soul, c’est deep, du bon R&B en somme.

 

 

Plus sérieusement, Ravyn Lenae et Steve Lacy sont au final un duo qui se complète merveilleusement bien pour les morceaux « Computer Luv » et « Leaf Clover ». La dextérité vocale de la jeune femme et l’ingéniosité musicale de Steve Lacy offrent un rendu moderne, recherché et bien sûr, extrêmement bien réalisé.

 

 

À côté de ces deux belles réussites (les morceaux, pas les artistes), le reste de l’EP en est une à part entière. Les mélodies sont surprenantes et agréables, c’est divers et on s’éloigne parfois même très légèrement du R&B, comme sur « Closer » par exemple. Même au début de « Sticky », on croirait entendre Janelle Monae dans le timbre de la voix.

 

C’est un vrai diamant brut. Je n’ose imaginer ce que son inventivité va l’inviter à réaliser comme prouesses musicales, mais si à 19 ans on produit ce genre d’Ep, dans 10 ans elle devrait être plutôt rodée. Et continuer de créer cette fameuse Soul 2.0.

 

 

La chaleur de ses morceaux se répercute jusque dans se tenues vestimentaires. Beaucoup de rouge, de jaune ou même du orange en fond pour ses shootings, des couleurs mode et un style qui reste tout de même assez urbain et dans l’ambiance R&B. Jean taille base, rouge, simple débardeur, rose pale.

 

 

À vrai dire elle l’air d’avoir fait du rouge sa couleur emblème, de la pochette, aux cheveux. Petit rappel, amour, sensualité, amour, tels sont les mots représentatifs de cette couleur, et sans surprise, de ce style de musique.

 

 

Elle tente cependant certains styles plus classiques en terme de look ou de coloris, mais dégage une telle « vibe » que nous n’avons pas besoin de plus pour comprendre le personnage.

 

 

 

 

L’EP ne comporte que cinq morceaux et s’écoute très rapidement (17 minutes pour être précise), et j’attend du coup avec impatience la suite des aventures de mademoiselle Ravyn Lenae. Ainsi que de Steve Lacy, que je ne pourrais oublier de mentionner en cette fin de papier. Si vous n’êtes toujours pas allez écouter son dernier Ep « Steve Lacy’s Demo », courrez-y (et en plus il est modeste) !

 

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Blushes, ils reviennent avec leur single « Honey »

Originaires de Birmingham, le quatuor Blushes défend une musique plus rock / indie que pop avec ce nouveau single « Honey ».

 

 

Leur premier EP sorti en 2017, « Private Viewing », avait déjà affiché un ton indie, rock, mais aussi plus pop avec en partie le morceau le plus populaire « To The Bone ». Et ce n’est pas très étonnant, le rythme est plus pêchu, la mélodie de la guitare plus entêtante et les deux chanteurs plus… « en joie » ! C’est un peu dommage pour le reste de la discographie, qui manquerait peut-être un peu de mordant.

 

 

 

 

 

Cependant, la voix de Bradley Ayres, leader des vocalises et auteur des textes, a ce grin si charmant dont bon nombre d’anglophones ont la chance d’hériter. Et accompagne la voix de la claviériste Tiffany Evans de manière logique et complémentaire. Je ne vous cache pas qu’elle n’est pas la nouvelle Maria Carey et qu’elle n’atteindra pas la huitième octave d’ici demain. Mais elle remplit son rôle de choeur et de second chanteur. Elle prend même les reines de la chansonnette pour Hypnotise, qui aide encore un peu plus au bon déroulement de l’EP.

 

Mais n’aura pas duré très longtemps. En effet pour ce nouveau single « Honey », elle reprend délicatement sa seconde place et continue d’accompagner Bradley Ayres. Mais le plus important reste de souligner ce parti pris pour l’indie / rock. Fini les airs de pop, Blushes décident de ne pas suivre l’avis de leurs auditeurs et continuent de faire ce qu’ils leur plaisent… et ça marche ! Joey Badass si tu m’entends, je te demanderai une dernière fois de revoir ta position sur le rap oldschool (on ne sait jamais).

 

On sent bien qu’en Angleterre, il est très facile de trouver de l’inspiration, un style. On dirait que les artistes émergents Anglais ont ça dans le sang, bercer depuis leur conception presque.

 

 

Tiffany Evans rentre à la fois dans les codes de la tendance et de la mode…. À l’Anglaise. Je suis sûre que vous voyez de quoi je parle, crop top boudinant – jupe shorty moulante – paillette et talons aussi lourds qu’une massue. Je vous confierai même que les Dublinoises sont les championnes en la matière. Bref, ce n’est pas le cas de notre chanteuse qui elle, tempère et et dose les artifices.

 

Petite robe en velours dorée, bottines à paillette, pantalon évasé, parfois même contrasté d’un haut ou d’un détail plus streetwear.

 

Les trois boys oscillent eux entre rockeur Anglais casual, mais toujours parsemés de détails streetwear comme avec leurs baskets ou chaussettes (très) apparentes.

 

 

 

 

 

 

 

Qu’ils ont l’air dociles et inoffensifs quand on les regarde… Pourtant, comme précisé précédemment, ce tournant beaucoup plus rock / indie est aussi plus sérieux dans la démarche, et trace leur route musicale. C’est maintenant à Pine Lane Music de réaliser leur travail, et d’en faire leurs nouveaux Arctics Monkeys ! Dont on peut, au passage, entendre des soupçons d’inspiration, et ce plus précisément dans la manière de chanter de Bradley Ayres.

 

Je ne doute pas du fait qu’ils feront de nombreuses scènes dans leur pays natal et que les festivals locaux seront quelques-uns à les inviter à jouer sur leurs petites scènes. Pour un concert en France, je vous laisse leur proposer. Cela vous donnera une bonne raison pour les féliciter au passage ! 

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